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18 novembre 2015

Entre Abidjan et Ouaga c’est la guerre, un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro

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Après la perquisition de son domicile au Burkina, l’Etat burkinabé a décidé de poursuivre Guillaume Soro et de  lancer un mandat d’arrêt international contre l’actuel président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire.

Selon une source diplomatique burkinabé, «après la perquisition du domicile de M. Soro, il sera poursuit pour son implication dans le coup d’Etat de notre pays (Le BURKINA FASO [ndlr]). L’Etat a décidé d’aller jusqu’au bout, dans cette affaire. Un mandat d’arrêt international sera lancé contre lui, avec l’aide de la communauté internationale». Ainsi, le putsch raté va continuer de secouer les deux pays.

L’ex-rebelle ivoirien est nommément accusé d’avoir relu le discours de prise de pouvoir du général burkinabé Gilbert Diendéré et six (6) milliards de Fcfa, deux (2) caisses de lingots d’or, plus de neuf cent (900) gilets pare-balles et casques ont été trouvés dans le domicile de Guillaume Soro à Ouagadougou,selon des informations publiées par la presse. Ainsi, il est accusé d’être complice avec les putschistes de l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP) de leurs chefs, le général Gilbert Diendéré et l’ancien ministre des affaires étrangères Djibrill Bassolé.

Le gouvernement de la transition, à la tête Michel Kafando et son Premier ministre Isaac Zida, avait demandé à la justice burkinabé, une enquête dans cette affaire. Dirigé par le procureur militaire chargé d’enquêter sur le coup d’état manqué du général Diendéré, une perquisition a été faite, le 6 octobre dernier, au domicile du Président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire au Burkina, découvrant ainsi de nombreuses pièces à conviction. Des écoutes téléphoniques auraient montré l’implication de M. Soro dans le dernier coup d’état, au pays des hommes intègres. Ce que Guillaume Soro ne souhaite pas entendre. Sur ses comptes Twitter et Facebook, il réfute catégoriquement les accusations.

Lors de la rébellion contre les autorités ivoiriennes dans les années 2000,  le président déchut Blaise Compaoré, exilé actuellement en Côte d’Ivoire, aurait soutenu les rebelles du pays. Le Burkina fait parti des pays qui, n’ont pas officiellement salué la « réélection » du Président Ivoirien Alassane Ouattara.

« Tout ce que nous souhaitons, c’est que les prochaines élections qui vont se dérouler au Burkina Faso soient inclusives», a déclaré récemment l’Ivoirien Guillaume Soro sur Rfi. La campagne présidentielle burkinabé est déjà en cour et les proches de l’ex-président Blaise Compaoré sont « formellement interdits » d’y participer.

Pour rappel, le général Diendéré et l’ex-chef de la diplomatie burkinabé Djibrill Bassolé, tous proches de Blaise Compaoré, ont été arrêtés et mis en prison.

« Wait and see », si sera également le cas pour l’actuel président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, au cœur d’une procédure en cours.

Louis Mar (Times24.info)

11 mai 2014

Séparation du duo P-square : des célébrités implorent les jumeaux

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Considérée au départ comme une rumeur, l'information de la séparation du duo P-square a été officialisée après l'annonce de leur frère sur Twitter. En effet, sur le réseau social, Jude Okoye, frère et manager des jumeaux Peter et Paul avait déclaré : "Après 10 ans, c'est fini, je n'en peux plus"

 

Cette petite phrase qui a l'air anodine a créé une onde de choc dans la communauté des fans du groupe, et dans le sowbiz nigérian. Elle est venu confirmer une rumeur qui circulait depuis quelques temps. D'après les premières versions, c'est une dispute avec l'un des frères et la femme de l'autre qui a causé la séparation.

Mais pour l'heure les stars nigérianes essaient de remotiver les frères leur rappelant que le sang est au dessus de toute dispute. C'est le cas de la célèbre actrice de Nollywood, Tonto Dikeh qui a affirmé à l'attention des frères : "Si vous vous séparez, votre identité sera à jamais brisée, comme si la mort vous séparait. L'amour entre jumeaux devrait être au dessus de tout. Paul et Peter, vous avez été ensemble depuis des années, et avez composé ensemble des tubes comme senorita, do me, story, personally... S'il vous plaît, retenez que deux têtes valent mieux qu'une." S'adressant aux femmes des jumeaux, elle leur dit qu'il "est dit que les femmes tiennent le foyer. Il est temps que vous montriez au monde que vous êtes des femmes de valeur"

Même son de cloche pour le DJ Jimmy Jatt : "Vous êtes des frères, vous n'avez pas le choix, vous devez rester ensemble. (...) Je crois en vous" . Rappelons que la rumeur avait été diffusée sur un blog. Le producteur du groupe avait alors rejeté cette information qu'il avait qualifiée de calomnieuse. Mais des sources proches de la famille ont affirmé que les jumeaux s'étaient séparés depuis plusieurs semaines déjà. Jude Okoye avait alors tenté de les réconcilier visiblement sans succès.

 

Source

04 mai 2014

Mali: un avion présidentiel à 20 milliards de francs CFA

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La déclaration de politique générale du Premier ministre malien Moussa Mara a été adoptée par 121 députés et rejetée par 22 autres députés. L'un des temps forts des débats a été un débat sur l'achat d'un avion présidentiel.

C’est désormais officiel : l’avion présidentiel a coûté 20 milliards de francs CFA. C’est le Premier ministre malien Moussa Mara lui-même qui a avancé le chiffre, répondant à une question d’un député de l’opposition. Pourquoi ne pas avoir lancé un appel d’offres avant d’acheter l’appareil ? Avec les milliards de francs CFA dépensés pour payer l’avion, ne pouvait-on pas acheter en partie du matériel pour l’armée malienne ? avait ainsi interrogé Mamadou Gassama, qui laissait entendre que c’est un cas de mauvaise gouvernance.

Calmement, et avec humour, le Premier ministre a répondu que pour lui, la procédure d’acquisition de l’appareil était légale. Voilà plusieurs semaines que la presse malienne consacrait des articles au sujet. Certains titres y voyaient une dépense de prestige alors que le pays sort d’une crise. D’autres, partageant l’avis du Premier ministre, considéraient au contraire nécessaire, et même avantageux, pour le Mali cet achat d’un avion présidentiel.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140503-mali-avion-presidentie...

29 janvier 2014

Le Franc CFA pour les nuls

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Dans cet article nous allons essayer de résumer les arguments présentés dans l’excellent livre de Nicolas AGBOHOU, livre intitulé « Le franc CFA et l’euro contre l’Afrique ».

 

Nous éviterons de nous attarder sur les détails techniques, afin de rendre l’article compréhensible par un public large. Nous vous recommandons fortement de lire le livre du professeur AGBOHOU pour approfondir sur le sujet.

 

1) origine du Franc CFA

 

La signification du franc CFA a évolué avec le temps, en fonction des contextes politiques, toujours dans le souci d'endormir les africains. Le franc CFA a été créé le 25 Décembre 1945 par un décret signé par trois français : Charles De Gaulle (président du gouvernement provisoire) ; René Pleven (Ministre des Finances) ; et Jacques Soustelle (Ministre des colonies). La signification du franc CFA était alors Franc des Colonies Françaises d'Afrique.

 

Aujourd'hui franc CFA signifie franc de la Communauté Française d'Afrique. On joue sur les mots pour mieux cacher la réalité qui pourrait choquer. Nous préférons la première dénomination, car c’est celle qui d’après nous reflète le mieux la réalité.

 

 A l'époque où Rome colonisait la Gaule (actuelle France),  l’empereur romain Jules César, suite à une bataille qui opposa son armée aux Gaulois portés par Vercingétorix, dit ceci des Gaulois : « c’est une race d’une extrême ingéniosité et ils ont de singulières aptitudes à imiter et à exécuter ce qu’ils voient faire des autres ». Jules César n'avait pas tout à fait tort.

 

En ce qui concerne le CFA, les français n'ont pas imaginé eux-mêmes ce mécanisme. C'est un procédé qui leur a été appliqué par les allemands lorsque les français étaient sous leur occupation entre 1939 et 1944. Les allemands, dès l'occupation de la France et des pays d'Europe inventèrent des monnaies locales (Deutsch des territoires occupés) qu'ils associèrent au vrai Deutsch mark (monnaie allemande de l'époque). Les allemands ont mis en place ces monnaies, avec un mécanisme qui permettait à l'Allemagne nazi le pillage en règle des territoires occupés. A la fin de la guerre (1945), la France ne s'est pas gênée: elle a copié exactement le mécanisme nazi, qu'elle a appliqué à ses colonies d'Afrique; et ça dure jusqu'à nos jours.

