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14 novembre 2011

La Ligue arabe suspend la participation de la Syrie, les pro-Assad furieux

 

 

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L'opposition syrienne a salué comme "un pas" vers la démocratie la décision samedi de la Ligue arabe de suspendre la participation de la Syrie, une démarche qui a provoqué la colère des partisans du président Bachar al-Assad.

 

Dans le même temps, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, en visite à Tripoli, a déclaré sans plus de précision que l'organisation panarabe étudiait désormais "la mise en place d'un mécanisme pour protéger les civils en Syrie".

Samedi soir, des centaines de partisans du régime ont attaqué les ambassades de l'Arabie saoudite et du Qatar à Damas, et dimanche matin, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dans le centre de Damas pour dénoncer la décision arabe.

"Le peuple veut Bachar al-Assad", criaient-ils, réunis sur la place Sabaa Bahrat. Ils chantaient aussi des airs patriotiques en agitant des drapeaux et des portraits du président syrien, selon des journalistes de l'AFP.

La télévision publique a diffusé des images d'une autre manifestation pro-Assad sur la place des Omeyyades à Damas, ainsi que de plusieurs rassemblements à Alep (nord), Lattaquié (ouest) et d'autres villes du pays.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des militants pro-démocratie ont tenté d'organiser des contre-manifestations, mais ils ont essuyé les tirs de la sécurité, qui ont fait quatre morts à Hama (centre) et un autre à Deir Ezzor (est).

En outre, les forces de l'ordre ont tué encore deux civils dimanche, l'un à Homs (centre), haut lieu de la contestation, et l'autre dans la région d'Idleb (nord ouest), tandis que des déserteurs présumés ont tué deux agents de sécurité à Homs, selon l'OSDH.

Ambassade saoudienne saccagée

Samedi, la Ligue arabe a suspendu la participation de la Syrie à ses réunions et l'a menacée de sanctions, un camouflet sévère pour Damas, en raison du refus du régime d'appliquer comme promis le plan arabe de sortie de crise, qui prévoit en premier lieu un arrêt des violences.

Après l'annonce de cette décision, des manifestants se sont introduits dans l'ambassade saoudienne à Damas, brisant les fenêtres et saccageant tout à l'intérieur, selon l'agence saoudienne SPA. D'autres ont forcé la grille de l'ambassade qatarie et sont montés sur le toit pour planter le drapeau syrien, selon un photographe de l'AFP.

L'Arabie saoudite et le Conseil de Coopération du Golfe (CCG), qui regroupe les six monarchies arabes du Golfe dont l'Arabie saoudite et le Qatar, ont violemment condamné ces attaques.

Un millier de Syriens pro-Assad ont aussi manifesté dimanche devant l'ambassade de Syrie à Beyrouth, en portant un drapeau syrien long de 100 mètres et des portraits d'Assad et de son allié chiite libanais Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah.

"La décision des ministres de la Ligue arabe n'est pas surprenante, car ce sont les mêmes qui avaient demandé une intervention militaire en Libye et contribué ainsi au massacre de plus de 50.000 Libyens innocents", a dénoncé le quotidien gouvernemental syrien Techrine.

L'Irak a jugé dimanche "inacceptable" la décision de la Ligue arabe, accusant l'organisation de n'avoir rien fait de semblable face aux troubles à Bahreïn et au Yémen.

Les opposants du régime se sont en revanche félicités de la décision arabe, qu'ils avaient réclamée.

Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la plupart des courants de l'opposition, a affirmé dans un communiqué que les décisions arabes constituaient "un pas dans la bonne direction, et une accusation claire du régime syrien qui commet des assassinats et des destructions".

Samedi, 18 des 22 membres de la Ligue ont appelé à des sanctions économiques et politiques contre Damas et invité l'opposition syrienne à se réunir au siège de la Ligue arabe au Caire dans trois jours pour des consultations.

Le CNS s'est dit "prêt à négocier la transition de la Syrie dans le cadre de la Ligue arabe, d'une manière à ce que Bachar al-Assad remette le pouvoir à un gouvernement démocratique représentatif du peuple syrien, qui ne comprendra aucun élément du régime dont les mains ont été tachées de sang".

Selon l'ONU, la répression a fait plus de 3.500 morts en Syrie depuis le début de la révolte à la mi-mars. Et selon des organisations de défense des droits de l'Homme, des dizaines de personnes ont encore été tuées depuis que Damas a affirmé le 2 novembre accepter le plan arabe de sortie de crise.



Source : JeuneAfrique

 

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