17 mai 2012
CPI : Ocampo et Fatou Bensouda vient d’annoncer, qu’il n’appellera pas de témoins à la barre durant les audiences du 18 au 29 juin prochain

Du lundi 18 juin au vendredi 29 juin 2012, se tiendra à la Haye (Pays-Bas) l’audience de non-confirmation ou de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo, ex président de la république de Côte-d’Ivoire, détenu depuis bientôt 6 mois dans la prison de Scheveningen (La Haye).
Selon l’acte d’accusation de la CPI
« Laurent Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité :
-meurtres
-viols et d’autres violences sexuelles
-actes de persécution
-autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences postélectorales survenues sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011″
Contrairement aux « intox » véhiculées en cadences régulières par certains medias en France et en Côte-d’Ivoire, les préparatifs techniques des audiences s’effectuent loin du tohu-bohu médiatique, dans lequel vérités et mensonges sont trop souvent mélangés à souhait dans le but de manipuler l’opinion ou de faire de bons chiffres de ventes.Dans le cadre de ces préparatifs, le bureau des procureurs Ocampo et Fatou Bensouda vient d’annoncer, qu’il n’appellera pas de témoins à la barre durant les audiences du 18 au 29 juin prochain. Cette information, selon nos sources, a été communiquée à la chambre préliminaire III présidée par la juge Fernandez de Gurmendi, le 14 mai dernier. Le procureur « ne souhaite pas appeler de témoins viva voce », suite à la requête de la cour en date du 4 mai, demandant aux différentes parties de la tenir informée de la présence physique de témoins à la barre.
Délai prolongé pour la défense de Gbagbo
Contrairement à l’accusation, « la Défense du Président Gbagbo » a plutôt introduit une: « Requête en vue d’une prorogation de délais pour la soumission d’informations relatives à la présentation de témoignages viva voce (direct, oral) lors de l’audience de confirmation des charges ». Une demande, dans une décision rendue public hier mardi 15 mai 2012, « exceptionnellement » accordée jusqu’au 23 mai par la juge unique Silvia Fernandez de Gurmendi. Le délai initial était le 14 mai. La « Défense du Président Gbagbo » devra par ailleurs informer la cour du temps estimé nécessaire à l’audition des différents témoignages. La Défense devait en principe aujourd’hui 16 mai, recevoir des mains du procureur de la Cour pénale internationale (Cpi), le document officiel et définitif contenant les éléments de preuves des charges retenues contre leur client.
Par ailleurs, selon La Lettre du continent dans son dernier numéro à paraitre n°635 datée du 17 mai: « la CPI va élargir ses mandats d’arrêt. En plus de Laurent Gbagbo, de nouvelles personnalités, y compris du camp d’Alassane Ouattara, pourraient à leur tour être prochainement poursuivies »
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Dossier Spécial : Sarkozy, de la présidence à la prison
Le dimanche 6 mai 2012, jour béni du Seigneur, le monde entier et surtout de nombreux africains dont une grande majorité d’ivoiriens, de libyens de maliens se sont réjouis de la défaite de Nicolas Sarkozy, le Président que les français se sont trompés de choisir en 2007. Pendant ce mandat, les prérogatives qui étaient les siennes lui ont permis d’exceller, pour un temps, impunément, dans les affaires les plus sales (Karachi, Béthencourt, Libye…) mais aussi et surtout de tuer par milliers, sans remord ni crainte, d’innocentes victimes ivoiriennes, libyennes et maliennes.
Merci donc à ces centaines de milliers d’africains qui n’ont pas cessé, pendant cette campagne électorale de montrer au monde la hideuse face de voyou, de bandit, de criminel de ce Président français. Pendant sa campagne électorale, il a mis tout en œuvre, allant jusqu’à flirter avec les thèses proches du nazisme de l’extrême droite française, pour espérer obtenir un 2ème mandat. Sarkozy affirmait « que le Président de la République n’est pas un homme normal»; en effet, Sarkozy est exceptionnellement d’une moralité semblable à celle des plus grands mafiosi, pire, l’auteur de milliers de crimes gratuits.