 

Le premier à avoir écrit sur le CFA et dénoncé cet outil de pillage de l’Afrique dite francophone fut le docteur en économie camerounais du nom de Tchuindjang Pouemi. Il a écrit en 1983 un livre intitulé Monnaie, servitude et liberté. La répression monétaire de l’Afrique. Peu de temps après ce livre il est décédé dans des circonstances douteuses. Assassinat en règle par la France ou simple coïncidence? A chacun de juger. Depuis ce fut un silence de mort. Personne n'avait plus osé écrire de manière critique sur le franc CFA, jusqu'à ce que le professeur Nicolas AGBOHOU nous gratifie en 2008 de son ouvrage intitulé Le franc CFA et l’Euro contre l’Afrique.

 

Notre recherche de documentations sur le franc CFA nous a permis de trouver deux autres livres : Le franc CFA, d’où vient-il, où va-t-il ?, du congolais Serge Ikiemi ; et Le franc CFA : Pourquoi la dévaluation de 1994 a tout changé, du journaliste français Rémi Godeau. Ces deux derniers livres se contentent de décrire les mécanismes de fonctionnement de franc CFA, sans véritablement proposer d’analyses critiques, contrairement au livre de Nicolas AGBOHOU.

2) Le fonctionnement du CFA et les règles de base

 

Dans un souci de faire comprendre à un public large, nous allons expliquer de manière simplifiée le fonctionnement du franc CFA, sans plonger  dans les détails. Les mécanismes de base du fonctionnement du franc CFA sont simples. Il y a trois acteurs en jeu:

 

- Les pays Africains soumis à l’utilisation du franc CFA ;
- La France ;
- Et le reste du monde.

 

Enfin il y a ce que l'on appelle "Compte d’opérations". Le Compte d’opérations est un Compte bancaire ouvert auprès de la Banque de France pour chaque pays qui utilise le franc CFA. Lorsque la France veut des biens de pays africains, elle imprime le CFA (à Clermont Ferrant en France – et les pays africains payent pour les frais d’impression) et vient récupérer les  vrais biens des pays africains avec ce papier. Ensuite la France écrit sur les Comptes d’opérations un crédit équivalent (en gros la France prend les biens des pays africains et écrit sur une ligne d’ordinateur que ces pays ont du  crédit auprès de la banque de France). Ce papier dénommé franc CFA n'est utilisable qu'auprès de la Banque de France.

 

Lorsque les pays africains veulent acheter les biens en France, ils se pointent avec ce papier à la Banque de France, et la banque de France leur donne des euros pour acheter chez eux (le compte d’opérations est débité si nécessaire). Lorsque les pays africains veulent acheter ailleurs qu’en France ils vont demander des dollars auprès de la Banque de France. Après toutes les pressions politiques imaginables, lorsque la France accepte de leur donner les devises, un ajustement (débit) est effectué sur leurs comptes d’opérations si nécessaire.

 

Lorsqu'un acteur quelconque vient acheter les matières premières africaines (c'est l’essentiel de ce que les africains ont à vendre pour l'instant), il les paye en dollars. Pour l’Afrique centrale, 60% de ces dollars sont purement et simplement récupérés par la Banque de France, et seulement 40% descendent en Afrique. La France écrit alors dans les comptes d’opérations des pays africains qu’ils ont l’équivalent des 60% de crédit en plus. Pour l’Afrique de l'ouest c'est 50% (restent à la Banque de France) et 50% descendent en Afrique. Officiellement la France retient cet argent pour garantir le taux de change Fixe 1€=655fcfa. D'abord on nous dit que le taux est Fixe, ensuite on apprend qu'en réalité ça ne l'est pas. Les acteurs économiques dans le monde ajustent en fonction de la valeur réelle de biens des africains. Lorsqu'ils s'apprécient, la France crédite les  comptes d’opérations, et lorsqu'ils se déprécient la France débite les comptes d'opérations.

 

En réalité il n y a pas de taux fixe, les pays africains payent pour maintenir ce taux fixe artificiel ; parité qui n’est pas nécessairement dans l’intérêt des pays africains, comme nous expliquerons plus bas. Dans le livre d'AGBOHOU il est dit que les comptes d'opérations pour la seule zone de l’Afrique centrale présentaient un solde créditeur de 4 311.7 milliards F CFA en fin Mars 2007.

 

La France y a accumulé une fortune qu'elle utilise pour elle, n’a jamais rien restitué aux africains, et se contente d'écrire sur un écran d'ordinateur (compte des opérations) qu'elle leur doit, et que les africains peuvent acheter des biens en France. En plus de prendre gratuitement (sans débourser tout de suite) les biens africains avec son CFA, la France utilise les devises extérieures africaines du compte d'opérations pour son fonctionnement, place une partie de cet argent sur les marchés financiers, en reçoit les intérêts, prête une partie de ces intérêts gagnés sur leur argent, aux africains. Ensuite la France bat tambour dans ses médias et ceux africains qu'elle les aide. Pour cela elle a toute une artillerie de structures: agence française du développement,...

 

Pendant que les africains manquent des infrastructures, qu’ils cherchent des devises pour les construire, la France utilise grassement leur argent du compte des opérations, qui ne cesse de s'accumuler. Il faut être rêveur pour espérer que la France rendra aux africains 1 centime de cet argent un jour.

 

Voilà résumé le fonctionnement du CFA. A retenir: la France obtient les matières premières des pays africains sans débourser la moindre devise; si la France n'a rien qui intéresse les pays africains alors les matières premières qu'elle leur prend sont gratuites pour la France. Plus les pays africains exportent  à l'étranger, plus ils enrichissent la France: 60% de leurs exportations pour l'Afrique centrale, et 50% pour l'Afrique de l'ouest sont purement et simplement retenus par la France. Le solde des avoirs extérieurs africains ainsi « rackettés » par la France cumulait  à 4 311.7 milliards F CFA en fin Mars 2007, et ceci uniquement pour la zone BEAC (Afrique centrale).  Les africains ne sont pas libres d'acheter ce qu’ils souhaitent où ils veulent dans le monde, car il faut que les africains passent par la France pour les devises. Tout ce que la France ou l'union européen appelle "aide" n'est en réalité qu'une partie de l’argent des africains du compte d’opérations, que la France leur prête à des taux d'intérêt non nuls. S'il y a quelque chose à retenir du FCFA c'est ce dernier paragraphe.

 

3) Les institutions du franc CFA et l'économie locale

 

Bien qu'ils portent le même nom, les franc CFA des différentes régions (Afrique centrale, Afrique de l'ouest et Comores) ne sont pas convertibles entre eux. Si un camerounais veut acheter de la marchandise en côte d'ivoire, il doit aller convertir son CFA en France contre l'euro, acheter les CFA de l'Afrique de l'ouest et aller acheter en Côte d'ivoire.

 

Officiellement le CFA de chaque zone est géré par la banque centrale de ladite région, et chaque Banque centrale est libre dans la prise de ses décisions. Ce qui pourrait laisser penser que ces banques sont libres de manipuler le franc CFA dans l'intérêt de leurs peuples. C’est malheureusement Faux. En effet La France s'est arrangée pour contrôler aussi les Banques centrales des pays africains qui utilisent le franc CFA. En Afrique centrale, le conseil d’administration de la banque centrale (BEAC) est constitué de 13 membres, dont 3 français désignés par le gouvernement français. En Afrique de l’ouest le conseil d’administration de la banque centrale (BCEAO) est constitué de 16 membres, dont 2 français désignés par le gouvernement français. Aux Comores le conseil d’administration de la banque centrale comorienne (BCC) est constitué de 8 membres, dont 4 français désignés par le gouvernement français.

 

En Afrique centrale, le conseil d’administration de la BEAC « délibère valablement lorsque au moins 1 administrateur par état membre et 1 administrateur français sont présents ou représentés ». Ce qui signifie, en reprenant les termes mêmes du professeur AGBOHOU, qu’il suffit pour la France de pratiquer la politique de la chaise vide (n’envoyer aucun de ses membres aux réunions de prise de décisions) pour bloquer toutes les affaires des six pays membres de la BEAC.

