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12 avril 2016

Côte-d’Ivoire: Décès de Ben Soumahoro à Accra

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Une information reçue d’Accra au Ghana annonce le décès ce lundi soir de Mamadou Ben Soumahoro en exil. Ce décès serait la conséquence d’un accident vasculaire cérébral [AVC] survenu en 2015. Depuis lors, l’ancien DG de la RTI, très proche de Laurent Gbagbo, était presque tout le temps alité.

Certaines informations le donnaient partiellement paralysé. Sa famille l’avait isolé, lui coupant presque toute communication.

Parti de la Côte-d’Ivoire en avril 2011 après la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, Ben Soumahoro avait avec sa plume haute en couleurs, habitué les Ivoiriens aux longues tirades «pamphlets» contre Ouattara et son entourage. Dominique Ouattara était l’une de ses cibles favorites. L’ancien mari de la ministre Anne Ouleto surnommé «dossier en béton» ou encore Waraba, l’ex député Mamadou Ben Soumahoro était un professionnel respecté dans le monde du journalisme en Côte-d’Ivoire, malgré un militantisme politique qui l’aura conduit du PDCI-RDA au FPI en passant par le RDR d’Alassane Ouattara.

Le sort aura voulu qu’il décède un 11 avril 2016, cinq ans après un certain 11 avril 2011.

 

Connection Ivoirienne

Côte-d'Ivoire « Funeste anniversaire » 5 ans après, où en est la réconciliation ?

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« 11 avril 2011-11 avril 2016: 5 ans déjà! Funeste anniversaire !

« On ira jusqu'au bout », lance Laurent Gbagbo de son box d'accusé à la Cour Pénale Internationale, lors de sa première comparution en décembre 2011. « On ira jusqu'au bout » traduit clairement la ferme détermination du célèbre prisonnier à œuvrer pour l'éclatement de la vérité. La formule est reprise en écho par tous les africains engagés dans le combat de la souveraineté. « On ira jusqu'au bout », loin d'être un cri de guerre entonné par des partisans d'un jusqu'au boutisme revanchard, est plutôt le chant de ralliement de tous ceux qui, épris de paix, se mobilisent pour le triomphe de la vérité, gage de cohésion et de réconciliation. Empruntons la définition du mot réconciliation à l'évêque Desmond Tutu: «Examiner le passé douloureux, le reconnaître, le comprendre et par-dessus tout, le transcender ensemble, voilà le meilleur moyen de garantir qu'il ne se reproduise et ne puisse se reproduire». Transcender ensemble! C'est là toute la problématique.

La réconciliation n'est donc pas un veule aplatissement d'une partie face à une autre, un musellement des vaincus face aux vainqueurs, mais un acte consenti, un cheminement commun grâce auquel la société s'éloigne d'un passé de divisions pour se rapprocher d'un avenir partagé. La réconciliation est donc vitale. Mais comment y parvenir? Il n'y a pas de remèdes miracles ni de recettes universelles. Chaque peuple doit puiser en lui-même ses ressources propres à pardonner et à vouloir tourner la page.

C'est pour cela que le FPI du Président Laurent Gbagbo, fidèle à la philosophie de son fondateur, n'a de cesse d'appeler, par les moyens démocratiques, les autorités actuelles à s'inscrire résolument et sincèrement dans le mouvement en libérant tous les prisonniers d'opinion, en initiant des politiques formelles de retour et de réinsertion des centaines de milliers d'exilés ivoiriens. Mais leur cécité et leur surdi-mutité politiques face à ces préoccupations légitimes ne font que favoriser la perpétuation d'une société profondément déchirée où les relations humaines sont gâchées par la peur de l'autre, la méfiance et la suspicion…

Pour notre part, nous continuerons le combat, convaincus que la graine d'espoir en une Afrique libre et souverainesemée par Laurent Gbagbo poursuivra sa croissance. Et les ronces de l'adversité ne sauront l'étouffer. Pas plus que l'aridité des chemins rocailleux qui conduisent à l'exil et à la prison la flétrir. Cette graine croîtra, fièrement, loin des piétinements et des reniements des Judas et des Talleyrand experts en pirouettes politiques. Telle est la foi qui me porte dans cette lutte… »

Connection Ivoirienne

13 mars 2016

Au moins 12 personnes ont été abattus, dont 4 Européens en Côte-d'Ivoire

attaque cote d'ivoire, grand bassam attaque

Au moins douze personnes ont été abattus, dont quatre Européens par quatre hommes armés dimanche dans une attaque à Grand Bassam, une station balnéaire de la ville à environ quarante kilomètres d'Abidjan, a rapporté Reuters.

« J'ai vu 7 morts que je filmais. Il y avait quatre attaquants. Je nageais quand ils ont commencé et je me suis enfui », a déclaré Dramane Kima, un témoin qui a montré la vidéo des corps à Reuters. Il a également pris des photos de grenades et des munitions qu'il croyait avoir été laissé par les assaillants.

 

L'identité et le motif des hommes armés est encore inconnue.

12 février 2016

Général d'armée ou Chef d´Etat-Major: Curieuses formations des nouveaux Ambassadeurs Africains

CPI LAurent Gbagbo, Mangou Philippe

Au début de ce mois de janvier 2016, plusieurs journaux ont présenté une manchette sur la future nomination de Yacouba Isaac Zida, l´ex premier ministre de la transition au Burkina Faso, comme ambassadeur du Burkina à Washington. D´après ces mêmes sources, il ne resterait à présent que la signature du président Roch Marc Kabore pour rendre cette nomination effective. Si cette nomination venait à être confirmée, Zida viendrait compléter la longue lignée des généraux et des chefs d'état-major de l´espace francophone qui deviennent des ambassadeurs, loin de leur pays en pleine tourmente. On se souvient encore de la retentissante nomination des Généraux Philippe Mangou et Kassarate, comme ambassadeurs respectivement au Gabon et au Sénégal, qui avait suscité des interrogations dans tous les sens. Pour certains, c´était un gage de récompense pour avoir trahi Gbagbo, pour d´autres c´est la prime pour leur témoignage contre Gbagbo à la CPI. 

En tout cas, ce parcours devient vraiment intrigant. Le continent, qui a le plus besoin de ses experts militaires pour défendre sa population martyrisée depuis plus de 600 ans, expatrie ses généraux au titre d´ambassadeur alors que croupissent dans le chômage ses illustres diplomates de carrière, fières descendants des pourfendeurs de l´arbre à palabre.

