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28 octobre 2011

LA FRANÇAFRIQUE DES MALLETTES D'ARGENT : BOURGI BALANCE DEVANT LE JUGE.

Bourgi balance Chirac et Villepin aux juges. Selon le « procès-verbal » de son audition obtenu par « Mediapart », l'ancien monsieur Afrique, Robert Bourgi, a livré les noms de cinq officiels africains qui auraient apporté près de 20 millions d'euros à l'« Elysée » sous Chirac. Il a aussi précisé la remise par le président de Guinée-Equatoriale d'un million d'euros à Dominique de Villepin, place Beauvau. Source : « Mediapart ».



L'avocat franco-libanais Robert Bourgi, le 07 septembre 2009 sur RTL.


( …) Questionné sur « les personnes qui convoyaient l'argent », M. Bourgi a répondu qu'il s'agissait « de ministres dépositaires de la confiance du chef de l'Etat (ndlr - africain) ». Puis il a précisé, pays par pays, quels avaient été ces mystérieux porteurs de valises : « Pour le Gabon, Pascaline Bongo, directeur de cabinet de son père, Jean-Marie Adze, ambassadeur du Gabon à Paris, Eugène Allou, directeur du protocole présidentiel du président Gbagbo, président de Côte d'Ivoire, Salif Diallo, ministre de l'agriculture à l'époque du président Comparoé, du Burkina Faso, et Jean-Dominique Okemba, conseiller spécial du président Sassou N'Guesso et son neveu ».

(…) L'avocat assure avoir été témoin à cette occasion de la remise d'un million d'euros à l'ancien secrétaire général de l'« Elysée », alors ministre de l'intérieur. « Je lui ai organisé un déjeuner avec M. de Villepin, ministre de l'intérieur (fonction qu'il a occupée entre 2004 et 2005 - ndlr) place Beauvau », a expliqué M.Bourgi sur « procès-verbal ». Outre MM. Obiang et Villepin, M. Bourgi avait convié le président sénégalaisWade et son fils Karim, ministre d'Etat. « A la fin du déjeuner, il y a eu un entretien dans le bureau de Villepin et le président Obiang a fait signe à son aide de camp qui lui a remis lepilote case +, et le président Obiangl'a mise aux pieds de Villepin, qui s'est levé, l'a prise et l'a mise derrière son bureau. Il s'est rassis et M. deVillepin a dit au président ObiangVous serez reçu par le président Chirac ».

(…) A ce moment-là, le président Obiang, qui parle français, a dit à M. de Villepin : « Je vous remets un million d'euros pour financer votre action politique ».

(…) Seulement voilà, l'avocat raconte aux juges sans barguigner comment a été prise la décision d'écarterJean-Marie Bockel du secrétariat d'Etat à la coopération en 2008. « Lorsque M. Bockel a prononcé son discours sur la fin de laFrançafrique +, j'ai reçu dans la soirée des appels téléphoniques des présidentsBongo et Sassou N'Guesso qui me manifestaient leur fureur et me chargeaient d'en faire part au chef de l'Etat et à M. Guéant », a-t-il expliqué aux juges.

De poursuivre : « J'ai rappelé les deux présidents africains et leur ai conseillé d'envoyer leurs deux ambassadeurs porteurs de leurs doléances, ce qui fut fait. Les chefs d'Etat sont revenus à la charge par mon intermédiaire. J'ai dit au président de la République que le président Bongo était dans une fureur indescriptible, et qu'il était même allé jusqu'à me faire part de son désir de menacer les intérêts français au Gabon, par exempleTotal +. Cela a débouché sur la révocation de M. Bockel et la nomination de M.Joyandet ».


(…) L'audition de l'avocat n'a pas apporté non plus de révélations sur les « biens mal acquis ». Selon le dossier des juges, les familles BongoSassou Nguesso et Obiang, visées par l'enquête, posséderaient en France près de deux cents comptes bancaires, une vingtaine de voitures de luxe (Porsche, Ferrari, Bugatti, Mercedes…) et une trentaine de fastueux biens immobiliers, appartements de grand standing ou villas cossues.

 

Source : NERRATI

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