 

En Afrique de l’ouest les statuts de la BCEAO stipulent que pour que des décisions soient prises au conseil d’administration elles « doivent recueillir l’unanimité des membres du conseil d’administration ». Or comme dit plus haut la France compte 2 membres au conseil d’administration.

 

Dans les Comores, le conseil d’administration de la BCC « délibère valablement lorsque au moins six de ses membres sont présents ou représentés. Les délibérations doivent être adoptées par 5 au moins des membres présents ou représentés ». Or comme expliqué plus haut ce conseil d’administration est constitué de 4 comoriens et 4 français.

 

On constate donc que par ces dispositions statutaires la France dispose d’un droit de veto au sein de chacune des banques centrales des 3 zones CFA, sans qu’aucun pays africain n’ait réciproquement de regard sur la politique monétaire française. Par ce veto nombre d’avantages promis aux africains concernant le CFA ne peuvent pas être concrétisés, car la France mettra toujours et logiquement son veto pour éviter par exemple des opérations de création monétaire (Quantitative Easing), ou que les comptes d’opérations passent durablement en négatif, ce qui irait contre les intérêts de la France.

 

La conséquence de ce droit de veto c'est que les pays africains ne peuvent même pas utiliser cette monnaie (prêts aux entreprises, Quantitative Easing, dévaluation, surévaluation, ...) pour booster leurs économies. De nos jours la politique monétaire est un outil indispensable pour piloter l'économie. En l'occurrence la structure économique des pays africains qui utilisent le CFA voudrait que leur monnaie soit moins forte que la valeur actuelle du franc CFA arrimé à l’EURO. Pour se permettre une monnaie forte un état devrait avoir une économie qui produit des biens très hauts de gamme, rares ou difficilement « concurrençables ». En Europe il n y a que l’Allemagne qui peut se permettre le luxe de l'euro fort tel qu'il est actuellement.

 

Ça fait 1 dizaine d'années que la chine (2ème économie mondiale) est accusée de volontairement garder sa monnaie basse. Les Etats-Unis ont laissé chuter le dollar et ne font rien pour le relever. Dans ce contexte, on impose aux économies comme celles africaines, qui ne produisent pas de biens hauts de gamme une monnaie arrimée à l'Euro, que l’on s’obstine à maintenir à une parité fixe (1euro = 655 FCFA). C'est une aberration, mais tant que cela arrangera la France, à moins que les africains contraignent la France à lâcher l'étau autour de leur cou, la France ne permettra jamais que cela change. Si l’Afrique de développe économiquement et prend son destin en main, la France se retrouvera certainement dans une situation économique alarmante. La France vit de l'exploitation de l’Afrique. Ce n'est pas nous qui le disons, mais l'ex président français Jacques Chirac dans une de ses interviews après sa retraite.

 

_______

 

Références :

 

IKIEMI Serges, Le franc CFA, d’où vient-il ? Où va-t-il ?, l’Harmattan, 2010.
AGBOHOU Nicolas, Le franc CFA et l’EURO contre l’Afrique, Editions Solidarite mondiale, 2008.
GODEAU Rémi, Le franc CFA, pourquoi la dévaluation de 1994 a tout changé, Septa, 1995.
TCHUINDJANG POUEMI Joseph, Monnaie, servitude et liberté. La répression monétaire de l’Afrique, Cameroun, Edit. J. A., 1985.

 

Pour aller plus loin:

 

http://www.dailymotion.com/video/x9av8p_chirac-avoue-le-p...
http://www.forumromanum.org/literature/caesar/gallic_f7.h...

07 janvier 2014

Vague de démissions au sein du parti au pouvoir au Burkina Faso

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Parmi les démissionnaires, d’anciens ministres et têtes pensantes du parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès. On peut citer Roch Marc Christian Kaboré, ancien président de l’Assemblée nationale, Salif Diallo, un ex-compagnon du président Compaoré tombé en disgrâce après avoir critiqué la patrimonialisation du pouvoir, et Simon Compaoré l’ancien maire de la commune de Ouagadougou. Les démissionnaires dénoncent le manque de démocratie au sein du parti et pouvoir et les tentatives de mise en place du Sénat et de modification de l’article 37, en vue de sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels.

Ces démissionnaires sont d’anciens responsables du parti au pouvoir, confinés dans les rôles de conseillers depuis mars 2012. Parmi eux figurent de nombreux anciens ministres.

Dans une lettre adressée au secrétaire exécutif national du parti, les démissionnaires dénoncent la caporalisation des instances et organes du parti, l’exclusion, la délation, l’hypocrisie, et attirent l’attention sur les menaces qui planent sur le Burkina Faso, dues à l’absence de démocratie au sein du parti au pouvoir.

« La démocratie ayant disparu au sein du parti au pouvoir, elle ne peut qu’être menacée au niveau national », préviennent-ils.

Concernant le Sénat et la modification de l’article 37, les 75 démissionnaires s’opposent à ceux qui étaient encore leurs camarades de parti.

« Au lieu d’engager un débat préalable sur des questions controversées, nous sommes en train d’assister à des tentatives de la mise en place du Sénat aux forceps et à des velléités de réviser la Constitution en vue de sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels dans un contexte où le peuple est profondément divisé », constatent-ils.

Et d’ajouter que les démocrates et progressistes qui ont fondé le parti dans le but d’en faire un instrument de conquête démocratique et sociale ne s’y reconnaissent plus.

Certaines sources annoncent que ces démissionnaires entendent jouer un rôle dans le débat politique à travers la création d’un nouveau parti .

Rfi

31 décembre 2013

l’Afrique, eldorado pour voitures de luxe

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Porsche, Range Rover, BMW ou encore Mercedes… sur les routes chaotiques d’Abidjan, de nombreuses voitures de luxe se faufilent entre des guimbardes tremblotantes, témoignage d’une Afrique toujours plus consommatrice d’automobiles onéreuses.

Chacun de ces véhicules coûte à l’achat plusieurs dizaines de milliers d’euros. Soit des décennies de travail pour un Ivoirien payé un salaire minimum, malgré sa réévaluation en novembre de plus de 60%, de 60.000 francs CFA (environ 90 euros).

Pour l’amateur d’automobile, Cocody et la Zone 4, les territoires les plus huppés d’Abidjan, sont pourtant aussi bien pourvus que les plus riches quartiers de capitales européennes. Le week-end venu, les hurlements de moteurs puissants rythment les nuits du sud de la ville.

Le phénomène est identique à Johannesburg, Lagos, ou encore Libreville, où les grosses voitures pullulent. Dans la capitale gabonaise, il n’est pas rare de voir dix gros SUV (Sport utility vehicle, 4X4 urbains) en file indienne sur le boulevard du bord de mer embouteillé.

Les riches Africains aiment les grosses cylindrées, marqueurs comme ailleurs d’un certain statut social. Au Gabon, 70% des 6.000 véhicules neufs vendus par an sont de gros 4X4, en majorité japonais, selon la Fédération gabonaise des importateurs de véhicules.

« Ici, c’est +un 4X4 sinon rien+ », raconte l’un d’entre eux, pour qui la voiture au Gabon est « le symbole de la réussite, bien plus que le logement ».

Les voitures « premium » ne représentent à l’inverse que 3% des 8.000 autos neuves vendues par an en Côte d’Ivoire, estime un expert. « Mais certains clients recherchent le haut de gamme. Les véhicules bling-bling, il y a de l’argent à se faire dans ce marché », remarque-t-il.

La proportion de « belles bagnoles » est plus importante parmi les 40.000 véhicules d’occasion importés, remarque-t-il. Car les lourdes taxes dont sont frappées les autos neuves rendent les secondes ou troisièmes mains – venues d’Europe, d’Amérique du Nord ou encore de Dubaï – bien plus accessibles.

Les plus fortunés peuvent même acquérir les véhicules les plus extravagants. Malgré les routes truffées d’ornières d’Abidjan, qui abiment les voitures trop basses, un importateur propose Lamborghini, Ferrari, etc. à cette clientèle choisie.
Symbole de cette quête du luxe à quatre roues, Wattao, un ancien chef de guerre devenu cadre sécuritaire sous la présidence d’Alassane Ouattara, s’est récemment affiché dans sa Maserati devant des caméras de télévision.
Les constructeurs ne s’y trompent pas. Avec une classe moyenne estimée à 300 millions d’habitants par la Banque africaine de développement en 2011, mais surtout des strates très aisées de plus en plus nombreuses, ceux-ci cherchent à se rapprocher de ces clients potentiels.