Il faut tout de suite noter que dans les autres pays du monde on croise souvent, au sein des ambassades ou des représentants diplomatiques, des attachés militaires et de défense qui sont des militaires. Par contre, la nomination d'officiers aguerris au poste d'ambassadeur demeure donc un fait rare dans ces pays. Cependant, le fait de nommer des officiers, aux qualités militaires reconnues, comme ambassadeur, a une grande signification politique. Ce genre de nomination signifie clairement que la coopération entre les deux nations concernées est basée en priorité sur les questions militaires, bien entendu au profit de celui qui place son officier. Cette tendance aurait pu faire trembler les autres continents, si ceux-ci venaient à prendre l'Afrique au sérieux en pensant que le continent Africain était en train de planifier une invasion simultanée. Heureusement ce n'est pas le cas. 

Malheureusement, une fois de plus, pour l'Afrique, ces nominations sont plutôt à son détriment. Plusieurs raisons sont d'ailleurs notées par les analystes pour justifier ces affectations ou mesures d'éloignement d'un:

-  Chef d'état-major qui refuse d'accompagner un coup d'état militaire ou constitutionnel, mais qui reste passif devant la destruction de son pays.

-  General qui est capable de veiller à la défense de son peuple et de l'intégrité du territoire.

-  Aide de camps qui a bien servi mais qui pourrait être dangereux si le sous-préfet en place souhaitait modifier la constitution.

-  Officier qui aurait des tendances nationalistes ou panafricaines.

-  Homme fort de l´armée, capable de bloquer toute aventure génocidaire planifiée dans son pays ou de défendre les intérêts de leur peuple face aux super prédateurs.

-  Groupe d'officiers sans vergogne, ni amour propre, pour les remercier d'avoir trahi leur peuple et leur nation au profit de l'empereur du moment qui ignore qu'il est déjà déchu.

-  Etc…

L'Afrique est un continent pacifique qui n'a pas de visée expansionniste ou meurtrière. Si c'était le cas cela se saurait depuis longtemps. Les peuples des pays Africains sont donc en droit d'interroger ce genre d'expatriation de ceux de nos hommes qui maitrisent très bien la science de la guerre et de la défense. J'irai même plus loin, les peuples d'Afrique doivent simplement veiller à bloquer cette saignée défavorable à notre continent, déjà bien meurtri par le manque d'hommes capables d'organiser sa défense.

Douala Ngando

CAMEROONVOICE

Procès de Laurent Gbagbo: la chronique d'un meurtre annoncé

cc3b4te-divoire_laurent-gbagbo.jpgEn effet, après 5 ans d'emprisonnement, la CPI prétend qu'il lui faudrait un peu plus de quatre ans encore pour juger Laurent Gbagbo.

Il s'avère que cinq ans c'est déjà beaucoup. En cinq ans, cette cour a eu largement le temps d'instruire cette affaire. Elle ne l'a pas fait, manque de preuve sur la culpabilité de l'ancien chef d'État ivoirien.

Comment expliquer au monde qu'on puisse garder un homme en prison dix ans sans le juger ? Dans quel état mental et physique cette personne s'en sortira-t-elle ? Admettons qu'elle soit innocente comment faire pour lui rendre ces années perdues ?

C'est proprement scandaleux. C'est un meurtre social, physique et psychologique qui ne dit pas son nom. C'est une mise à mort à la manière de leurs frappes chirurgicales dont eux seuls ont le secret…

Non, il ne faut pas dix ans pour décider de la culpabilité ou de l'innocence d'un homme. C'est une farce… Un assassinat qui se refuse de porter son étiquette. C'est la chronique d'un meurtre annoncé.

Calixthe Beyala

Enorme ! Quand L'AFP innocente Blé Goudé

CPI ble goude, laurent gbagboVoici ce que ce matin un de nos honorables correspondants nous envoie :

"le témoin d'hier a dit que les "dioulas" ont été agressés après un meeting de blé goudé le 25 février 2011

or voici une dépêche afp qui indique JUSTEMENT que l'attitude pacifique de Blé Goudé irritait les jeunes patriotes et le mettait dans une situation d'insécurité politique et personnelle"

Mis en ligne initialement le 25 février 2011

Sous le titre :

Yopougon: Blé Goudé provoque une fois de plus l'ONUCI

Charles Blé Goudé, ministre et chef des « patriotes » partisans du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, a appelé vendredi les jeunes à « s’organiser en comités pour empêcher « par tous les moyens », la force de l’ONU dans le pays de circuler lors d’un rassemblement vendredi à Abidjan.

« Je demande à la jeunesse de Côte d’Ivoire de s’organiser en comités pour empêcher l’Onuci (Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, ndlr) de circuler par tous les moyens », a-t-il lancé devant quelque 3.000 personnes dans le quartier pro-Gbagbo de Yopougon (ouest).

« Aujourd’hui ce ne sont pas les rebelles qui nous font la guerre, c’est l’Onuci qui nous la fait », a-t-il affirmé, appelant à créer des « comités d’autodéfense dans les quartiers ».

« Il faut éviter de tomber dans le piège de la guerre civile », a-t-il toutefois déclaré.

« C’est le piège que nous tend l’ennemi. Je ne veux pas qu’à leur casse vous répondiez par la casse », a dit le ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo.

La réunion publique s’est terminée dans une ambiance houleuse, et Charles Blé Goudé a été chahuté à sa sortie. Des militants ont manifesté leur colère, réclamant un mot d’ordre d’aller combattre le camp Ouattara ou de prendre le « Golf », l’hôtel qui sert de QG au camp adverse.

« On veut libérer, on veut libérer, on veut se battre! », criaient certains.

« Nous sommes dans nos quartiers en train de souffrir et lui nous parle d’être calmes, c’est de la foutaise! On veut aller assiéger l’Onuci. On va mourir, c’est vrai, mais on va libérer notre pays! », a expliqué à l’AFP un groupe de jeunes militants.

La Côte d’Ivoire et Abidjan en particulier connaissent depuis une semaine une flambée de violences entre partisans ou forces armées loyales à M. Gbagbo et sympathisants d’Alassane Ouattara, reconnu président par la communauté internationale.

Dans un communiqué publié à l’issue du conseil des ministres de jeudi, le gouvernement Gbagbo a dénoncé « l’attitude complice des forces onusiennes » dans « l’infiltration » de « rebelles » dans plusieurs quartiers d’Abidjan.

Le camp Gbagbo réclame depuis décembre le départ de l’Onuci, qu’il accuse d’avoir pris parti pour son adversaire.

(©AFP)

10 février 2016

DECONSTRUCTION ANTHROPOLOGIQUE ET HISTORIQUE DE LA COTE D’IVOIRE PAR BENSOUDA

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LE SILENCE COMPLICE ET COUPABLE DES INTELLECTUELS IVOIRIENS.

