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26 octobre 2011

Cameroun: Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Monsieur le Président de la République Française,

Au nom de l'association de droit belge, ( Liberal-Cebaph) Ligue belgo-africain pour le Rétablissement en Afrique des Libertés fondamentales, organisation de défense et de promotion des droits humains, des membres de la société civile  belge et africaine présents avec nous ce 24 octobre 2011 devant les locaux abritant les service de l’ambassade de France à Bruxelles, du peuple camerounais et des Africains aujourd’hui engagés dans la lutte contre les misères causées par la Françafrique, nous vous transmettons ci dessous nos inquiétudes

Monsieur le Président,

sarkozy-en-lunettes-noires.1244345551.jpgPour reprendre le valeureux Prince Etienne Ketcha qui s'adressait récemment à Alain Juppé suite à sa sortie médiatique honteuse face à la mascarade électorale qui a eu lieu le 9 octobre dernier avec la réélection de Paul Biya au pouvoir depuis 29 ans pour un autre septennat et dont il jugeait "d'acceptable", nous voulons par cette correspondance vous rappeler que le processus et les opérations de votes de cette élection présidentielle se sont exercés contre la volonté de la majorité des Camerounais, le processus allant de l’inscription sur les listes électorales, en passant par le recensement des Camerounais inscrits  sans oublier les votes multiples….Même des morts ont voté….Le tout validé par la Cour suprême du Cameroun, agissant en Conseil constitutionnel qui vient de proclamer Paul Biya vainqueur à la soviétique malgré ces irrégularités

Qualifier les conditions d'organisation de cette élection de " satisfaisante " à votre goût vient de provoquer la mort de trois Camerounais dont 2 gendarmes et une femme de 54 ans ainsi des enlèvements et arrestations clandestines nombreuses.

Monsieur Nicolas Sarkozy, vous devez aussi bien le savoir : ELECAM de Monsieur Paul Biya a finalement prouvé son vrai rôle de machine à fraude du dictateur au pouvoir depuis 29 ans.

Les irrégularités criardes ont été observées de part et d’autres par les partis d’opposition sur le terrain et même par les observateurs de la CEEAC. L’abstention montre une fois de plus quel est le sentiment majoritaire du Camerounais de tous les jours! 

Monsieur le Président, faudrait-il faire une comparaison avec votre pays la France où l’on apprécie différemment le climat de démocratie et l’importance d’une seule vie humaine pour vous prier d’avoir la mesure d’un jugement précoce du déroulement  " satisfaisant " des élections  au Cameroun?

Depuis sa forfaiture, Paul Biya a quadrillé le Cameroun avec des hommes armés prêts comme d’habitude à tuer les Camerounais.

Il se trouve que l’héritage anti-démocratique de la France en Afrique ne peut aujourd’hui se concevoir que sous la forme d’inhumanités sciemment orchestrées par la classe politique française, qu’elle soit de gauche ou de droite, en vue de l’exploitation sans vergogne du continent. Dans cette tendance, il n’y a eu aucune considération ni pour le progrès humain ni pour les droits de l’Homme.

Le résultat en est un Cameroun traumatisé par les complicités entre la France et ses appointés au pouvoir dans les pays anciennement colonisées par elle.

Monsieur le Président, il n’est un mystère pour personne que c’est à un véritable déni de démocratie, et donc de progrès, que la France s’est livrée dès lors qu’elle a fait de la Françafrique son seul mode de construction de rapports avec l’Afrique.

Les jeunes générations camerounaises qui aujourd’hui aspirent à autre chose veulent prendre en main la destinée de leur pays. Cette jeunesse croit fermement aux valeurs inaliénables de la démocratie et de l’Etat de droit.

Dans votre élection au poste de président de la République française, cette jeunesse a vu la décision souveraine d’une France qui a décidé, librement, de vous confier la direction de sa destinée. Nous nous garderons bien alors, nous Africains, quelles que soient les vues politiques parfois controversées qui ont été les vôtres de par le passé, de vouloir ici remettre en cause le verdict de la démocratie tel qu’il s’était majestueusement exprimé en terre française par le biais du vote populaire libre qui vous conduisit au pouvoir.

De quel droit nous permettrions-nous, dans un tel cas, de douter de la capacité de vos compatriotes à décider pour eux-mêmes ce qui est bon pour la France ? Les Français avaient librement choisi Nicolas Sarkozy; nous respectons le choix souverain des Français.

Il est, hélas, hautement regrettable de constater, Monsieur le Président, que la France n’ait jamais voulu rendre à l’Afrique francophone ce genre de politesse souveraine. La France a plutôt mille fois  découragé, et même mille fois compromis, l’éclosion en terre africaine des valeurs cardinales de la démocratie dont la France se clame et se proclame pourtant inspiratrice depuis le 18ème siècle.  

Nous espérions franchement mieux de vous, Monsieur le Président, vous qui régnez sur une France que vous aviez juré de moderniser, y compris dans ses rapports avec l’Afrique. Pour nous Africains, les contradictions de la France sont devenues insoutenables.

Depuis 2007, votre politique africaine s’est révélée encore plus inhumaine, encore plus désastreuse et encore plus arrogante que celle de tous vos prédécesseurs réunis, la Françafrique ne se cachant même plus de ses pratiques mafieuses en Afrique.

La misère de l’Afrique francophone ayant pour cause la France, il nous apparaît contradictoire que cette France continue à vouloir jouer les pompiers sur des terres qu’elle aura elle-même calcinées.

Nous Africains voulons donc que la France cesse de s’ingérer dans les affaires africaines. L’Afrique en a assez d’être aidée. De l’aide de la France, elle ne veut plus.

Monsieur Nicolas Sarkozy, respectez la souveraineté des peuples, leur droit inaliénable à désigner leurs propres dirigeants et leur capacité à décider pour eux-mêmes de la destinée de leurs pays.

N'apportez  plus de soutien politique aux hommes politiques africains en période électorale. La France est connue pour déclarer, et donc, valider, la victoire des dictateurs africains après des élections truquées alors même que de tels résultats ne passeraient pas le test de la démocratie en France. Pourquoi accepter pour l’Afrique ce que la France serait incapable d’accepter pour elle-même?

Il est encore temps de geler les fonds et investissements que les dictateurs ont détournés de leur pays et déposés dans des banques françaises et étrangères. Cet argent appartient aux Africains et il doit être retourné aux gouvernements respectifs de ces pays dès lors que l’alternance démocratique aura été avérée.

Voilà, Monsieur, au minimum, le type d’aide que l’Afrique attend de la France.

Espérant Monsieur le Président de la république française, sachant que vous allez compter en 2012 sur le vote des africains naturalisés Français venant de l'Afrique, essayez de revoir votre position par rapport aux manipulations de Monsieur Biya au Cameroun

Nous vous prions d’accepter nos sincères salutations 



Fait à Bruxelles le 24 octobre 2011

Kadji Toukam Tchuessa Elie
Président,Asbl Liberal Cebaph
asblliberal@yahoo.fr
http://cebaph.lalibreblogs.be/

 

Source : cameronvoice.com

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