Avant même d’accéder à la magistrature suprême, Sarkozy s’est bel et bien illustré dans des affaires sales afin d’obtenir des ressources nécessaires au financement de la campagne de Balladur dont il était très proche. Peut-on penser que des ressources puissent être collectées pour la campagne d’un potentiel Président sans qu’un de ses proches lieutenants ne soit informé? Il a été sûrement un des acteurs actifs des rétrocommissions issues de la vente des sous-marins français au Pakistan. N’ayant donc pas respecté ses engagements vis-à-vis des pakistanais, il a occasionné en représailles, l’attentat de Karachi qui a coûté la vie à plus de dix français.
Voici un Président qui, pour ses propres intérêts électoralistes, n’a pas hésité à sacrifier la vie de certains de ses compatriotes. Il s’est fondé sur des ressources illicites pour essayer d’offrir la Présidence de la République à son candidat. Heureusement que ce dernier n’a pas été retenu par le peuple français. Sinon, déjà sous le règne de Balladur et non de Chirac, avec certainement, Sarkozy comme Premier Ministre, des bombes et des missiles seraient tombés plus tôt sur les têtes d’innocentes personnes.
Maintenant qu’il n’est plus Président, il doit rendre compte à la justice de cette affaire de Karachi; les seconds couteaux devant s’effacer au détriment du principal acteur de cette ténébreuse affaire.
S’agissant de l’affaire Béthencourt, Eric WOLF, le fusible est toujours aux prises avec la justice française. Il s’agissait, rappelons-le, de fonds occultes versés par Madame Béthencourt pour financer la campagne présidentielle de 2007 au profit du candidat Nicolas Sarkozy.
Voici un homme qui a toujours trempé dans les affaires sales de la République pour accéder à des postes de responsabilité car même si, son candidat Balladur n’a pas été élu par les français, Chirac s’est senti obligé de retenir son homme de main, Sarkozy. C’est ainsi qu’il a pu occuper plusieurs postes ministériels sous le règne de Chirac jusqu’à convoiter et se faire avaliser par l’UMP comme candidat à l’élection présidentielle de 2007.
Si Sarkozy a été Président, il le doit aux concours financiers obtenus illicitement dans les affaires sales de Karachi, de Béthencourt et aussi et surtout de Kadhafi.
En effet, un des fils de Kadhafi, un de ses Premiers Ministres et bien d’autres témoins affirment que le Guide libyen a soutenu la campagne 2007 de Sarkozy avec plus de 50 millions de dollars US. Se sachant dévoilé et pour éviter toute humiliation susceptible d’empêcher sa candidature ou de le faire perdre en 2012, Sarkozy s’est empressé de chasser Kadhafi du pouvoir, en prenant la tête de l’OTAN et des rebelles libyens, en prétextant un manque de démocratie dans ce pays. Et pourtant c’est bien cet homme qui recevait en toute pompe Kadhafi en France.
Pour Nicolas Sarkozy, tuer en politique est logique et normal; c’est pourquoi, il a fait assassiner impunément (en tout cas jusqu’à ce jour), le Guide libyen. Quelle ingratitude et quelle cruauté!
C’est pour couvrir sa honte après avoir été démasqué par Médiapart, que Sarkozy dit porter plainte contre cette entreprise de presse. En réponse, Médiapart vient à son tour d’ester en justice Sarkozy. C’est tant mieux; car maintenant qu’il n’est plus Président de la République, il devra répondre de ses nombreux et grossiers mensonges devant les tribunaux. En effet, si Président, il n’était pas un homme normal selon ses dires, aujourd’hui il est redevenu un homme comme les autres, «un citoyen parmi les citoyens». Vivement donc que les
tribunaux se prononcent au plus vite, pour conduire ce voyou, ce bandit en prison. Sarkozy ne doit pas être condamné seulement pour ces mensonges itératifs mais aussi et surtout, pour ces nombreux crimes. Que sa fonction précédente ne trompe point le monde, c’est un criminel de grands chemins, d’une dimension proche de celle d’Hitler. Ce que Mitterrand, Chirac, n’ont pas voulu faire, Sarkozy le criminel, l’a réalisé affreusement. Il a mis fin à la vie de milliers d’innocentes personnes.
