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19 octobre 2011

Côte d’Ivoire: le grand retour des faux complots

La Côte d’Ivoire avance vraisemblablement à reculons. Après le retour des nombreux coopérants occidentaux, notamment dans les domaines de l’économie et de la défense, c’est bien l’époque des «faux complots» qui réapparait. Avec la vraie fausse attaque du camp Agban le week-end dernier. Décryptage des zones d’ombres qui attestent la thèse du complot fabriqué de toutes pièces.

 

Complots

Dans la nuit du vendredi à samedi dernier, des tirs nourris à l’intérieur du camp de gendarmerie d’Agban sont entendus durant plus d’une demi-heure de temps. Au petit matin, les supputations vont bon train. Le ministre délégué à la défense, Paul Koffi Koffi, fait convoquer une conférence de presse pour ce même samedi à 11h. «Importante rencontre à 11h ce jour samedi 15 octobre à la Défense, pour faire le point et communiquer sur les évènements de la nuit à Agban », c’est en substance le contenu du SMS reçu à 8h 58 mn des services de communication du ministre. Une conférence de presse qui finalement n’aura pas lieu. Les journalistes ont attendu en vain avant de se faire prier de regagner leurs domiciles. Première incohérence, pourquoi convoquer aussi prestement la presse pour disent-ils «communiquer sur les évènements de la nuit à Agban» et reculer par la suite.

Ce qui est intrigant jusqu’à ce jour, ce sont les multiples zones d’ombre qui continuent d’entourer l’affaire dite de «tentative de déstabilisation !!!». Alors que la presse pro-Ouattara affirme la main sur le cœur que leur champion aurait échappé à une tentative de coup d’Etat (drôle de coup de force d’ailleurs) dans la nuit du vendredi à samedi dernier à travers des coups de feu entendus au camp Agban, situé à plus d’une vingtaine de kms de la résidence du chef de l’Etat. Il est utile de revenir sur ces faits.

Chasse aux gendarmes, arrestations tous azimuts

Pendant les détonations, selon les témoignages recueillis, les gendarmes sont restés terrés chez eux, parce que n’ayant pas pour la plupart d’armes. De plus, pour une attaque attribuée au Cdt Abéhi et à plusieurs de ses hommes restés sur place, selon la presse pro-Ouattara, il n’y a ni cibles ni champ de bataille. Encore moins de blessés ou de morts, pour une attaque à l’arme lourde et automatique ayant duré près d’une heure pour certains. Et comme par enchantement, ce fameux commando a été «mis en déroute» par les hommes du Général Gervais Kouassi, Cdt supérieur de la gendarmerie qui auraient bénéficié dit-on du renfort des forces spéciales encore inexistantes.

Comme il fallait s’y attendre, la «chasse aux gendarmes» s’est déclenchée, avec des arrestations tous azimuts. Et le clou de ce scénario bien orchestré étant l’expulsion de plusieurs familles de gendarmes réputés proches du Commandant Abéhi. Puisqu’un message radio a été attribué à un certain Tizon qu’on aurait identifié comme étant le Cdt Abéhi et qui appelait ses frères d’armes à la libération de la Côte d’Ivoire. Une orchestration vraiment digne d’un film hollywoodien version «James Bond». Jusqu’à hier soir, les riverains du camp d’Agban cherchaient toujours le «théâtre des affrontements» entre le commando et les gendarmes «loyalistes» ou encore les impacts des fortes détonations entendues.

Une «connexion» ratée avec le meeting de la JFPI

En tout cas, les responsables du Fpi ont été bien inspirés en reportant sine die le meeting de sa jeunesse prévu pour le samedi 15 octobre dernier. Sinon vraisemblablement, un vrai-faux complot se préparait contre eux. Dans le seul but de décapiter totalement ce parti, dont le réveil n’avait nullement été prévu dans tous les schémas de calculs des tenants actuels du pouvoir. Pour eux, le Fpi était bien mort après la valse des arrestations et les nombreux cadres en exil. Ainsi, en maintenant son meeting, les responsables du parti du président Gbagbo allaient se fait cueillir. Avec cette vraie fausse attaque du camp Agban, attribué aux hommes du Cdt Abehi et qui s’est perpétrée, selon toute coïncidence, le jour même de la tenue de la manifestation publique du Fpi. On aurait vite fait une connexion entre le meeting dit de «libération» et l’attaque du plus grand camp militaire du pays. Comme pour faire croire que l’opposition fomentait un coup d’état qui se cachait derrière une manifestation publique. Seulement, les ateliers de fabrique de «faux complots» du pouvoir avait omis un seul détail : que le meeting pouvait être reporté le jour même de l’évènement.

Comme en 1963 avec la valse des «faux complots» d’Houphouët, ses héritiers ne sont pas prêts de laisser ces vieilles méthodes qui permettent de régner d’une main de fer. L’opposition est donc avertie.

 

Source: Frank Toti – Le Nouveau Courrier

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