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17 novembre 2011

Paris tente par tous les moyens de se débarrasser des preuves de la bonne foi de Gbagbo dans la crise postélectorale alors qu’elle fait toujours croire qu’elle a imposé la démocratie en Côte d’Ivoire.

 

Nicolas Sarkozy serant la main de Robert Bourgi.gif
Véritable mouvement de panique ou simple gêne de voir une partie de l’opinion française ou même africaine s’emparer du débat sur les résultats de l’élection ivoirienne ?  Paris, elle, avait choisi le grotesque en  lançant un sévère ultimatum  à Laurent Gbagbo déclaré élu par la cour constitutionnelle ivoirienne. La suite se raconte comme un rêve. Des hélicoptères français avaient alors largué des centaines de tonnes de bombes pour affaiblir la défense du président ivoirien. Cette fin du régime de Gbagbo avait aussitôt  provoqué des scènes de liesse au sein de la droite française qui avait fait du départ de Gbagbo  une question de politique nationale. Mais voilà que la France ne veut plus tout à fait que son opinion nationale, y compris africaine largement influencée par ses médias connaisse cette vérité historique. Et tant qu’à la faire oublier, les autorités françaises n’ont pas hésité à mettre à contribution certains de ses médias locaux. A commencer par le site de TF1 baptisé tf1news sur lequel la dernière interview de Laurent Gbagbo avait été diffusé. Depuis, ce site a fait afficher cette information sur la vidéo de l’interview intitulée : » je ne suis pas un kamikaze ».

 

L’histoire de cette interview elle-même montre l’art consommé de la mise en scène dans lequel les français excellent. Elle aurait été, selon le quotidien français Le Figaro, commandée par le Président Gbagbo dont la résidence était mise à feu et à sang par les hélicoptères français. Le Président ivoirien aurait alors profité de la période d’accalmie pour appeler en France dans les locaux de la LCI qui est une chaîne d’informations en boucle de TF1, le fleuron de l’empire médiatique de Bouygues qui a déjà arraché la construction du 3è pont  aux nouveaux dirigeants ivoiriens. Vu sous cet angle, le document n’aurait plus grand intérêt aujourd’hui et les responsables de la chaîne auraient pu décider de l’écraser.

Seulement voilà, les multiples mobilisations des Ivoiriens en France et le retentissement quasi immédiat qu’elles ont à travers le monde peuvent rendre méfiant. Paris ne veut sans doute pas offrir la moindre possibilité à son opinion de chercher à connaître la réalité de ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Mais il ya surtout les événements qui se sont déroulés ces derniers jours de la présidence Gbagbo. Ils permettent de comprendre les raisons qui auraient pu motiver aujourd’hui l’attitude de ce média français. Car pour faire partir Gbagbo du pouvoir, tout a été mis en œuvre. L’irruption de LCI dans la crise postélectorale   est intervenue à la  suite du chantage raté des autorités françaises qui avaient cru qu’après un déluge de feu sur sa résidence, le Président Gbagbo négocierait son départ du pouvoir. Mais rien n’y fit. L’Ambassadeur de France Jean-Marc Simon a même profité de l’arrivée d’Alcide Djédjé chez lui dans le but de lui demander si la France avait officiellement déclaré la guerre à la Côte d’Ivoire pour le prendre en otage en demandant à Gbagbo de signer son acte de reddition pour que son collaborateur soit à nouveau libre. Bref cette interview-là devait faire craquer Gbagbo et l’amener, sous le feu roulant des questions à dire ou tout simplement à subodorer qu’il quittait le pouvoir. Mais ce fut une tribune dont le Président ivoirien a pleinement profité, montrant qu’il n’était pas pour la guerre et qu’il ne demandait que le recomptage des voix pour que le contentieux électoral soit amplement vidé. Visiblement, Paris n’a plus besoin de ce genre de document.


JOSEPH TITI


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