Porsche dispose d’un showroom flambant neuf à Victoria Island, l’un des quartiers les plus chics de Lagos, à quelques pas du très récent hôtel Intercontinental, premier cinq étoiles de la métropole nigériane.

Le constructeur allemand, implanté depuis des décennies en Afrique du sud, où il dit connaître une progression de ses ventes de près de 40% par an ces deux dernières années, s’est récemment installé en Angola, au Ghana et au Nigeria, selon Christer Ekberg, son directeur pour le Moyen-Orient et l’Afrique.

Un potentiel africain « énorme »
Avec environ 2.000 Porsche acquises en Afrique subsaharienne sur les trois premiers trimestres 2013, dont moins de 10% entre Luanda, Accra et Lagos, des performances malgré tout qualifiées de « prometteuses », le constructeur veut poursuivre son développement en Afrique.

Des investisseurs locaux sont sollicités pour accompagner l’implantation de la marque au Cameroun, en RD Congo, en Ethiopie, au Gabon, en Côte d’Ivoire, en Namibie, au Sénégal, en Tanzanie et en Zambie.

Le potentiel africain est « énorme », observe une porte-parole de Mercedes, qui possède une usine d’assemblage en Afrique du sud, pays où 20.000 modèles trouvent preneurs chaque année.

BMW, qui a vendu 34.000 autos sur l’ensemble du continent en 2012 (+15% par rapport à 2011), veut également « continuer à progresser », selon l’un de ses porte-parole.

Audi anticipe de son côté une croissance « dans certaines régions » d’Afrique, estime Stefan Hamberger, directeur Proche, Moyen-Orient et Afrique pour la marque, qui se félicite d’un doublement de ses ventes en trois ans (22.000 autos) et d’une progression « à deux chiffres ».

Reste ensuite à entretenir ces mécaniques de précision, aux pièces rares et chères. Faute de technologie disponible, les voitures les plus exclusives restent parfois immobilisées pendant des mois à Abidjan, constate un bon connaisseur du marché.

« Si Porsche venait en Côte d’Ivoire, les clients seraient ravis de pouvoir faire réparer leurs voitures dans le garage de la marque », estime un autre expert.

« Mais ils n’iraient pas nécessairement acheter chez eux », tempère-t-il. Et d’asséner : « les clients friqués ne sont pas différents des autres ». Il veulent payer moins cher. Et choisissent donc des autos importées. Les marchés de niche, même de luxe, obéissent finalement à des contingences fort terre à terre.

TELEDIASPORA

AVIS AUX CHÔMEURS FRANÇAIS : 400.000 EUROS PAR JOUR, COÛT DE LA GUERRE AU MALI !

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Quel sera le coût de l'intervention au Mali ? Si l'on reprend ceux de l'agression libyenne présentés dans un rapport parlementaire français, en octobre 2012, l'utilisation de munitions a coûté 400 000 euros par jour à la seule France sarkozyste. Un missile AASM tiré d'un Rafale sur un objectif au sol revient par exemple à 4 000 euros.


Le surcoût d'entretien des matériels et avions a été estimé, lui, à 570 000 euros. La consommation de carburant a atteint, elle, 200 000 euros, et les indemnités journalières des militaires engagés dans l'opération 270 000 euros. Des chiffres qui devraient cependant être largement inférieurs au Mali, en raison de moyens nettement moins importants.

Concernant le coût des appareils engagés au Mali, l'heure de vol d'un Rafale était estimée à 27 000 euros en 2010 selon le rapport budgétaire du député PS Jean Launay d'octobre 2012. Le coût horaire d'un Mirage 2000 est « moins élevé » : 11 700 euros. Quant aux hélicoptères Gazelle utilisés par l'armée de terre, leur coût d'utilisation est de l'ordre de 2 600 euros.

Au final, selon un expert budgétaire consulté par BFM Business.com, l'intervention militaire française devrait coûter environ 400 000 euros par jour. A condition qu'elle ne se prolonge pas trop…

Pour la guerre impérialiste, la France, comme tous les pays de l’OTAN, trouve toujours les moyens. Pour le bien être social, par contre

 

ABIDJAN DIRECT

28 décembre 2013

La France en mauvaise posture en Centrafrique

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PARIS, 26 décembre (Xinhua) -- Les soldats français déployé s en République centrafricaine (RCA), dans le cadre de l'opération Sangaris initiée début décembre, sont confrontés à une situation des plus explosives, souligne jeudi la presse française, qui s' alarme en ce lendemain de Noël du sort des troupes tricolores dans ce pays au bord du conflit confessionnel.

Le journal de gauche français Libération consacre sa une à la RCA avec un titre éloquent : "Centrafrique : la France prise au pi ège". "(La RCA) s'enfonce chaque jour un peu plus dans une crise o ù les Français se retrouvent en première ligne", constate-t-il, mentionnant "les accès de violences interreligieuses et les menaces des Tchadiens de la force d'intervention africaine (Misca) ".

Libé dénonce notamment "le périlleux pas de deux" auquel se livre le pouvoir de N'Djaména en Centrafrique, pays limitrophe du Tchad.

De fait, le président tchadien Idriss Déby est "fortement soupçonné d'avoir équipé et financé la rébellion de la Séléka (ayant renversé l'ex-président centrafricain François Bozizé en mars dernier, déstabilisant durablement le pays)".

"Dans le même temps, le Tchad fournit le plus gros contingent de la force africaine chargée de stabiliser la Centrafrique, la Misca, avec quelque 850 hommes", poursuit le quotidien, mettant en exergue les "deux leviers" dont dispose N'Djaména dans ce conflit.

Pour l'éditorialiste de Libération, "les violences de Bangui, les manifestations antifrançaises, le rôle trouble de l'armée tchadienne annoncent des lendemains qui déchantent". "Pour la France comme pour les Centrafricains", ajoute-t-il, écartant la perspective d'un succès "rapide" de l'opération Sangaris, tel que l'avait prédit le président Hollande à son lancement.

Ce pessimisme est partagé par le quotidien de droite Le Figaro, qui consacre également sa une au "chaos de Bangui", indiquant que "trois semaines après le début de l'opération Sangaris, l'armée française doit faire face à une situation qui menace de dégénérer à tout moment".

L'éditorial du journal déplore "un scénario qui déraille" en RCA, soulignant que "Bangui a fêté Noël au son des rafales" et ajoutant que "l'on continue à s'étriper entre milices issues des communautés chrétiennes (anti-Balaka) et musulmane (ex-Séléka)".

"Les soldats français, qui ont déjà payé le prix du sang (deux morts depuis le début de l'opération), bivouaquent au milieu de ces haines", poursuit-il, regrettant une mauvaise préparation par les autorités françaises de l'intervention, envisagée au dé part "comme une opération sans grand risque". "Les troupes françaises ont été prises de court", estime Le Figaro.

Le quotidien Le Parisien rend compte, pour sa part, de "scènes de violence et de panique à Bangui", où "depuis le 5 décembre (jour du lancement de l'opération française Sangaris), près d'un millier de personnes ont été tuées dans les attaques des milices chrétiennes et dans les représailles des ex-rebelles Séléka".

"Malgré ses 1.600 hommes déployés, le dispositif français (..) n'a pas été en mesure d'éteindre l'incendie ni d'apaiser les esprits", conclut Le Parisien.

 

SOURCE : http://cameroonvoice.com/news/article-news-13699.html

13 novembre 2013

Mali. Une chinoise d'origine, candidate aux législatives

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Une Chinoise naturalisée malienne, Yu Hong Wei dite Astan Coulibaly, est candidate aux élections législatives du 24 novembre au Mali.

De mémoire de Maliens, elle est la première personne originaire d'Asie et non métissée à participer à un scrutin au Mali.

A 54 ans, elle a déjà passé plus de 30 ans de sa vie au Mali.

Elle a obtenu la nationalité malienne après son mariage à un Malien au début des années 80.

Astan Coulibaly, candidate indépendante, est en lice avec six autres candidats pour une alliance de trois partis (Modec, CAP et Sadi) dans la circonscription électorale de Ségou, baptisée liste "Ségou Kanou".

