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19 novembre 2011

Alassane Ouattara, un docteur toujours sans solutions

 

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Alassane Dramane Ouattara
Cela fait aujourd’hui, un peu plus de sept mois que le président Laurent Gbagbo a été arrêté. Sept mois également qu’Alassane Ouattara est dans les habits de chef d’Etat de Côte d’ Ivoire. Précédé de la clameur entretenue par ses partisans locaux et autres soutiens extérieurs, le présentant comme l’homme de la situation, Ouattara a longtemps surfé sur cette vague déferlante pour en mettre plein la vue à tous. Et cela grâce à une bonne communication politique capable de transformer la bouse de cheval en pépites d’or. Sur cette base, et dès sa prise de pouvoir, le chef de l’Etat, soutenant que l’air était vicié à Abidjan du fait de l’occupation anarchique des trottoirs, a entrepris de les dégager sans ménagement aucun. C’est la ministre de la salubrité, Anne-Désirée Ouloto qui a été chargée de la sale besogne. Pour les besoins de la communication, c’est la célèbre rue princesse de Yopougon qui a été choisie pour lancer les graders et les pelleteuses à l’assaut de tous les espaces de détente et de distraction du coin. Ensuite, les principales rues de Cocody, de Treichville, Marcory, Koumassi etc. ont suivi. Mais alors que l’on croyait que le tout Abidjan serait débarrassé une fois pour toutes de ses échoppes et autres constructions anarchiques, voilà que subitement l’on découvre que des quartiers tels que Boribana et Abobo-gare, qui mériteraient que les bulldozers de dame Ouloto y jouent même les prolongations, ont  été épargnés, brouillant ainsi la grille de lecture sur la question. Une politique du deux poids, deux mesures qui a fait rentrer, depuis lors, la belle Anne dans ses  petits souliers, gênée aux entourloupes par l’hostilité des partisans  d’Alassane Ouattara qui développent à fond le complexe d’ancien combattant vis-à-vis de ce dernier. Aujourd’hui si l’on devait dresser un bilan à mi-parcours de l’opération, il y aurait plus grise mine qu’hilarité. Car les petits opérateurs économiques qui aux premières heures ont été dégagés, sont revenus investir les mêmes rues abidjanaises à l’image de la rue princesse qui a commencé à renaitre de ses cendres. De là à dire que l’opération pilotée par la ministre de la salubrité a fait flop, il n’y a qu’un pas que les uns et les autres ont vite fait de franchir du reste. Sur la politique gouvernementale de l’emploi, les hagiographes du régime ne sont pas également mieux lotis. Car 7 mois après, la promesse électorale de créer un million d’emplois, prioritairement destinés aux jeunes, n’a toujours pas passé le stade de l’effet d’annonce. Pis, la spirale semble tourner dans le sens inverse avec notamment la suppression spectaculaire des emplois enregistrés ça et là. A l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (UGTCI), le dégraissage des effectifs a, depuis belle lurette franchi la barre des 100.000 postes. Quand on a joute à cela  les effets de  l’annulation, par le nouveau régime de plusieurs concours d’entrée à la fonction publique organisés par l’administration Gbagbo, l’on a une belle idée du taux de chômage dans le pays qui vient ruiner toute l’abondante littérature produite sur cet autre chantier foireux du ‘’docteur Solution’’. L’école n’échappe  pas à la mauvaise conjoncture. Après  les résultats catastrophiques enregistrés aux différents  examens scolaires à grand tirage, les parents d’élèves croyaient pouvoir souffler en cette rentrée scolaire avec le projet « d’école gratuite » cher, dit-on, au gouvernement. En lieu et place c’est l’inscription  en ligne impérative qui est servie dans  le secondaire public pendant  que les frais d’inscription pour les affectés de l’Etat dans les établissements privés ont pris l’ascenseur. Pour leur part, les universités publiques, fermées depuis le 19 avril dernier, garderont leurs portes closes jusqu’en septembre 2012. C’est l’information donnée par le chef de l’Etat lui-même alors qu’il effectuait avant-hier, un déplacement en terre togolaise. Le tableau est tout aussi sombre aux plans sécuritaire, sanitaire et de la cherté de la vie. En effet, le taux de criminalité dans le pays est toujours aussi élevé qu’aux moments de braise de la crise post-électorale. Et cela malgré les assurances du ministre Hamed Bakayoko qui avait promis sécuriser le carré national dans un délai de trois mois. Au niveau de la santé, l’opération « soins gratuits » a tourné court parce que mal montée par ses concepteurs. Et la ministre Thérèse N’dri Yoman a beau s’égosiller, accusant le personnel de santé de saboter son affaire, les box  à médicaments restent toujours  vides au grand désarroi des patients et des médecins eux-mêmes. Le panier de la ménagère n’échappe pas à la galère ambiante. Les réductions annoncées sur les prix des principales denrées alimentaires sont du domaine de la légende quand ceux-ci ne vont pas à la hausse. Au regard de tout ce qui précède, et les différents éléments mis les uns dans les autres, font penser que  Ouattara reste, après sept mois d’exercice, un docteur sans solution. En tout.

 


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