Au cours des deux premiers jours de l’ouverture du procès intenté contre le président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale (Cpi) de La Haye, la procureure d’origine gambienne Fatou Bensouda et son équipe de l’accusation, ont fait un exposé au contenu fort dangereux quant aux conséquences sociales qu’il pourrait engendrer. En effet, pour démontrer que les prévenus sont poursuivis devant la Cpi pour crimes contre l’humanité, l’accusation, sans scrupule aucun, a soutenu qu’il y en en Côte d’Ivoire, deux frontières : une entre les ethnies et une autre entre les religions. Aussi, a-t-elle divisé ce pays en deux grandes parties : d’un côté les sudistes occupés par les Bhété et assimilés qui sont chrétiens ; les nordistes qui sont les Dioula de religion musulmane de l’autre. Selon elle, le président Laurent Gbagbo, sudiste, d’ethnie bhété et chrétien, refusant de céder le pouvoir qu’il a perdu au terme du deuxième tour des élections présidentielles de 2010, a organisé le génocide des partisans de son rival Alassane Ouattara, nordiste, Dioula et musulman. Au-delà des contre-vérités qui entourent ces élections, ce qui a été frappant, c’est la division de la Côte d’Ivoire en deux parties entre Bhété chrétiens au Sud et Dioula musulmans au Nord et tout l’effort de déconstruction de la réalité historique et anthropologique de notre pays. En d’autres lieux, un tel discours qui met en mal tous les acquis de la connaissance de notre pays, aurait pu déclencher, dès le lendemain, en dehors des chapelles politiques, de vives réactions aussi bien des responsables religieux que des intellectuels ivoiriens. Mais c’est plutôt un silence de cimetière pourrait-on dire complice, qui a fait suite au discours de l’accusation contre le président Gbagbo. Et dans ce concert de silence, les voix éteintes surtout des Historiens et des Anthropologues qui frisent la démission dans leur rôle d’éclaireurs de la société sont fort troublantes.


En effet, en tentant de démontrer que la crise postélectorale qu’a connue la Côte d’Ivoire, est une crise ethno-religieuse, là où tous les observateurs avertis et honnêtes de la scène politique ivoirienne savent que cette crise en réalité a été provoquée par la France impérialiste et néocoloniale pour mettre fin aux velléités indépendantistes et souverainistes du président Laurent Gbagbo, la procureure Bensouda a simplement pris un raccourcis qui, si cela a prospéré ailleurs en Afrique, ne reflète pas du tout la réalité ivoirienne. En Côte d’Ivoire, tout le monde le sait, il n’y a pas de frontière entre les ethnies, ni de frontière entre les religions. Au contraire, les populations quelque soient leurs ethnies et leurs religions vivent dans les villages et les villes comme dans les quartiers, en bonne intelligence et dans une parfaite convivialité. Cela est une vérité qui remonte très loin dans le temps. Même quand à partir des années 1980 et surtout depuis l’intrusion d’Alassane Ouattara dans la vie politique ivoirienne, certains courants fondamentalistes et extrémistes ont tenté de construire autour de ce dernier un Islam contre la laïcité dans le but d’en faire une religion d’Etat, ce projet n’a pas pu prendre pied en Côte d’Ivoire car le sentiment d’unité et de fraternité qui lie les Ivoiriens est très fort et va au-delà des considérations politiques, idéologiques et religieuses. Et comme l’a démontré brillamment Me Agathe Barouan, avocat de la défense, le 1er février 2016, il n’est pas rare de voir dans les familles ivoiriennes, vivre en bonne entente, des membres se réclamant de telles obédiences politiques ou de telles religions différentes les unes des autres. Mais en présentant ces contre-vérités pour justifier et soutenir une cause, Bensouda ne fait pas que simplement étaler son ignorance sur notre pays, mais elle se hasarde à déconstruire à dessein, toute sa réalité anthropologique et historique. Ainsi, pour elle, la Côte d’Ivoire n’est habitée que par deux peuples antagonistes pratiquant deux religions dans deux espaces géographiques différents[1]. Coupant le pays au 6ème parallèle juste au niveau de Bouaké, la capitale du Centre, toutes les populations vivant au Nord de cette ville sont toutes des Dioula et sont musulmanes. Et au Sud, il y a les Bhété chrétiens. Les 60 ethnies regroupées dans cinq grandes aires[2] dont on a souvent évoqué l’existence dans les enseignements scolaires et universitaires et quelque fois à la télévision nationale ainsi que la multitude de personnes pratiquant les religions dites traditionnelles ont été simplement et purement effacés au détour d’un discours à forte charge polémique. C’est sur ces affirmations erronées que logiquement, devraient spontanément réagir les intellectuels, du moins ceux qui se réclament comme tels, surtout les Anthropologues, les Historiens et les Sociologues ivoiriens. Mais jusqu’ici, point de réaction et le danger est que, si ces faussetés ne sont pas décriées, nos populations et surtout les jeunes, grâce aux média et aux réseaux sociaux, pourraient les intérioriser et les prendre pour vérité. La question qui vient à l’esprit, est de savoir, pourquoi, les intellectuels voire les universitaires ivoiriens qui se sont échinés à faire de la recherche plusieurs années durant pour enseigner des connaissances devenues des acquis[3] se taisent-ils ? Est-ce par peur du contexte politique actuel fait de dictature où les nouveaux gouvernants ne font pas mystère de leur volonté de « nettoyer » d’une manière ou d’une autre tout opposant par leurs agents sans grade ni formation appelés pompeusement Force républicaine de Côte d’Ivoire (Frci), leurs chasseurs-dozo ou police parallèle dont la présence est étouffante, leurs armées de « microbes », ces gamins-égorgeurs qui pullulent dans les rues ? Ou est-ce simplement par crainte de perdre un poste juteux ou par lâcheté en tant que membre d’une formation politique qui soutient les gouvernants actuels ? Enfin, est-ce parce qu’ils approuvent ce qui arrive à Gbagbo, un intellectuel qui dérange trop, que même si ce qu’on dit de lui ou qu’on lui attribue parce qu’il est de telle ethnie et de telle religion est faux, ils se taisent par jalousie et par mésestime ? Or, qu’est-ce qu’un intellectuel ? Quelle est sa place et son rôle dans la société ?


La discussion sur ce qu’est un intellectuel et son rôle dans la société est apparue en France à la faveur de la prise de position ferme d’Emile Zola dans ce qu’on a appelé « L’affaire Dreyfus »[4]. En effet, suite à la condamnation aux travaux forcés aux Antilles dans l’île du Diable du capitaine juif Alfred Dreyfus accusé par la hiérarchie militaire française d’avoir livré des documents à l’ennemi dans la guerre franco-allemande de 1870 soldée par la défaite retentissante de la France, Zola, romancier déjà célèbre, dont les écrits dérangeaient la bourgeoisie de l’époque qui exploitait à outrance le monde ouvrier, prit fait et cause pour le condamné. Dans une lettre intitulée « J’accuse !... » publiée dans le journal L’Aurore du 13 janvier 1898 et adressée au président Français Félix Faure, Zola prit le risque de dénoncer toute la nébuleuse qui entoura cette affaire. Son but étant d’obliger le gouvernement à agir et à réagir pour pousser à la révision de la sentence jugée sévère et injuste contre le jeune Dreyfus, sa lettre fut accueillie comme un scandale par les bonnes consciences de tout bord, notamment militaires comme civiles, monarchistes et républicains, conservateurs et révolutionnaires, bourgeois et ouvriers, etc. En plus de cette lettre, Zola organisa des pétitions - autrefois on disait manifeste - d’intellectuels de grande renommée - professeurs, étudiants, artistes, littérateurs, etc,- et réussit par ces actions à diviser toute la France, dans la campagne comme en ville, dans les familles, en deux camps : les dreyfusards et les anti-dreyfus.