Une femme sociable et très ouverte, selon ceux qui l’ont connue, Astan Coulibaly a choisi Ségou, à 230km au nord de Bamako, car c’est là qu’elle vit.

Elle tient beaucoup à la région, selon une source au sein de son alliance.

Si on ne connaît pas encore l’orientation de son message de campagne, on pourrait penser qu’elle tentera de séduire l'électorat par ce qu’elle et ce qu’elle sait faire.

Astan Coulibaly est pharmacienne et travaille dans le domaine de la santé.

Elle est créditée d’actions notamment en faveur des démunis: consultations médicales, traitement, appui à l’insertion socio-professionnelle des jeunes.

Les obstacles à son élection à l’Assemblée nationale ne manquent pas.

Elle et ses co-listiers devront affronter six autres listes, dont notamment une constituée de deux députés sortants et de Dramane Dambélé, arrivé troisième à l’élection présidentielle de juillet.

 

http://cameroonvoice.com/news/article-news-13230.html...

Libéria. Le cortège présidentiel utilisé dans le trafic de drogue

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Au Libéria, le chef du cortège présidentiel aurait utilisé un véhicule officiel pour importer 300 kilos de marijuana du Sierra Leone.

Selon les forces de l'ordre, le chef du cortège aurait utilisé le véhicule officiel appelé Escorte 1, le véhicule tout-terrain qui roule en tête du cortège présidentiel.

L'agence antidrogue du Libéria a également arrêté trois autres hommes.

A l'heure actuelle les autorités libériennes tentent d'arrêter la production de marijuana, activement utilisée par la population locale.

 

srce : la voix de la russie

CAMEROONVOICE

09 octobre 2013

Kofi Annan, peau noire, masques blancs

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Malcolm X développait le portrait de la mentalité de ce qu’il appelle, d’une part, le « nègre des champs » et, d’autre part, le « nègre de maison », ou Oncle Tom, en référence au célèbre roman La case de l’Oncle Tom. Deux types de nègres qui existaient au temps de l’esclavage et qui perdurent de nos jours


« (...) Le nègre de maison, lui, vit, respire et se règle sur le pas de son maître et de sa famille. Il est majordome, cuisinière, servante ou mieux encore nourrice. Il aurait même la possibilité de racheter sa liberté ou de s’émanciper quand la bonne fortune le met entre les mains d’un maître « zweeen » ou éclairé, mais n’en veut pas vraiment car elle l’éloignerait de sa protection et ses bienfaits. Il voit même dans le droit de cuissage exercé par son maître ou ses fils une chance de purification de sa descendance, et accepte les châtiments corporels comme une œuvre de redressement moral salutaire pour lui ».

Le désir manifeste de quitter la Cpi qu'éprouvent les dirigeants des pays africains n'a pas été  du goût du « nègre de maison », ancien secrétaire général de l'Onu. Dans une sortie maladroite, Koffi Annan a défrayé la chronique hier en déclarant que  « Quitter la CPI serait une marque de honte pour l'Afrique ».

Cette déclaration n'est pas surprenante pour ceux qui connaissent l'individu. Pour ceux qui ne connaissent pas bien M. Annan, nous  « réchauffons» ici un texte de Thierry Meyssan, initialement publié en Mars 2012 pour le Réseau Voltaire, quelques jours après que M. Annan eût été nommé médiateur de la crise syrienne

Ne vous méprenez pas, un processus irréversible de prise de conscience gagne progressivement du terrain chez  les africains : Kofi Annan ne pourra pas l'arrêter. L'Afrique se portera mieux qu'on ne le pense, dans un proche avenir. Cette Afrique de demain ne se fera pas avec des espèces en voie de disparition de cet acabit...

___________

Si le bilan de Kofi Annan à l’ONU est une réussite incontestée en matière de management, de gestion et d’efficacité, il est extrêmement critiqué au plan politique. En tant que secrétaire général, il s’est appliqué à adapter l’Organisation au monde unipolaire et à la globalisation de l’hégémonie US. Il a remis en question les fondements idéologiques de l’ONU et l’a privée de sa capacité à prévenir les conflits. Pourtant, il est aujourd’hui chargé de résoudre la crise syrienne.

L’ancien secrétaire général des Nations Unies et Prix Nobel de la Paix, Kofi Annan, a été désigné comme envoyé spécial conjoint de Ban Ki-moon et de Nabil ElArabi pour négocier une solution pacifique à la crise syrienne. L’homme dispose d’une expérience hors du commun et d’une image de marque très positive, de sorte que cette nomination a été saluée par tous.

Que représente donc ce haut fonctionnaire international ? Qui l’a propulsé aux plus hautes fonctions ; quels furent ses choix politiques, et quels sont ses engagements actuels ? Devant toutes ces questions, la discrétion est de mise, comme si le titre qui fut le sien était un gage de neutralité.

Sélectionné et éduqué par la Fondation Ford et la CIA

Ses anciens collaborateurs louent sa prévenance, son intelligence et sa subtilité. Personnalité très charismatique, il a laissé une forte empreinte derrière lui car il ne se comporta pas simplement comme le « secrétaire » de l’ONU, mais plus encore comme son « général », prenant des initiatives qui revivifièrent une organisation enlisée dans la bureaucratie. Tout cela est connu et rabâché. Ses exceptionnelles qualités professionnelles lui ont valu le Prix Nobel de la Paix, bien que cet honneur devrait récompenser en théorie un engagement politique personnel et non une carrière de manager.

Kofi et sa sœur jumelle Efua Atta sont nés, le 8 avril 1938, dans une famille aristocratique de la colonie britannique de la Côte d’or. Son père était le chef tribal des Fantis et le gouverneur élu de la province d’Ashanti. Bien qu’opposé à la domination britannique, il fut un fidèle serviteur de la Couronne. Avec d’autres notables, il participa au premier mouvement de décolonisation, mais considéra avec suspicion et inquiétude l’agitation révolutionnaire de Kwame Nkrumah.

Quoi qu’il en soit, les efforts de Nkrumah aboutirent à l’indépendance du pays sous le nom de Ghana, en 1957. Kofi était alors âgé de 19 ans. Bien que n’ayant pas participé à la révolution, il devint vice-président de la nouvelle association nationale des étudiants. Il fut alors remarqué par un chasseur de tête de la Fondation Ford qui l’intégra dans un programme de « jeune leader ». À ce titre, il fut incité à suivre un cours d’été à l’université d’Harvard. Ayant éprouvé son enthousiasme pour les États-Unis, la Fondation Ford lui offrit des études complètes, d’abord en économie au Macalester College dans le Minnesota, puis en relations internationales à l’Institut universitaire des hautes études internationales de Genève.

La Fondation Ford, créée par le célèbre industriel Henry Ford, est devenue au lendemain de la Seconde Guerre mondiale un outil de la politique étrangère officieux des États-Unis, offrant un habillage respectable aux activités de la CIA [1].

La période des études de Kofi Annan aux outre-Atlantique (1959-1961) correspond aux moments les plus difficiles de la lutte pour les droits civiques des noirs (le début de la campagne de Martin Luther King à Birmingham). Il l’observa comme un prolongement de la décolonisation qu’il avait connu au Ghana, mais n’y participa pas non plus.

Satisfait de ses résultats académiques et de sa réserve politique, ses mentors états-uniens lui ouvrirent les portes de l’Organisation mondiale de la Santé, où il trouva son premier emploi. Après trois ans passés au siège de Genève, il fut engagé à la Commission économique pour l’Afrique, basée à Addis-Abeba. Cependant, ses diplômes étant insuffisants pour lui permettre d’ambitionner une carrière à la direction de l’ONU, il retourna aux États-Unis pour étudier le management au Massachusetts Institute of Technology (MIT) (1971-72). Il tenta un retour dans son pays d’origine comme directeur du Développement touristique, mais se trouva en conflit perpétuel avec le gouvernement militaire du général Acheampong, de sorte qu’il renonça et revint aux Nations Unies en 1976.