En Côte d’Ivoire, après l’élection du Président GBAGBO en 2010 et devant son refus logique de céder le pouvoir à Ouattara, Sarkozy ce Président criminel a donné l’ordre à ses rebelles de reprendre la guerre livrée à ce pays. Il a alors actionné ses réseaux mafieux de l’ONU pour justifier, selon lui, son intervention armée en territoire étranger. Il a donc, à l’aide des rebelles hétéroclites de son ami Ouattara, des mercenaires de la sous-région, des soldats de l’ONUCI et de ses soldats de la Licorne, tué des milliers de jeunes ivoiriens et même des français opposés aux thèses Sarkozyennes dont Philippe Remond , pour imposer Ouattara aux ivoiriens.
En effet, Sarkozy a réarmé, malgré l’embargo, les rebelles du couple Soro-Ouattara et leur a apporté un soutien logistique pour faciliter leur descente sur Abidjan. Constatant l’incapacité de ses poulains à atteindre ses objectifs démoniaques, Sarkozy s’est trouvé dans l’obligation de mener, par son armée, une guerre lâche, ouverte et totale contre Gbagbo.
Il est donc aussi coupable du génocide Wè de Duékoué (1000 morts, selon la presse française). C’est lui qui a donné l’ordre de pilonner à l’aide de bombes et de missiles la résidence officielle du Président GBAGBO, une résidence devant laquelle étaient rassemblés des milliers de jeunes ivoiriens et à l’intérieur de laquelle se trouvaient hommes, femmes, vieillards et enfants. Sarkozy, pour renverser le Président n’a pas hésité un seul instant à massacrer ces milliers de personnes qui formaient un bouclier humain devant cette résidence; et cela au vu et au su de l’ambassadeur de France dont la demeure est voisine.
Il faut que cet ex-Président voyou, bandit, criminel soit traduit devant les juridictions compétentes. Et comme la France, par orgueil, ne voudra pas inculper son ancien Chef d’Etat, il appartient aux personnes physiques et morales (ivoiriennes, libyennes, maliennes, syriennes) victimes de ces crimes de porter plainte à la Cour Pénale Internationale. Il serait fort recommandé que le CNRD, le FPI et tous les groupements politiques des pays mentionnés ci-dessus, dont les ressortissantants ont été massacrés par Sarkozy, prennent officiellement attache avec les tribunaux compétents pour y traduire, au plus vite, ce scélérat.
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Vidéo du jour. Quand Sarko menacait de «flinguer» nos chefs d'états
« Sarkozy a menacé de mort les présidents africains qui souhaitaient négocier avec Kadhafi»
Lors d’une émission sur Africa 24, M Kofi Yamgnane, homme politique franco-togolais, a fait une déclaration fracassante sur Nicolas Sarkozy.
Kofi Yamgnane fut secrétaire d'État chargé de l'Intégration auprès du ministre français des affaires sociales et de l'intégration de 1991 à 1993, conseiller régional de Bretagne de 1992 à 1997 et député socialiste du Finistère lors de la XIe législature de 1997 à 2002.
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FRANCE / COLONISATION : FRANÇOIS HOLLANDE ÉPINGLÉ APRÈS SON HOMMAGE À JULES FERRY.
Investi ce mardi 15 mai 2012 à la présidence de la république française, François Hollande a déclenché la polémique en rendant hommage à Jules Ferry. Fondateur de l’école publique gratuite et laïque, l’ancien ministre était aussi un fervent défenseur de la colonisation et des thèses raciales.

Fondateur de l'école républicaine, Jules Ferry est aussi un fervent défenseur des thèses raciale.
Quelques heures à peine après son investiture a la présidence de la République, François Hollande a déclenché sa première polémique. En cause ? Un hommage rendu ce mardi 15 mai 2012 à Jules Ferry, devant la statue de l'illustre ministre de la IIIè République, juste après la passation de pouvoir avec Nicolas Sarkozy.