« Zola qui avait agi seul, contre l’Etat, le gouvernement, l’armée et l’opinion publique, obligeait chacun à prendre position. En posant, pratiquement, par l’exemple, la place de l’intellectuel dans la cité... Zola encourageait les prises de position au grand jour », écrit Philippe Oriol, un de ses biographes.[5] Naturellement, une telle entreprise ne va pas sans risques[6]. Mais ce n’est pas pour autant que Zola ne la mena pas. Ayant une claire conscience de son rôle d’intellectuel, celui de forger les consciences à soutenir et valoriser la justice, l’égalité entre les citoyens, à promouvoir la fraternité et la paix sociale, Zola apparut comme l’un des premiers Français à mettre sa plume au service du citoyen, victime d’injustice. Il est vrai qu’avant lui, des philosophes comme Montesquieu, Voltaire et Rousseau, des littérateurs comme Victor Hugo et Lamartine etc, ont pu dénoncer avec véhémence certains travers de leur temps au point de vivre pour certains l’exil, mais leurs œuvres furent purement des sommes de réflexions humanistes. Zola fut manifestement le premier à faire de ses écrits un instrument de combat.


A sa suite, on verra, dès le début du XXème siècle l’avènement d’une nouvelle race d’écrivains qui se réclameront comme des intellectuels engagés. On dira alors d’intellectuel « l’homme cultivé qui agit « sans mandat politique », en se servant des moyens propres à son métier, dans un contexte étranger à ce dernier, et ce dans l’intérêt des affaires publiques – précisément dans l’espace public politique »[7]


C’est au regard de cette définition qu’on verra, à la faveur des guerres successives auxquelles la France fut confrontée, - la crise marocaine (1904-1911), la Première Guerre mondiale (1914-1918), les écrivains se retrouver sur le terrain de la Défense nationale cédant à la fièvre ou à l’inquiétude qui s’empara de l’opinion publique. Des grands noms comme Anatole France, Maurice Barrès, Romain Rolland, Guillaume Apollinaire, Paul Claudel, Charles Péguy, etc. marqueront les esprits en France en décelant très tôt dans la guerre une mise à mort de la civilisation et beaucoup d’entre eux exalteront l’idéal d’émancipation humaine. Après la Deuxième Guerre mondiale, lorsque la détresse s’empara à nouveau des Français suite à la défaite humiliante face aux forces armées nazi qui entrainera l’occupation, les persécutions politiques et raciales le plus souvent dans des camps de concentration, de nouveaux écrivains comme André Gide, Sade, André Breton, François Mauriac, André Malraux, etc., et particulièrement des philosophes comme Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Gabriel Marcel, etc., après avoir dénoncé l’absurdité du monde, refuseront cependant de s’abîmer dans un désespoir stérile. Ils seront reconnus comme de nouvelles consciences qui, de révoltées contre la guerre, le mal, le mensonge d’Etat, les injustices, les mécanismes de réduction de l’homme et d’asservissement de l’esprit par la propagande, les négations inacceptables de certaines races, pousseront à l’engagement dans la construction d’un monde plus humain. Le plus souvent, leurs prises de position pour défendre l’homme seul, ou l’homme en société se sont faites en dehors des chapelles politiques. Car, quand un homme est en situation, de danger, d’aliénation et d’animalisation, il y a au niveau de la conscience de tout homme et plus encore des intellectuels, du seul fait qu’on soit un homme, un appel urgent à aller vers lui, pour le secourir, pour lui (re) donner toute sa dimension d’homme. Et cela, sans parti pris de religion, d’idéologie et d’appartenance à un groupement politique. Laisser un homme s’abîmer dans le désespoir parce qu’isolé, laisser un homme mourir en invoquant des considérations politiques, philosophiques, idéologiques qu’on ne partage pas avec lui, est un crime. Se taire sur les mensonges organisés, les mensonges d’Etat ou partisans est une démission de sa qualité d’homme.


Ainsi, par exemple, pour ne pas se rendre coupable devant l’Histoire comme l’ont été des grands esprits comme Hegel, Voltaire, Kant qui ont exalté la traite négrière en dépréciant l’Homme noir jusqu’à l’animaliser, Sartre prendra, lui, la défense de ces Noirs et soutiendra leur lutte émancipatrice pendant la décolonisation. Avec Orphée noir, titre de sa préface à La nouvelle anthologie des poètes noirs de L-S Senghor parue en 1948, Sartre, se révélera comme un tiers-mondiste et un anticolonialiste.
Si donc, on retient que l’intellectuel, c’est « l’homme cultivé qui agit « sans mandat politique », en se servant des moyens propres à son métier », voire l’homme cultivé qui agit en dehors de sa chapelle politique, son action étant dictée par sa conscience à défendre la cohésion de sa communauté, au regard actuel du silence bruyant des universitaires face à la déconstruction anthropologique et historique de la Côte d’Ivoire par Bensouda sous la dictée d’Alassane Ouattara et de ses mandants européens, peut-on dire qu’il y a des intellectuels dans notre pays ? J’en doute. Sinon, ils ne peuvent pas rester là, à se taire et à regarder Bensouda semer les germes d’une prochaine déflagration sociale sur des bases ethno-religieuses montées de toutes pièces et entretenues. Le silence de ces universitaires, particulièrement les Anthropologues, les Historiens et les Sociologues aide les ennemis du pays à mettre en conflit les populations jusqu’ici paisibles de notre pays sur des désaccords artificiels. En suivant leur silence complice et coupable, on en vient à regretter la génération des Georges Niangoran Bouah, Harris Memel Fotê, Jean-Marie Adiaffi... Au temps du parti unique triomphant, où certains hommes politiques larbins, pour avoir leur place au soleil, sans rigueur morale aucune, ont tenté de faire plaisir au président Houphouët-Boigny en lui faisant croire qu’avant lui, la Côte d’Ivoire n’existait pas et que tout avait commencé avec lui, ces hommes, de vrais intellectuels, ont trouvé la force de dire la vérité sur l’histoire de notre pays et sur la réalité des hommes et des femmes qui l’habitent et le construisent dans un effort commun soutenus. Mais cette génération est peut-être morte sans enfanter de nouveaux redresseurs des contre-vérités sur notre pays.