Une brillante carrière malgré des échecs tragiques

Il y occupa des fonctions variées, d’abord au sein de l’UNEF II (la force maintien de la paix mise en place pour séparer l’Égypte et Israël à la fin de la Guerre d’octobre 1973), puis comme directeur du personnel de l’Office des réfugiés (UNHCR). C’est à cette époque qu’il rencontra Maître Nane Lagergren qu’il épousa en seconde noces. Cette avocate suédoise est la nièce de Raoul Wallenberg, représentant spécial de la Suède en Hongrie durant la Seconde Guerre mondiale. Wallenberg est célèbre pour avoir sauvé des centaines de juifs persécutés en leur délivrant des passeports de complaisance. Il travaillait aussi pour l’OSS (prédécesseur de la CIA) comme agent de liaison des États-Unis avec la Résistance hongroise. Il disparut à la fin de la guerre ; il aurait été fait prisonnier par les Soviétiques afin de stopper l’influence US dans le pays. Quoi qu’il en soit, l’heureux mariage de Kofi Annan lui ouvrit les portes qu’il ne pouvait franchir, notamment celles des organisations juives.

Le secrétaire général Javier Perez de Cuellar choisit Kofi Annan comme assistant chargé des ressources humaines et responsable de la sécurité du personnel des Nations Unies (1987-90). Lors de l’annexion du Koweit par l’Irak, 900 employés de l’ONU se trouvèrent pris au piège. Kofi Annan réussit à négocier leur sortie avec Saddam Hussein. Il en tira un évident prestige au sein de l’Organisation. Il fut alors successivement chargé du Budget (1990-92), puis —sous le mandat de Boutros Boutros-Ghali— des Opérations de maintien de la paix (1993-96), avec une brève parenthèse comme envoyé spécial pour la Yougoslavie.

Selon le général canadien Romeo Dallaire, commandant des Casques bleus au Rwanda, Kofi Annan n’aurait pas réagi à ses très nombreuses sollicitations et porterait la responsabilité principale dans l’inaction des Nations Unies lors du génocide (800 000 morts, principalement des Tutsis, mais aussi des opposants Hutus) [2].

Un scénario identique se reproduisit en Bosnie où 400 casques bleus furent pris en otages par les forces bosno-serbes. Kofi Annan resta sourd aux appels du général Bernard Janvier et laissa perpétrer de prévisibles massacres.

Fin 1996, les États-Unis s’opposèrent à la reconduction de l’Égyptien francophile Boutros Boutros-Ghali comme secrétaire général. Ils parvinrent à imposer leur candidat : un haut fonctionnaire international issu de l’Organisation elle-même, Kofi Annan. Loin de jouer contre lui, ses échecs au Rwanda et en Bosnie devinrent ses atouts après qu’il les ait candidement confessés et promis de réformer le système pour qu’ils ne se reproduisent pas. Il fut élu sur cette base et prit ses fonctions, le 1er janvier 1997.

Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies

Kofi AnnanImmédiatement, Kofi Annan mit en place un séminaire annuel de deux jours à huis clos pour une quinzaine d’ambassadeurs à l’ONU. Cette « retraite » (sic) est généreusement accueillie par le Rockefeller Brothers Fund au Centre de conférence de Pocantico (au Nord de New York). Le secrétaire général y discute avec les représentants des États qui le soutiennent, hors instances de l’ONU, de la réforme de l’Organisation et des relations internationales.

Dans ce contexte, il réaffecta les dépenses de l’ONU en fonction des priorités politiques et réduisit significativement le budget du secrétariat général. Il réorganisa le fonctionnement administratif autour de quatre objectifs (paix et sécurité, développement, affaires économiques et sociales, affaires humanitaires). Il créa un poste de secrétaire général adjoint pour le suppléer et se dota d’un véritable cabinet apte à appliquer rapidement les décisions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale.

La grande initiative de Kofi Annan fut le Global Compact, une mobilisation de la société civile pour un monde meilleur. Sur la base d’un dialogue volontaire, des entreprises, des syndicats et des ONG ont pu débattre et s’engager pour le respect des Droits de l’homme, celui des normes de travail et de l’environnement.

Dans la pratique, le Global Compact n’a pas eu les effets attendus sur le terrain. Il a par contre profondément dénaturé l’ONU, en relativisant le pouvoir des États-Nations et en reconnaissant celui de compagnies transnationales et d’associations qui n’ont de « non-gouvernementales » que le titre et sont en sous-main subventionnées par les grandes puissances. En érigeant des lobbies comme partenaires des États-Nations, Kofi Annan a enterré l’esprit de la Charte de San Francisco. Il ne s’agit plus de préserver l’humanité du fléau de la guerre en reconnaissant l’égalité en droit des États grands et petits, mais d’améliorer la condition humaine en faisant converger des intérêts privés. Le Global Compact, c’est le passage d’une logique presque unanimement acceptée selon laquelle le Droit international est au service du Bien commun, à une logique défendue par les seuls Anglo-Saxons pour qui le Bien commun est une chimère, tandis que la Bonne gouvernance consiste à coaliser le plus grand nombre d’intérêts particuliers. En définitive, le Global Compact a eu les mêmes effets que les galas de charité aux États-Unis : se donner bonne conscience avec quelques programmes médiatisés pour s’accommoder des injustices structurelles.

En ce sens, les mandats de Kofi Annan (1997-2006) reflètent la réalité de la période historique, celle d’un monde unipolaire voué à la globalisation de l’hégémonie états-unienne, au détriment des États-Nations et des peuples qu’ils représentent.

Cette stratégie emboîte le pas au dispositif mis en place par Washington dans les années 80 avec la National Endowment for Democracy, une agence qui, contrairement à son intitulé, vise à poursuivre l’action subversive de la CIA en truquant les processus démocratiques [3]. La NED subventionne, légalement ou pas, des organisations patronales, des syndicats ouvriers et des associations en tout genre. Tous participent en retour au Global Compact et infléchissent ainsi les positions des États-Nations qui n’ont pas les moyens de financer leurs propres lobbies. L’ONU ne se préoccupe plus de la Paix puisque le monde unipolaire a son gendarme, les États-Unis, mais absorbe toutes les formes de protestation pour mieux valider le désordre mondial et la globalisation progressive de l’hégémonie US.

Le discours lénifiant de Kofi Annan a atteint son apogée avec le Sommet du Millénaire. 147 chefs d’États et de gouvernements se sont engagés à éradiquer la pauvreté et à résoudre les principaux problèmes de santé dans le monde, dont le sida, sous quinze ans. Le bonheur universel ne nécessiterait aucune réforme politique, juste que chacun y mette un peu du sien en versant son obole. Que n’y avait-on pensé plus tôt ? Las ! Les Objectifs du Millénaire sont restés des vœux pieux, les injustices se poursuivent et nourrissent toujours la guerre et la misère.

Dans la même veine, lors de son discours devant l’Assemblée générale, le 20 septembre 1999, le secrétaire général exposa ce que l’on nomme la « doctrine Annan ». Arguant de sa propre impuissance au Rwanda et en Bosnie, il affirme que, dans ces cas là, les États ont failli à leur devoir de protéger leurs ressortissants. Il en conclut que la souveraineté des États, principe cardinal de la Charte de l’ONU, fait obstacle aux Droits de l’homme. Cette vision sera adoptée sous la dénomination « Responsabilité de protéger » par l’Union africaine, puis par l’ONU en 2005, lors du Sommet Mondial chargé du suivi du Sommet du Millénaire. La doctrine Annan est un avatar du devoir d’ingérence invoqué par les Britanniques pour guerroyer contre l’Empire ottoman et remis au goût du jour par Bernard Kouchner. Le concept rénové sera explicitement utilisé la première fois, en 2011, pour légaliser l’opération coloniale en Libye [4].

Kofi Annan et sa femmePar ailleurs, les mandats de Kofi Annan ont été marqués par le programme « Pétrole contre nourriture » qui fut imaginé par le Conseil de sécurité en 1991, mais ne fut effectif que de 1996 à 2003. Il s’agissait au départ de s’assurer que les revenus pétroliers de l’Irak seraient exclusivement utilisés pour satisfaire les besoins des Irakiens et pas pour financer de nouvelles aventures militaires.

Cependant, dans le contexte de l’embargo international et sous la supervision personnelle de Kofi Annan, ce programme est devenu un instrument des États-Unis et du Royaume-Uni pour saigner l’Irak tandis qu’ils occupaient la « zone de non-survol » (approximativement l’actuel Kurdistan autonome) jusqu’à ce qu’ils l’attaquent et le détruisent [5]. Durant des années, la population fut sous-alimentée et privée de médicaments. Plusieurs hauts fonctionnaires internationaux qui ont été chargés de ce programme l’ont qualifié de « crime de guerre » et ont démissionné après avoir refusé de l’appliquer. Parmi eux, le secrétaire général adjoint Hans von Sponeck et le coordinateur spécial Denis Halliday ont estimé que ce programme a provoqué le génocide d’1,5 million d’Irakiens, dont au moins 500 000 enfants [6].

