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04 novembre 2011

La légitimité, le souffle qui manque à Ouattara

 

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La légitimité est un concept juridique qui se nourrit

 

en politique de la caution populaire. On ne peut s’en prévaloir logiquement  à la suite d’une guerre contre un adversaire politique. D’aucuns diront que la guerre fut nécessaire pour installer le pouvoir légitime contre un régime politique qui ne l’était plus. Cela peut se tenir. Mais le contexte dans lequel Dramane Ouattara est arrivé au pouvoir ne permet pas de faire une telle analyse.

En 1993 la légitimité de Konan Bédié, à défaut d’une élection se fondait sur l’article 11 de la constitution. Quand il a organisé les élections en 1995, malgré le boycott actif, il n’était pas moins légitime parce qu’il a été déclaré vainqueur par la structure constitutionnelle qui en avait le droit.

Robert Guei n’était pas un chef d’Etat légitime. Il a même eu le courage d’être franc et de le reconnaitre en dissolvant la Constitution. C’est à travers les élections de 2000 qu’il a voulu se tailler une légitimité. Il n’y est pas parvenu. La caution populaire lui a fait défaut  et la chambre constitutionnelle de la cour suprême n’avait pas validé son hold-up électoral. Cette chambre n’avait pas eu à se dédire en proclamant Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection de 2000. Jusque là, quel que soit ce qu’on peut penser de la légitimité des chefs d’Etat précédents, il y a une constante. La Constitution a été chaque fois respectée.

Dans le cas de Dramane il n’existe nulle part un procès verbal attestant de sa victoire. Le procès verbal, ici, c’est le document établi sur la base du règlement intérieur de la commission électorale indépendante et qui atteste la victoire de l’élu. On considère que les structures étatiques communiquent par courrier. Youssouf Bakayoko n’a jamais transmis de procès verbal consacrant le consensus  de la CEI sur la victoire de Ouattara au Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire. En plus, ce dernier a été contraint de se dédire en proclamant pour la même élection, la victoire de deux candidats. Quand on ajoute la guerre qui s’en est suivie, on peut aisément déclarer qu’il ya un déficit de légitimité que Ouattara sait qu’il doit rattraper.

Mais Il  ne veut pas qu’on découvre la supercherie qui se cache derrière les résultats de l’élection présidentielle de 2010. A-t-il réellement gagné ces élections ? Même  dans la tête de ceux qui ont été les plus atteints par la désinformation sur les véritables résultats de ces élections, le doute existe. Une élection qui se termine dans la contestation et surtout dans une guerre de tranchées laisse toujours un goût d’inachevé. Quand on a mobilisé toute les forces vives de la communauté internationale pour convaincre sur sa popularité et sur sa victoire à l’élection,  il y a un moment ou  pour un homme politique sérieux, il faut le démontrer. Il aimerait pouvoir faire cette démonstration au cours des législatives prochaines. Pour le faire il faut forcement que le FPI participe a ce test, pourrait-on dire, de légitimité. Au moins, Ouattara se serait justifié avec une élection qui ressemble bien plus à un piège à c… qu’à autre chose puisqu’elles sont organisées, une fois encore par celui par qui le scandale électoral est né.


Joseph Marat


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