 

[1] Elle transpose en Côte d’Ivoire, le cliché du Rwanda où deux peuples, les Tutsis et les Hutus ont été mis artificiellement en conflits sur des considérations ethno-religieuses par la France. Pour avoir été substitut du procureur du Tribunal pénal international du Rwanda, elle ne s’est pas gênée d’appliquer ce qu’elle croit général et commun à toute l’Afrique. Pour elle, il ne peut exister de conflits d’ordre idéologique du genre souverainistes contre conservateurs de l’ancien ordre dominé par la France. En Afrique, en l’écoutant, tout conflit politique ne peut s’expliquer que par des considérations ethno-religieuses.

[2] Il s’agit des Mandé, des Gur ou voltaïques, des Akan, des Krou et des Lagunaires

[3] Après les balbutiements des années 1960, l’historiographie des peuples de Côte d’Ivoire devient plus nette à partir de 1970 et est bien fournie dans les années 1980. A partir de cette dernière année, anthropologues, archéologues et historiens se sont accordés sur des chronologies précises, sur des contenus élaborés à partir de sources variées et sur des méthodes qui ont rendus dynamique la connaissance de l’histoire des peuples de Côte d’ivoire, leur migration, leurs modes d’occupation de l’espace, leurs productions intellectuelles, matérielles, économiques et artistiques ainsi que leurs organisations politiques et sociales. Des synthèses ont été faites et des ouvrages de vulgarisation sous forme de manuels scolaires, ont été réalisés. Ce sont des acquis qu’on ne peut pas venir détruire au détour d’une plaidoirie pour satisfaire une vision et une cause. (Cf à ce propos les quatre volumes du Mémorial de la Côte d’Ivoire, édit. A.M.I. Abidjan, 1989 et l’ouvrage de Pierre Kipré, Côte d’Ivoire. La formation d’un peuple, SIDES/IMA, Paris 2005

[4] Selon Habermas, le terme intellectuel a été créé dans le contexte français de l’affaire Dreyfus. (Habermas, Ecrits politiques. Culture, droit, histoire, Flammarion, Paris, 1999, p.35.)

[5] Philippe Oriol, « J’accuse!... ». Emile Zola et l’Affaire Dreyfus, Librio, Paris, 1998, p. 11.

[6] Zola sera fait prisonnier sur ordre du gouvernement, jugé et condamné. Par la suite, il connaîtra l’exil et une mort atroce jamais élucidée. Mais il a été admis au panthéon des grandes figures qui ont marqué la France.

[7] Habermas, citant Anatole France, op.cit. p.35

 

Lazare KOFFI KOFFI. 

09 février 2016

Côte d’Ivoire : mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, la justice burkinabè persiste et signe

8157425-12731021.jpgLa justice militaire burkinabè a déclaré lundi, lors d'une conférence de presse à Ouagadougou, que ses juges n'avaient aucune intention de lever le mandat d'arrêt international émis contre Guillaume Soro dans le cadre de l'enquête sur la tentative de coup d'État, mi-septembre.

Pas question de lever le mandat d’arrêt international émis le 8 janvier contre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro. C’est, en substance, le message transmis lundi 8 février à la presse par le lieutenant-colonel Norbert Koudougou, procureur du tribunal militaire de Ouagadougou en charge de ce dossier brûlant. Depuis quelques jours, de nombreuses rumeurs faisaient état de pressions du pouvoir politique sur les juges d’instruction afin de lever leur mandat d’arrêt contre la deuxième personnalité de l’État ivoirien, dont l’implication supposée dans la tentative de coup d’État contre le régime de transition burkinabè, mi-septembre, empoisonne les relations entre le Burkina et la Côte d’Ivoire depuis plusieurs mois.

« Personne n’a demandé à un juge d’instruction de lever un mandat d’arrêt. Il n’y a eu aucune pression pour lever le mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, a martelé le lieutenant-colonel Koudougou. Le juge d’instruction travaille en toute indépendance. Le succès de l’instruction c’est le succès de toute la procédure et le juge d’instruction qui a posé un acte ne peut lui-même l’annuler ou le retirer du dossier. » Le procureur a ajouté que toutes les précautions avaient été prises pour que la validité de la procédure ne soit pas remise en cause « lorsque les bruits ont commencé à courir derrière ces mandats ».

Gilets par balles, grenades lacrymogènes et hélicoptère

Le lieutenant-colonel Norbert Koudougou a également précisé que la justice militaire n’avait pas « encore pu
authentifier » les écoutes téléphoniques qui impliqueraient Guillaume Soro et Djibrill Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, dans une tentative de soutien opérationnel et financier aux putschistes de l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP).

Comme l’indiquait Jeune Afrique, les juges d’instruction burkinabè veulent en effet d’abord entendre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne sur deux points : la découverte de 300 gilets pare-balles et de grenades lors d’une perquisition à son domicile de Ouagadougou, début octobre, et l’aller-retour d’un hélicoptère de l’armée de l’air burkinabè entre Ouaga et la petite ville de Niangoloko, près de la frontière ivoirienne, le 19 septembre, deux jours après la prise du pouvoir par le général Gilbert Diendéré. L’appareil avait récupéré des caisses de grenades lacrymogènes et une valise auprès de véhicules venus de Côte d’Ivoire.

Un seul mandat d’arrêt exécuté sur dix-huit 

Le procureur Koudougou a aussi profité de cette conférence de presse pour faire le point sur les autres dossiers traités par le tribunal militaire. D’après lui, 63 personnes (46 militaires et 17 civils) ont été inculpées pour leur rôle dans la tentative de coup d’État de mi-septembre et 9 autres (dont 6 en détention) dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Thomas Sankara.

En tout, 18 mandats d’arrêts ont été émis par le pool de juges d’instruction (composé de deux militaires et d’un civil) du tribunal militaire. Seize sont liés au putsch manqué et deux à l’affaire Sankara, dont celui visant Blaise Compaoré. Sur ces 18 mandats d’arrêts, un seul a été exécuté : celui visant le général Gilbert Diendéré, interpellé début octobre après l’échec de son coup d’État contre le régime de transition.

 

JEUNE AFRIQUE

05 février 2016

L'hommage du quotidien français Médiapart à Gbagbo

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Entre son arrestation sous les bombes françaises le 11 avril 2011 et son transfert à la Cour pénale internationale à La Haye, durant ses huit mois de détention à Khorogo, il n'y avait guère que de simples citoyens ivoiriens, camerounais et autres Africains à le défendre sans relâche. Dès le 16 avril 2011, ils manifestaient à Paris, place de la Bastille, pour lui crier leur solidarité.