Il fallut attendre l’invasion et la destruction de l’Irak pour que Kofi Annan se rebelle et dénonce le comportement de ceux qui lui avaient payé ses études, l’avaient propulsé au secrétariat général de l’ONU, et lui avaient décerné le Prix Nobel de la Paix. Il qualifia l’attaque de l’Irak d’illégale et s’inquiéta publiquement de ce que ce précédent réduise à néant le Droit international [7]. Washington répliqua brutalement en lançant une vaste opération d’espionnage à son encontre, à celle des membres de son cabinet, de sa famille et de ses amis. En définitive, Kojo Annan, le fils de Kofi, fut accusé d’avoir détourné des fonds du programme « pétrole contre nourriture » avec la bénédiction de son père. Or, techniquement, c’était impossible à l’insu des États-Unis et du Royaume-Uni. L’accusation ne parvint donc pas à convaincre les États membres de l’ONU et au contraire renforça l’autorité du secrétaire général [8]. Cependant, durant les deux dernières années de ses mandats Kofi Annan fut paralysé et contraint de rentrer dans le rang.

Retour à la case département

Après dix ans de secrétariat général, Kofi Annan poursuivit sa carrière dans des fondations plus ou moins privées.

En décembre 2007, les élections kenyanes dégénèrent. Le président Mwai Kibaki l’aurait emporté sur le candidat financé par Washington, Raila Odinga, prétendu cousin du sénateur Barack Obama. Le scrutin fut contesté par le sénateur John McCain qui appella à la révolution, tandis que des SMS anonymes dressèrent les ethnies les unes contre les autres. En quelques jours les émeutes firent plus de 1 000 morts et 300 000 déplacés. Madeleine Albright proposa la médiation de l’Oslo Center for Peace and Human Rights. Cet institut envoie deux médiateurs : l’ancien Premier ministre norvégien Kjell Magne Bondevik et l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, tous deux administrateurs du Centre.

À l’issue de cette « médiation », le président Kibaki fut contraint de se plier aux volontés US. Il put se maintenir dans ses fonctions, mais dut d’abord accepter une réforme constitutionnelle qui le prive de ses pouvoir au profit de son Premier ministre, puis ils dut accepter de prendre Raila Odinga comme Premier ministre. Jouant au vieux sage africain, Kofi Annan contribua à donner un vernis de légalité à un changement de régime imposé par Washington [9].

Kofi Annan exerce aujourd’hui deux responsabilités principales. Il est d’abord le président de l’Africa Progress Panel, une organisation mise en place par Tony Blair à l’issue du sommet du G8 de Gleeneagles pour médiatiser les actions du Ministère britannique de la Coopération (DFID). Malheureusement les promesses du G8 n’ayant pas plus été tenues que celles du Sommet du Millénaire, l’Africa Progress Panel a une activité réduite.

Reste la présidence de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) qui se propose de résoudre les problèmes alimentaires du continent noir grâce aux biotechnologies. En fait, l’AGRA est un lobby financé par les Fondations Billes Gates et Rockefeller pour diffuser les OGM produits par Monsanto, DuPont, Dow, Syngenta et autres. La plupart des experts indépendants de ces multinationales s’accordent à dire que, au-delà de la question du choc environnemental, l’usage d’OGM non reproductibles rend les paysans dépendants de leurs fournisseurs et instaure une nouvelle forme d’exploitation humaine.

Cependant, le double langage de Kofi Annan, qui se déclare satisfait de son entretien avec le président el-Assad lorsqu’il est à Damas et déçu lorsqu’il est à Genève, n’a pas levé les questions sur ses intentions réelles.[1] « La Fondation Ford, paravent philanthropique de la CIA » et « Pourquoi la Fondation Ford subventionne la contestation », par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 5 et 19 avril 2004

Kofi Annan en Syrie

Que vient donc faire l’ancien haut fonctionnaire international en Syrie ? En premier lieu, sa désignation révèle que le rôle ne pouvait pas être tenu par Ban Ki-moon dont l’image est ternie à la fois par sa soumission aux États-Unis et par des affaires ininterrompues de corruption [10]. Kofi Annan dispose, lui, d’une image positive malgré son bilan.

Deuxièmement, un médiateur n’a de chance de réussir que s’il est choisi par les protagonistes. Ce n’est pas le cas. Il représente le secrétaire général de l’ONU et son homologue de la Ligue arabe. Il défend l’honneur et la réputation de ces institutions sans avoir d’instruction politique précise.

Si la désignation de M. Annan a été approuvée de facto par les membres du Conseil de sécurité et par ceux de la Ligue, c’est qu’elle satisfait des attentes contradictoires. Pour les uns, l’envoyé spécial conjoint ne doit pas rechercher la paix, mais habiller une paix qui a déjà été négociée entre grandes puissances afin que chacun garde la tête haute. Pour d’autres, il peut au contraire rejouer le coup kenyan et réussir sans violence supplémentaire un changement de régime.

Au cours des trois dernières semaines, l’action de Kofi Annan a consisté à présenter comme son propre plan, une version amendée de celui qui avait été élaboré par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov. Ce faisant, il rend ce plan acceptable par Washington et ses alliés. En outre, M. Annan a volontairement introduit une confusion en laissant entendre qu’il avait convaincu le président el-Assad de désigner un de ses vices-présidents, Farouk al-Shara, pour négocier avec l’opposition. Il se serait agi d’une concession syrienne au Conseil de coopération du Golfe. En réalité, le vice-président al-Shara est chargé de ces négociations depuis un an et l’exigence de l’Arabie saoudite et du Qatar est tout autre : que le président el-Assad démissionne parce qu’il est alaouite et que le pouvoir échoit à ce vice-président par ce qu’il est sunnite. Il semble donc que l’envoyé spécial conjoint soit en train d’inventer une porte de sortie pour les États qui ont agressé la Syrie et inventé la fable d’une révolution démocratique réprimée dans le sang.

[1] « La Fondation Ford, paravent philanthropique de la CIA » et « Pourquoi la Fondation Ford subventionne la contestation », par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 5 et 19 avril 2004

[2] Shake Hands with the Devil : The Failure of Humanity in Rwanda, par Roméo Dallaire, Arrow Books Ltd, 2004. Version française : J’ai serré la main du diable : La faillite de l’humanité au Rwanda, Libre expression, 2004.

[3] « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire/Однако, 6 octobre 2010.

[4] « Résolution 1973 », Réseau Voltaire, 17 mars 2011.

[5] « Annan : Génocide en Irak et Paix en Syrie ? », par Hassan Hamade, Réseau Voltaire/As-Safir, 22 mars 2012.

[6] « L’implication de l’ONU dans des crimes de guerre, entretien avec le comte Hans-Christof von Sponeck », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 16 mars 2007.

[7] « Pour Kofi Annan, le droit international ne garantit plus rien », par Sandro Cruz, Réseau Voltaire, 7 juillet 2005.

[8] « Le harcèlement de Kofi Annan », Réseau Voltaire, 13 décembre 2004.

[9] « Le dessous du prix Nobel de la paix 2009 », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 octobre 2009.

[10] « Lettre ouverte au deshonorable Ban Ki-moon », par Hassan Hamade, Réseau Voltaire, 25 janvier 2012.

 

CAMEROONVOICE

08 octobre 2013

Kofi Annan: « Quitter la CPI serait une marque de honte pour l'Afrique »

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L'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a estimé lundi que ce serait une marque de honte pour l'Afrique si ses dirigeants votaient pour que leurs pays quittent la Cour pénale internationale (CPI).

Quelques dirigeants résistent (à la CPI) et la combattent, a relevé M. Annan dans un discours au Cap, mettant en garde contre l'éventualité d'un tel vote.

S'ils combattent la CPI, s'ils votent contre la CPI, ce sera une marque de honte pour chacun d'entre eux et pour leurs pays, a affirmé M. Annan dans ce discours prononcé pour le 82e anniversaire de l'archevêque sud-africain Desmond Tutu.

L'ancien secrétaire général de l'ONU a rejeté les accusations de certains dirigeants africains selon lesquelles la CPI, qui siège à La Haye, est de parti pris et se focalise sur l'Afrique.

