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04 novembre 2011

Evénements de novembre 2004/Un avocat français révèle : « Le bombardement de Bouaké était voulu pour se débarrasser de Gbagbo »

 

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Alors qu’on approche de la date de la commémoration des bombardements français meurtriers de novembre 2004 en Côte d'Ivoire, l’avocat français des familles des neuf soldats français tués lors du bombardement de Bouaké le 6 novembre de cette année-là, a donné de la voix hier jeudi 3 novembre, dans une lettre ouverte. Il a déploré le fait que les enquêtes soient restées lettres mortes, avant de faire des révélations sur ce bombardement. « Des éléments du dossier laissent apparaître des pistes plus que troublantes. Par exemple, que le bombardement était voulu afin de créer une situation propice pour se débarrasser de Laurent Gbagbo », a écrit Me Jean Balan, l’avocat des familles de victimes françaises constituées en parties civiles. Me Balan a accusé dans son courrier, l’ex-ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, d’avoir dès le début de l’enquête cherché à « saboter l'action de la justice afin d'éviter, à tout prix, que la vérité ne soit connue ». Notamment en 2006, quand une polémique avait éclaté sur l’arrestation quelques jours après le bombardement de Bouaké, de huit Biélorusses au Togo, parmi lesquels se trouvaient deux pilotes. Ils avaient été mis à la disposition des services français avant d'être libérés. La ministre de la Défense française d’alors, Mme Alliot-Marie, avait affirmé pour justifier la libération des Biélorusses, qu'il n'y avait « pas de base juridique puisque pas de mandat d'arrêt international » pour les interroger. Mais pour l’avocat Jean Balan, l’affaire doit être remise sur la table pour que justice soit rendue et qu’enfin, la lumière soit faite sur le bombardement de Bouaké et les événements de novembre 2004 en Côte d’Ivoire. A l’en croire, l’enquête est au point mort depuis plus d’un an. C’est pourquoi il a formulé des demandes d’actes pour que les victimes ne soient pas oubliées dans cette grisaille. Sept ans après ces événements, a-t-il expliqué, la procédure est toujours en cours au Tribunal aux armées de Paris. « A ce stade de la procédure, tout s'est arrêté, disons, pour des raisons administratives. Aucun acte de procédure significatif n'a plus été effectué depuis un an et demi. Les actes demandés par moi-même qui permettraient d'apporter enfin une touche finale à cette affaire sont toujours en attente », a-t-il révélé dans sa lettre. Avant de demander les auditions d’une dizaine de conseillers de Michèle Alliot-Marie, de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, et du négociant d'armes Robert Montoya, soupçonné d'avoir fait livrer à la Côte d'Ivoire les deux Sukhoï-25 qui ont servi au bombardement. Me Balan veut aussi que les demandes de mandats d'arrêt formulées en 2006 par la juge Florence Michon contre les deux pilotes biélorusses, soient réactivées. Notons que le procureur du Tribunal aux armées avait opposé un avis défavorable à ces requêtes.

 


 


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