Quant aux rares personnalités politiques ayant pris sa défense avant sa chute, elles s'étaient alors murées dans le silence pour ne pas déplaire à la France, qui fêtait en une grande pompe l'avènement de son préfet nègre réintégrant la Côte d'Ivoire dans le giron françafricain d'où Laurent Gbagbo avait péniblement tenté de l'en extraire. La Côte d'Ivoire était revenue à son point de départ.

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Côte d'Ivoire : le régime Ouattara avoue (par maladresse) ses fraudes électorales (Blog de Theophile Kouamouo)

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Le menteur se prend toujours les pieds dans le tapis de ses propres mensonges. Lors du premier Conseil des ministres de l'ère Ouattara II, en Côte d'Ivoire, le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, a avoué quasi-ouvertement que des fraudes électorales ont eu lieu dans les provinces septentrionales du pays à la faveur de l'élection présidentielle du 25 octobre dernier. Soucieux de convaincre son auditoire (et la communauté internationale) que le taux de participation réel n'était pas si bas que cela, il a révélé des statistiques sur le nombre de morts qui demeurent sur la liste électorale en raison de « l'apurement » incomplet de celle-ci.

Ces morts représenteraient, a-t-il dit [regardez cette vidéo, autour de 18'10 »] environ 10% du corps électoral. A priori, ces morts sont plus ou moins équitablement répartis sur l'ensemble du territoire national. Ils doivent même être sur-représentés dans les zones rurales et déshéritées du nord du pays, où la pauvreté et la malnutrition sont plus élevées, et où la prise en charge sanitaire des populations est plus faible.

Theophile Kouamouo

03 décembre 2015

Côte d’Ivoire : l’armée attaquée dans l’Ouest, au moins 6 morts

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Près de la frontière libérienne, des membres des FRCI ont été attaqués par des hommes armés non identifiés dans la nuit de mardi à mercredi. Bilan : au moins six soldats tués, selon plusieurs sources.

Une position de l’armée ivoirienne a été lourdement attaquée par surprise dans la nuit du 1er au 2 décembre, dans la localité de Olodjo (région de Grabo), non loin de la frontière libérienne. Selon plusieurs sources, le bilan provisoire fait état d’au moins 6 tués dans les rangs des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), quatre chez les assaillants, et plusieurs blessés.

Au cours de la journée du 2 décembre, les communications étant mauvaise dans cette zone de forêt dense, un hélicoptère a été envoyé sur place pour faire un premier bilan. « L’attaque a été lancée par surprise, les assaillants sont arrivés du côté du Liberia. On a eu des hommes à terre, nous avons fait aussi des morts dans le camp des assaillants », a confié à Jeune Afrique un commandant ivoirien.

Contacté à Abidjan, le ministère de la Défense était injoignable pour le moment. C’est la première attaque dans la région ouest depuis plusieurs mois. Olodjo abrite une caserne des forces spéciales ivoiriennes engagées dans la lutte contre le jihadisme dans le nord du pays.

 

SOURCE : JEUNE AFFRIQUE

12 juin 2014

La CPI confirme les 4 charges contre Laurent Gbagbo (officiel)

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Ce 12 juin 2014, la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a confirmé, à la majorité, quatre charges de crimes contre l’humanité (meurtre, viol, autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – tentative de meurtre, et persécution) à l’encontre de Laurent Gbagbo et l’a renvoyé en procès devant une chambre de première instance. La Chambre préliminaire I est composée de la juge Silvia Fernández de Gurmendi, juge présidente, du juge Hans-Peter Kaul, et de la juge Christine Van den Wyngaert, cette dernière ayant adopté une opinion dissidente.

Laurent Gbagbo, ancien Président de la Côte d’Ivoire, a été remis à la CPI le 30 novembre 2011 et sa première comparution devant la Chambre préliminaire a eu lieu le 5 décembre 2011. Suite à l’audience de confirmation des charges (tenue du 19 au 28 février 2013), la Chambre préliminaire I a, à la majorité, ajourné l’audience et demandé au Procureur d’envisager de fournir des preuves supplémentaires ou de mener de nouvelles enquêtes concernant les charges portées contre Laurent Gbagbo. Conformément à un calendrier établi, la Chambre a reçu des éléments de preuves supplémentaires et des observations du Procureur, de la Défense et du Représentant des victimes.

La Chambre préliminaire I a soigneusement examiné tous les éléments de preuve soumis par les parties, qui comprenaient les déclarations de 108 témoins, plus de 22 000 pages d’autres preuves documentaires, ainsi qu’une grande quantité de matériel audio et vidéo. La Chambre a conclu qu’ il y avait des motifs substantiels de croire que Laurent Gbagbo est pénalement responsable de quatre chefs de crimes contre l’humanité que constituent le meurtre, le viol, les autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – la tentative de meurtre, et la persécution perpétrés à Abidjan, Côte d’Ivoire. Ces actes auraient été perpétrés entre le 16 et 19 décembre 2010 pendant et après une marche de partisans d’Alassane Ouattara qui se rendaient au siège de la Radiotélévision Ivoirienne (RTI), le 3 mars 2011 lors d’une manifestation de femmes à Abobo, le 17 mars 2011 par bombardement au mortier d’un secteur densément peuplé d’Abobo, et le 12 avril 2011 ou vers cette date à Yopougon.

M. Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle pour ces crimes contre l’humanité, conjointement avec les membres de son entourage immédiat, et par l’intermédiaire des forces pro-Gbagbo (article 25(3)(a) du Statut), ou à titre subsidiaire, en ordonnant, sollicitant ou encourageant la commission de ces crimes (article 25(3)(b) du Statut de Rome), ou à titre subsidiaire, en contribuant de toute autre manière à la commission de ces crimes (article 25(3)(d) du Statut).

Sous réserve du droit du Procureur et de la Défense de demander l’autorisation d’interjeter appel, la Présidence de la CPI constituera une chambre de première instance en temps utile.

 

SOURCE : Connectionivoirienne

13 janvier 2014

Un documentaire sur Gbagbo interdit de diffusion au Cameroun

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La production du réalisateur camerounais Saïd Mbombo Penda entend dévoiler l’autre face cachée de l’ancien chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo.

La première projection  publique du documentaire «Laurent Gbagbo : despote ou anti-néocolonialiste…le verbe et le sang» a tourné court. Le réalisateur Saïd Mbombo Penda a été prié de congédier les journalistes ainsi que les autres invités conviés à cette avant première samedi 11 janvier à l’hôtel Lewat de Douala. «Les éléments de la direction de la sécurité du territoire sont arrivés et m’ont indiqué que la hiérarchie a interdit cette projection.» Le journaliste et réalisateur de cette production affirme également avoir échangé avec le directeur régional de ce corps de renseignement qui se serait montré assez ferme dans l’application de cette mesure. Le film proposé par Saïd Mbombo Penda se propose de dévoiler l’autre visage de l’ancien chef d’Etat de la Côte d’Ivoire. Un visage aux antipodes de la perception qu’une grande partie de l’opinion africaine garde du prisonnier de La Haye. «Nous voulons, à travers les témoignages des acteurs et les déclarations de l’ancien président ivoirien lui-même, montrer comment Laurent Gbagbo a usé de populisme et de démagogie pour exacerber les tensions communautaires dans son pays.» Une attitude qui, à en croire le réalisateur de ce documentaire aurait renforcé l’exclusion des populations du Nord de la Côte d’ivoire.