Je voudrais souligner que ce sont la culture de l'impunité et les individus qui sont jugés par la CPI, pas l'Afrique, a-t-il déclaré.

La CPI est de plus en plus contestée par l'Union africaine (UA), qui groupe 54 pays et doit examiner ses relations avec l'instance judiciaire internationale lors d'un sommet spécial vendredi et samedi.

L'UA accuse la CPI de ne s'en prendre qu'à des dirigeants africains. Je sais que ce n'est pas le cas, a lancé M. Annan, qui s'est inquiet de ces attaques.

Les accusations de l'UA surviennent après diverses procédures contre des leaders de l'UA, notamment la condamnation à 50 ans de prison en septembre de l'ex-président libérien Charles Taylor pour crimes contre l'humanité en septembre, le procès en cours depuis septembre - pour les mêmes motifs - du vice-président kényan William Ruto, et celui à venir en novembre du président kényan Uhuru Kenyatta, toujours pour crimes contre l'humanité.

Quatre des dossiers africains jugés par la CPI ont été ouverts à la demande de dirigeants africains, tandis que deux autres, sur le Darfour et la Libye, ont été ouverts par le Conseil de sécurité des Nations unies, a souligné M. Annan.

L'Union africaine a demandé à la CPI de cesser les procédures pour crimes contre l'humanité visant les dirigeants du Kenya, dont les députés ont voté le mois dernier une motion réclamant le retrait du pays de la juridiction de la cour.

Durant son discours, M. Annan a prévenu que des défis sérieux demeurent et de nouvelles menaces émergent.

Aussi réels et excitants que soient les progrès, nous ne pouvons nous permettre de devenir suffisants. Après tout, l'Afrique a déjà connu des aubes trompeuses dans le passé, a-t-il rappelé. La croissance impressionnante n'a pas éradiqué l'extrême pauvreté, en particulier dans les zones rurales (...) ni les énormes inégalités qui existent sur ce continent.

En dépit de l'extraordinaire richesse en ressources naturelles de l'Afrique, la mauvaise gouvernance et le manque de transparence ont trop souvent mené à la corruption, à l'exploitation et aux ravages environnementaux, a-t-il déploré.

NB. Le chapô est de la rédaction de cameroonvoice

01 octobre 2013

Nigeria. Des femmes manifestent dans la rue pour revendiquer des maris

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Une manifestation de femmes a eu lieu à l’Etat de Zamfara au nord du Nigéria, pour protester contre la rareté des maris, surtout pour les veuves et les divorcées.

Devant le siège du gouvernement local à Gusau, capitale de l’Etat de Zamfara, les manifestantes commandées par une activiste, Sowaiba Issa, ont entonné des slogans exigeants des maris pour ces catégories de femmes, défavorisées selon elles, à cause de leurs conditions sociales.

Sowaiba Issa, a déclaré à cette occasion, que les femmes n’en viennent jamais à ce genre de manifestations humiliantes pour elles, que lorsqu’elles ne peuvent plus supporter le délaissement qu’elles ressentent dans leur propre société.

«Ce n’est pas facile pour nous de crier en public nos besoins pour des hommes, nous avons notre dignité à préserver» déclare Sowaiba, ajoutant que dans seule sa région, plus de 8000 femmes divorcées ou veuves sont seules et ont du mal à avoir des maris.

«Il nous faut faire parvenir nos voix aux responsables, nous sommes des femmes privées de vie normale et naturelle» a-t-elle dit.

Selon l’agence Anatolie, un Etat voisin, faisant face au même problème, avait moyennant des aides financières, encouragé les hommes à épouser les veuves et les divorcés, il avait été même organisé un mariage collectif pour elles.

 

CAMEROONVOICE

26 septembre 2013

La Guinée au bord du coup d'État ?

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D’après des notes des services de renseignements français et américains, un coup d’État est en préparation pour renverser le président Condé, élu en 2010.

On entre là dans le cœur d’une affaire politico-financière de grande ampleur.

Face à face : le président guinéen Alpha Condé et un richissime homme d’affaire franco-israélien, Beny Steinmetz.

L’enjeu ? Le plus grand gisement ferreux encore non exploité sur Terre, le gisement de Simandou, dans le sud-ouest de la Guinée. Valeur estimée : plusieurs dizaines voire centaines de milliards de dollars.

L’histoire débute en 2008. À l’époque, le prédécesseur d’Alpha Condé, le dictateur Lassana Conté, accorde une partie des droits d’exploitation du site de Simandou à la société de Beny Steinmetz, pour 165 millions de dollars. Deux ans plus tard, l’homme d’affaires revend une partie de ce contrat au géant minier brésilien Vale, pour 2 milliards et demi de dollars : belle plus-value ! Sachant que le gisement n’est toujours pas entré en exploitation.

Mais 2010, c’est aussi l’année où des élections démocratiques sont organisées en Guinée, portant au pouvoir un ancien opposant, Alpha Condé. Celui-ci décide de se lancer dans une vaste opération mains propres, en revoyant notamment tous les contrats miniers signés par son prédecesseur.

Nous y reviendrons...

21 août 2013

Frontière Cameroun - Rca. Des rebelles de la Séleka tuent un policier camerounais

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Le chef de poste frontière de Toktoyo à l’Est a été lâchement tué par des rebelles de la Séléka dans la nuit de lundi.

C’est exactement à 15 heures et 28 minutes ce mardi 20 août 2013, que le corps inerte et criblé de balles de Ngando Dallé, officier de police de 2è grade (Op2) a quitté Bertoua, le chef-lieu de la région de l’Est, pour Yaoundé sur hautes instructions de Martin Mbarga Nguélé, délégué général à la Sûreté nationale (Dgsn). Ceci après environ une heure d’escale et d’exposition à l’esplanade de l’hôtel de police de Bertoua. Devant une foule de collègues policiers et de curieux, l’émotion était vive et insoutenable face à l’atrocité du drame. Torse nu et vêtu d’un pantalon de sa tenue de service, le ventre boursoufflé avait pris du volume depuis la nuit dernière au cours de laquelle il a été abattu. Selon des informations provenant de sources sécuritaires et des populations locales, le chef de poste de Toktoyo, une bourgade de l’arrondissement de Mbotoro (chef-lieu Ouli, ndlr), département de la Kadéy, frontalière avec la Rca, « c’est aux environs de 22 heures qu’il a été attaqué par des individus identifiés comme des ressortissants centrafricains et dont le nombre reste inconnu jusqu’à ce jour ».

Cette attaque subie par l’Op2 est survenue après une altercation entre des éléments perdus de la rébellion Séléka et les éléments de la gendarmerie nationale camerounaise qui ont interpellé un des leurs. C’est donc en représailles que ces assaillants entrent en territoire camerounais dans l’objectif de libérer leur compagnon d’armes. C’est dans cette course-poursuite qu’ils s’introduisent dans le domicile de Ngando Dalle et le surprennent dans ses toilettes où ils l’abattent de plusieurs coups de fusil. Selon un des collaborateurs de la victime, « tous les assaillants ne s’exprimaient qu’en arabe et nous soupçonnons que c’est la branche Idriss Miskin qui a encore frappé en territoire camerounais ». Informé, le délégué régional de la Sûreté nationale pour l’Est a dépêché sur place son adjoint pour ramener le corps d’abord à Bertoua puis à Yaoundé où des enquêtes plus approfondies vont déterminer les réelles causes et circonstances de cette attaque meurtrière.

Rebelote

Rappelons que ce n’est pas la première fois que des rebelles centrafricains pénètrent en force sur le sol camerounais pour libérer les leurs frères interpellés par nos soldats. Après l’attaque sanglante et meurtrière qui avait coûté la vie à un fonctionnaire des impôts et un jeune homme à Garoua-Boulaï en septembre 2012 et la prise d’otage d’un policier camerounais à Kentzou en mars 2013, voici Toktoyo en août 2013. Entre-temps, le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense avait conduit une mission d’évaluation aux frontières de notre pays avec la Rca à l’Est. Son courroux après les constats et les mesures prises pour sécuriser nos frontières, on le remarque avec cet autre meurtre, n’ont pas impacté le comportement des rebelles centrafricains.  Pendant combien de temps encore le gouvernement camerounais fera profil bas devant ces incursions de la soldatesque centrafricaine ?

Ange-Gabriel OLINGA B.

CAMEROONVOICE