topblog Ivoire blogs

20 novembre 2011

Insécurité grandissante et exactions des Frci : Ouattara ne maîtrise rien

 

Des soldats FRCI.gif
Des soldats FRCI

L’insécurité gagne du terrain en Côte d’Ivoire. Les forces de sécurité chargées de la protection des citoyens et de  leurs biens ne rassurent pas. Bien au contraire elles s’illustrent de plus en plus comme les véritables fossoyeurs de la quiétude des populations. C’est le constat qui se dégage des événements qui viennent de se produire à Ebilassokro, dans le département d’Abengourou où jeudi dernier, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) se sont violemment pris  aux populations autochtones. Selon les témoignages recueillis sur place, tout a commencé par une altercation entre le président des jeunes du village et un élément des Frci. Le premier, dit-on, en provenance du champ aurait, avec sa grosse moto a heurté au passage un véhicule appartenant aux Frci. Les soldats en poste à ce barrage dressé à une centaine de mètres du village, usant de leurs armes font des remontrances au président des jeunes. Eclate alors une rixe au cours de laquelle un élément des Frci administre une paire de gifles au président des jeunes qui, blessé dans son amour propre alerte les villageois. L’affrontement qui s’en suit fait un mort et occasionne plusieurs blessés graves du côté des populations. Quant aux jeunes, ils s’en prennent  à  la brigade de la gendarmerie et la mettent à feu. D’après  certains témoignages sur place à Ebilassokro, hier vendredi, les Frci étaient revenus à la charge très tôt le matin en  libérant des rafales en l’air. Mais le chef du village les aurait suppliés de ne pas perturber la quiétude de ses administrés. Ce geste du chef du village a permis au village de retrouver le calme. La région d’Abengourou n’est pas la seule à vivre cette autre forme de barbarie. Plusieurs départements du pays sont l’objet des exactions récurrentes  de la nouvelle armée ivoirienne. D’Abidjan à Duékoué en passant par Soubré, Sassandra, Guéyio, Lakota, Divo, Bangolo, Toulepleu, Sikensi, Agboville, Akoupé, Adzopé et bien d’autres régions, l’attitude des Frci ne varie pas. Brimades, persécutions et autres formes d’intimidation y sont monnaie courante. Les plantations et les maisons sont souvent arrachées de force à leurs propriétaires. Sur simple délation, les Frci n’hésitent pas à jeter d’honnêtes citoyens en prison.   Mais cela n’émeut  guère le régime qui, au lieu de chercher des solutions au problème de l’insécurité, vante les mérites des soldats Frci, qu’il considère abusivement comme des sauveurs. Pour certains observateurs qui vivent les dérives de la nouvelle armée au quotidien, le chef de l’Etat ivoirien semble  dépassé par les événements. En témoigne son mutisme sur les nombreuses exactions  commises sur les populations par ses militaires. Mutisme très vite assimilé à l’impuissance d’un chef  qui ne maîtrise rien sur le terrain sécuritaire malgré ses nombreux discours de bonnes intentions. Face aux nombreuses dérives de son armée, le Président Ouattara semble dire aux Ivoiriens qu’il ne peut rien pour leur sécurité et que chacun assure sa sécurité.  Le ministre de la défense, Guillaume Soro et le chef d’Etat major, Soumaïla Bakayoko restent également muets sur la situation. Ils donnent l’impression de cautionner les agissements de leurs éléments sur le terrain. Au point où ils font croire à leur maître que tout va bien au plan de la sécurité des Ivoiriens. La preuve qu’il ne faut rien attendre de ce pouvoir.

 


Nicole Bantchi


source : 

Les commentaires sont fermés.