A l’observation, le documentaire que propose Saïd Mbombo Penda questionne le panafricanisme de l’ancien chef de l’Etat ivoirien. A ce propos, le réalisateur  constate «avec regret que des milliers de ressortissants des pays africains ont été tués par des forces sous le contrôle de l’ancien chef de l’Etat ivoirien.» Tout comme le réalisateur déplore le peu d’engagement de Laurent Gbagbo dont la politique, à en croire Saïd Mbombo Penda serait «aux antipodes  de celles des vrais panafricanistes comme le Ghanéen Kwame Nkrumah ou son homologue malien Modibo Keïta qui ont osé inscrire dans les constitutions de leur pays des dispositions les autorisant à renoncer à la souveraineté de leurs Etats au profit d’un Etat unitaire d’Afrique.»

Nul doute que la popularité dont jouit l’ancien chef d’Etat ivoirien au Cameroun et dans de nombreux Etats de l’Afrique subsaharienne est à l’initiative de la production que propose l’ancien journaliste de la Bbc. Saïd Mbombo Penda explique que «En réalité, en feignant une posture anti-française de façade, Laurent Gbagbo a simplement bluffé le peuple camerounais et une grande partie de l’opinion africaine.» Des peuples assoiffés d’une indépendance concrète de l’Afrique. La même source indique que, «pendant des années de pouvoir non seulement il (Laurent Gbagbo, Ndlr) n’a posé aucun acte fort qui aurait permis d’affirmer la volonté de rupture de son régime d’avec la France.»

Saïd Mbombo Penda : «La France a aidé Gbagbo à arriver au pouvoir malgré les protestations de Ouattara et Bédié»

Le réalisateur revient sur les contours de sa production artistique

Qu’est-ce qui motive la production d’un documentaire sur l’ancien chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo?

En tant que journaliste qui joue un rôle de sentinelle, j’ai pensé qu’il est important de dévoiler le gros mensonge et la monstrueuse escroquerie Laurent Gbagbo. Au delà de la perception populaire, ce monsieur qui jouit d’une trop grande célébrité au Cameroun, ce qui est le contraire dans son pays la Côte d’Ivoire a abusé des Camerounais et de nombreux Africains. L’imposture Gbagbo a beaucoup prospéré au Cameroun et parfois même grâce aux Camerounais. Pour ma part, ce n’est que justice que l’action qui fait tomber le masque vienne plutôt d’un citoyen africain originaire du Cameroun. Je suis panafricaniste et je rêve du jour où je pourrais brandir mon passeport africain.

L’on pourrait vous opposer le fait que Gbagbo n’est pas le seul chef d’Etat africain à faire le jeu des intérêts français ?

Mon film est une mise en garde adressée à tous. A tous les marchands d’illusions comme Laurent Gbagbo qui devraient  savoir  que, quel que soit le bel habillage du mensonge qu’on peut servir aux Camerounais, il se trouvera toujours quelques hommes et femmes dans ce pays de grands hommes pour dévoiler la supercherie. Il faut par ailleurs admettre que l’ingérence française est encore très présente en Afrique. C’est une situation différente dans les anciennes colonies anglaises. On est fondé de dire que la France va souvent par la porte pour revenir par la fenêtre.

Quel parallèle peut-on faire entre la crise centrafricaine et la situation que la Côte d’Ivoire a connue ?

La réalité c’est que c’est la France qui a aidé Gbagbo à arriver au pouvoir malgré les protestations de Ouattara et Bédié. C’est la France qui, au cours de cette période, impose aux protestataires d’accepter Laurent Gbagbo. Donc il faut reconnaitre que la France a finalement joué un rôle important dans la crise ivoirienne. On est passé à côté d’un génocide qui aurait été pire que celui du Rwanda. 

En Centrafrique, on a bien l’impression que c’est tout le contraire. A l’observation, l’opération française a été très mal engagée. La France y est allée dans la précipitation. Nous sommes effectivement dans une situation où les Centrafricains peuvent penser, à juste titre, que l’armée française est venue défendre les chrétiens au détriment des musulmans. C’est une situation que la France doit corriger au risque de se retrouver dans une situation pire que celle que les Etats-Unis ont connue en Somalie. Il faut remarquer que les musulmans de Centrafrique qui sont bien Armés peuvent compliquer cette situation et rendre le pays invivable.

Entretien avec Joseph OLINGA N

Pourquoi souhaitent-ils tripatouiller la Constitution ? Ouattara est-il éligible ou pas ?

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Le Chef d’état ivoirien avait annoncé ses intentions de renouveler son mandat depuis l’année dernière. Il avait annoncé qu’il fut incapable de redresser l’économie du pays et avait profité du micro pour annoncer ses intentions pour un second mandat. En violations flagrantes des textes de son parti, exigeant la tenue d’un congrès avant l’annonce de l’identité du candidat du parti, M. Ouattara s’est positionné comme le futur candidat du RDR au sein du RHDP. Depuis lors, il multiplie les actions sur le terrain comme le financement du Congrès du PDCI-RDA, un allié de taille au sein du groupement politique le RHDP,  du 3 au 5 Octobre 2013. Le RDR souhaite s’assurer du soutien de ce parti pendant les échéances de 2015. En Décembre 2013, il eut aussi le soutien de Mabry Toikeuse de l’UDPCI à hauteur de 1%. Il n’est pas certain qu’il obtienne le soutien du MFA d’Anaky Kobena, rentré en rébellion contre ses alliés d’hier.

Avec le soutien du PDCI-RDA et de l’UDPCI, le RDR venait de couper les herbes sous les pieds du FPI, tentant dans un élan de sursaut national, s’allier au PDCI-RDA par le truchement de MM. KKB et de Djédjé Mady.


Pour l’instant, le PDCI-RDA  n’a pas de candidat pour les échéances de 2015. Le Président de ce parti devient de facto le candidat du parti, parti ayant promis la candidature unique du RHDP, celle de M. Ouattara.

Aussi, certains faucons du parti s’activent afin d’imposer un candidat du parti en 2015. Qui aura le dernier mot dans ce bras de fer entre M. Bédié et les rebelles du PDCI-RDA ? L’on le saura bientôt.

