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17 octobre 2011

La question de la double nationalité dans l’horizon africain

 

xenophobe.jpgIl est notoire ou du moins soutenu qu’à l’intrusion de la civilisation occidentale en terre africaine, le déclin de la civilisation africaine s’en est suivi et accentué. Ce qui à nos jours se reflète des fortes multiples dépendances des Africains aux avancées et postures sociétaires occidentales. L’immixtion entrevue sous le paradigme de civilisation des sauvages Africains, avec le concours [du christianisme] évangélique, fut saluée par les voies de la colonisation et de la décolonisation qui y injectèrent des valeurs dont l’une interpelle dans son rayonnement: la nationalité!

De cette valeur (nationalité), il en ressortira que l’attachement une communauté devrait se pontifier de valorisation par une reconnaissance (sésame) des structures organisationnelles de la dite communauté par l’attribution d’une nationalité rattachée à un territoire. Ce qui était d’alors intangible (plus à l’égard des ex-sauvages): inconcevable de se prévaloir d’un rattachement double à des territoires différents. Le développement des échanges économiques et relations sociales (difficultés d’extranéités juridiques, guerres, etc.) encourageront à ce que des entorses soient admises à la rigidité du principe d’intangibilité de rattachement à un unique territoire. Avoir la nationalité d’un tel état facilitant l’investissement et amenuisant les rouages administratives (impositions, taxes, etc.).

Ainsi, l’attrait économique, le souci de simplification des échanges et besoin d’hommes pour fait de guerre, conduiront à ce que soit ouverte la faculté de double nationalité. Notion de double nationalité qui dans ses ébullitions sera fortement encadrée dans l’expression de droits civiques et politiques internes à tout Etat. Ainsi, concourir à certaines charges et fonctions publiques ne sont reconnus qu’aux ressortissants à la nationalité acquise de naissance et voire comme cela est le cas aux Etats-Unis, à celles et ceux nés sur le territoire national.

Il en résulte que le bénéfice des nationalités multiples n’ont pour profonde genèse que des considérations économiques, ouvrant des reconnaissances en droits politiques (vote, représentation publique, etc.). Compréhensible est donc que les Africains qui poursuivent depuis lors l’embellie de l’intrusion occidentale dans l’expression de leur vie, suivent le pas d’intérêt de double nationalité pour asseoir avantage à leur vie quotidienne. Ainsi, l’on perçoit l’engouement de bons nombres d’eux qui, une fois établis en Occident et ailleurs, en faveur de raisons simplistes d’intégration et autres avantages de profits économiques (aides diverses), se pourfendent à profusion en naturalisation.

L’observation est néanmoins étonnante à la perception de la valorisation de l’intérêt d’attribution de nationalité nouvelle non africaine: [elle n'est] qu’individuellement profitable. Ainsi, ils ne sont d’un grand apport aux développements via l’investissement économique dans aucun des pays dont-ils revendiquent les nationalités. Et [dont,] indécemment, [ils] revendiquent de plus bel des droits politiques. Ironiquement, trop souvent ces Africains en échec d’intégration à l’étranger se retournent en fracas vers les pays africains de leurs parents et/ou ancêtres, s’insurgeant, pour le cas du Cameroun, qu’ils soient exclus légalement et subissent des obstacles politiques à rayonner sur l’échiquier national africain. Le Cameroun, est en effet l’un de ces pays africains qui ne reconnaît la double nationalité et qui plus est l’avantage que cela procurerait. Ainsi, tout Camerounais (de naissance ou pas) qui opte à se soustraire à cette nationalité par l’attribution d’une autre étrangère, perd automatiquement celle camerounaise.

Pour ce qui me concerne, je suis de ces hommes qui y s’activent à ce que le courage africain se redynamise, et partant là, que soit s’exclu progressivement les attributs de défaites sociétaires… Ainsi, il m’apparaît haut combien nécessaire d’exclure des fonctions publiques et de droits politiques, toute personne s’étant délaissée de la nationalité africaine originelle, si celle-ci ne renonce pas préalablement à celle d’attribution étrangère. Avec un petit bémol pour ce qui est de l’acquisition d’une autre nationalité africaine… dans l’optique d’une union de l’Afrique, il devra être reconnu certains avantages à cette voie.

Cette mutation (double nationalité dont l’une non africaine), en persistance, de l’intrusion occidentale en Afrique doit être farouchement combattue tel un virus mutant à chaque menace d’éradication. On ne joue avec un virus, bien au contraire, il se doit d’être isolé, neutralisé et anéanti pour le bien et mieux-être. Simplement, l’on ne devrait admettre qu’un haut fonctionnaire (préfets, généraux, etc.) ou haut représentant de l’Etat (ambassadeur divers), puisse se prévaloir de double nationalité: ces fonctions n’ayant pas d’autres missions que de servir l’Etat et la Nation. Et de ce fait, [ces personnes] ne pourront prétendre à des obstacles quelconques dans le cadre des relations interétatiques qui sont sous le couvert d’échanges bilatéraux consentis dans leurs expressions. De rappel, il doit être en faveur, et après étude des cas, reconnu qu’un naturalisé étranger puisse recouvrer sa nationalité africaine originelle et ainsi prétendre à servir l’Etat, exception faite des plus hautes charges publiques: fonction (chef de l’Etat) en charge de la magistrature suprême, premier représentant des assemblées représentatives de la nation, premier représentant des plus hautes institutions judiciaires, et certaines fonctions sensibles (ministères régaliens, etc.).

Pour ce qui est des enfants des naturalisés non africains, qui de naissance ont acquis la nationalité du pays ayant naturalisé leurs parents, ces derniers doivent pouvoir acquérir la nationalité africaine originelle de leurs parents par naturalisation et ses effets (droits civiques et politiques et exclusion des plus hautes charges publiques et fonctions sensibles). Cette naturalisation devrait prendre la voie originelle qu’à la condition préalable qu’elle soit précédée par la renonciation de leurs parents de nationalité étrangère. Ainsi de conséquence, ces derniers reconnus – d’exception – originellement Africain, pourront jouir des mêmes droits dont peuvent se prétendre tout autre ressortissant de souche. La renonciation ultérieure de la nationalité africaine, leur interdira – retirera – tout droit à recouvrer de nouveau cette nationalité et la perte de tout bénéfice acquis sur le territoire africain dont-ils ont un tant obtenu la nationalité.

Se soustraire de l’embellie perverse de double nationalité d’avec l’intrusion étrangère dans les artères de la résurgence africaine, caractériserait la conscience d’emprise des Africains dans le devenir et l’essor du continent. Les nationalités multiples non africaines sont inéluctablement un grossier piège poursuivant l’affaiblissement de l’Afrique. Analysez donc les espoirs que bons nombres se sont forcés à lire derrière [l'arrivée] d’Obama.

L’Afrique a besoin de se solidifier de l’intérieur avant de s’exporter et pour ainsi dire s’affubler de nationalité multiple. A l’instar de Cheikh Anta Diop, qui d’autres des naturalisés porta des fruits honorables d’acquis de naturalisation étrangère à l’Afriqu? Et dire que ce grand frère ne revendiquait pas de droits politiques exorbitants…

 

 

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Auteur : JOSEPH TAPA

 

 

Source : penseesnoires.info

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