Pour l’instant, M. Ouattara continue son bout de chemin inéluctablement vers les élections. A cet effet, il avait invité les partis politiques représentés au sein du Cadre Permanent de Concertation, à une réunion de haut niveau, le Jeudi 9 Janvier 2014. Le FPI était le grand absent de cette rencontre. Il exige la libération du Président Gbagbo avant la tenue d’élections.

La Côte D’Ivoire a-t-elle réuni les conditions pour des élections libres, justes, démocratiques et ouvertes à tous ? Nous y reviendrons. Pour l’instant, pourquoi l’inéligibilité de M. Ouattara refait-elle surface ? Qu’est-ce qui coince ?

Le FDRC vous propose la raison de ce blocage à travers le discours du Président Gbagbo en date du 18 Avril 2005, publié dans Afrik53 du Vendredi 10 Janvier 2014 :

« Gbagbo : « Pourquoi j'ai fait de Ouattara et de Bédié des candidats exceptionnels »

Au moment où le débat sur l'éligibilité de Ouattara refait surface, au moment où le RDR veut noyer le débat dans la marre de l'ivoirité, voici pour mémoire le discours du Président Laurent Gbagbo, le 28 AVRIL 2005, à l’époque des faits, sur le sujet.

Pour la paix, Laurent Gbagbo s’est obligé à faire des sacrifices incroyables. Cela parfois, en violation de la Constitution du pays. Alors que Bédié et Alassane Ouattara étaient forclos pour la présidentielle 2010 conformément à loi fondamentale, Gbagbo a accepté de faire des deux personnalités des candidats exceptionnels. Dans ce discours qu’il a prononcé le 28 avril 2005 après la signature des accords de Pretoria, il donne les raison de sa décision. 

Ivoiriens, Ivoiriennes, 
Mes chers compatriotes. 
Chers amis de la Côte d’Ivoire 

Le 19 septembre 2002, notre pays, la Côte d’Ivoire, a été agressée. Les assaillants, une fois repoussés hors d’Abidjan, se sont installés à Bouaké et dans plusieurs villes du pays, au Nord et à l’Ouest. Ils ont ainsi transformé un coup d’Etat manqué en une rébellion armée qui a plongé le pays dans la plus grave crise de son histoire. 

Depuis le début de cette crise, je vous ai régulièrement rendu compte de l’évolution de la situation, des obstacles rencontrés sur le chemin de la restauration de la paix et des multiples malentendus qui ont surgi autour des voies et moyens pour parvenir à la normalisation. Je vous ai également écouté avant de prendre les décisions qui engagent l’avenir de notre pays. 

Malgré les déceptions que nous avons connues, je n’ai, pour ma part, jamais douté de l’issue de ce conflit auquel notre Nation a déjà payé un trop lourd tribut. Dès mon retour d’Italie, le 22 septembre 2002, j’ai clairement opté pour la voie de la négociation. 

J’ai accepté, au nom de la Côte d’Ivoire, de négocier non seulement avec ceux qui ont pris les armes contre la mère patrie mais aussi de placer, dès le départ, ces négociations sous l’égide de la communauté internationale.

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CPI : La défense de Gbagbo gagne deux semaines supplémentaires pour démonter les charges du procureur.

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Le 17 décembre 2013, la Chambre préliminaire I rendait sa décision établissant un calendrier pour conclure la phase préliminaire de la procédure dans l’affaire « Le procureur contre Laurent Gbagbo ». Ainsi il a été demandé au Procureur, entre autres, de présenter le lundi 13 Janvier 2014 son document amendé contenant les charges ( le « DCC ») et la liste modifiée des preuves. Aussi, la Défense a été soumise, entre autres, de présenter elle aussi ses propositions d’expurgation, le cas échéant, (…) au plus tard le même lundi 13 Janvier 2014 » et de « présenter ses observations sur les éléments de preuve du Procureur et de divulguer au Procureur les éléments de preuve qu’elle entend présenter, le cas échéant.
Enfin la défense fut soumise de déposer sa liste modifiée des preuves par écrit le jeudi 13 Février 2014.
Mais le mardi 7 Janvier dernier, la Défense a présenté une requête demandant que le délai pour la présentation des demandes de suppressions et mesures de protection { ” Demandes d’expurgation et Demandes de Mesures de protection ») soit prorogé jusqu’au 6 Février 2014 au lieu du 13 janvier 2014.
Dans cette requête, la Défense soutient qu’elle sera informée de la teneur des charges dans le DCC modifié et la liste des éléments de preuve du Procureur que le lundi, 13 Janvier 2014. Elle a donc besoin de faire une comparaison entre l’ancien DCC du 17 janvier 2013 et le nouveau DCC du 13 janvier 2014.
La Défense qui s’attend à ce que les faits seront certainement reformulés, en tout cas, présentés différemment soutient qu’il lui faudra du «temps et des facilités nécessaires “, au sens de l’article 67 ( l) ( b ) du Statut de Rome, à ( i ) pour analyser le DCC modifié et la preuve du ministère public en vue d’identifier les forces et les faiblesses de cette dernière présentation des preuves du Procureur. La défense soutient que ce temps est nécessaire pour mener de nouvelles enquêtes en Côte d’ivoire et présenter des demandes d’expurgation et de mesures de protection, nécessaire pour la présentation de ses éléments de preuve, comme prévu à l’article 61 ( 6 ) ( c ) du Statut .

En réponse à cette nouvelle requête de la défense, la Chambre préliminaire I dans sa décision de ce jour vendredi 10 janvier 2014, convient que cette circonstance nouvelle nécessite effectivement une bonne préparation de la part de la Défense en vue d’être en mesure d’exercer ses droits en vertu de l’article 61 ( 6 ) du Statut . Mais, ajoute la chambre préliminaire I, la défense ayant déjà reçu depuis la dernière audience de confirmation des charges la plupart des éléments de preuve sur lesquels le Procureur s’appuiera pour la confirmation des charges nouvelles, c’est seulement le DCC modifié et les pièces connexes de preuves qui soutiennent prétendument chacune des allégations des faits qui seront notifiés à la Défense . Aussi, la Chambre considère que, dans ce cas particulier, la Défense peut peut-être avoir besoin de plus de temps pour organiser la présentation de la preuve, y compris les demandes antérieures d’expurgation, si nécessaire. En outre, la Chambre n’est pas convaincue par l’argument principal de la défense qu’elle peut commencer de nouvelles enquêtes suite à la présentation du DCC modifié le 13 Janvier 2014.
Enfin, à la lumière de ce qui précède, « la Chambre accorde une prorogation du délai de deux semaines jusqu’au lundi 27 Janvier 2014, à la défense pour présenter ses propositions motivées de suppressions, le cas échéant, conformément à l’article 81 du Règlement ».

Philippe Kouhon/ Diaspo Tv
Mail : pkouhon@gmail.com
Tél : 0647736264