Ancien ministre de l’Instruction publique (1832-1893), instigateur des lois sur l'école « gratuite, laïque et obligatoire », Jules Ferry a transmis un héritage que personne ne saurait renier. Sauf que, dans les médias et sur les réseaux sociaux, les commentateurs se sont hâtés d’évoquer la part sombre de l’homme du XIXè siècle. Fervent défenseur de la colonisation française, adeptes des théories raciales, Jules Ferry a de quoi faire couler beaucoup d’encre.
Luc Ferry, ministre de l’Education entre 2002 et 2004, n’a pas tardé à rappeler ces réserves sur son homologue (aucun lien de parenté, cependant !) sur les ondes de « France Inter ». Jules Ferry fut « non seulement un grand colonisateur, mais c’est quelqu’un qui fonde la colonisation sur une vraie théorie raciste. De même qu’il faut éduquer les enfants, il faut éduquer les Africains, c’est ça l’idée », a fustigé l'ancien ministre de Jacques Chirac, dès lundi, en référence au programme de la journée d’investiture du président. « Que françois hollande n'en fasse pas trop avec J.Ferry qui justifiait la colonisation au motif de + races inférieures +. Je préfère Clemenceau ! », avait pour sa part asséné Roselyne Bachelot sur son compte « Twitter », dès le 12 mai 2012.
Quant au « Conseil représentatif des associations noires (CRAN) », il avait publié le 13 mai 2012 un communiqué : « Certes, François Hollande peut tout à fait saluer en Jules Ferry le fondateur de l'école républicaine, mais il devrait aussi rappeler en même temps la part d'ombre de cet homme, et de toute une partie de l'histoire de France ».
« DOUCHE FROIDE »
Le chef d’État français a donc tenu à s’expliquer sur cet hommage. « Tout exemple connaît des limites, toute grandeur à ses faiblesses et tout homme est faillible. En saluant aujourd'hui la mémoire de Jules Ferry qui fut un grand ministre de l'Instruction publique, je n'ignore rien de ses égarements politiques. Sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique. Elle doit à ce titre être condamnée », a-t-il déclaré via sa page « Facebook » :
Tout exemple connaît des limites, toute grandeur à ses faiblesses et tout homme est faillible. En saluant aujourd'hui la mémoire de Jules Ferry qui fut un grand ministre de l'Instruction publique, je n'ignore rien de ses égarements politiques. Sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique. Elle doit à ce titre être condamnée.
Si la colonisation française n’avait, à l’époque, que peu de détracteurs, les propos de Jules Ferry ont tout de même marqué l’histoire. Devant la Chambre des députés en 1885, l’homme déclamait un discours resté célèbre sur « Les fondements de la politique coloniale ». Le ministre y déclarait : « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ».
Des phrases qui, en Afrique non plus, n’ont pu être oubliées. « Quelle douche froide » pour « ceux des Africains - et ils sont nombreux - qui ont applaudi la victoire du socialiste François Hollande à la présidentielle française du 06 mai 2012 », écrit le journal ivoirien « Fraternité-Matin ». « En Afrique, l'honneur fait par Hollande à un colonialiste aussi décomplexé que Jules Ferry a ramolli l'enthousiasme de ceux qui voyaient dans l'avènement du deuxième président socialiste (...) un début de démantèlement de la nébuleuse + françafricaine + », fustige le quotidien.
Fort heureusement pour Hollande, le long programme qui occupait sa première journée de président de la République a rapidement fait oublier ce début de polémique. Les commentateurs ont ensuite pu s'en donner à coeur joie sur la pluie qui s'est abattu sur lui à la sortie de l'« Hôtel de ville de Paris », puis sur la foudre qui a fait faire demi-tour au « Falcon 7X » présidentiel qui l'emmenait à Berlin, à la rencontre de la chancelière Angela Merkel.
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Une fillette de 18 mois débarquée d'un avion pour soupçons de terrorisme

Une famille américaine a été débarquée d'un avion, mardi 8 mai, peu avant le décollage, et s'est vu expliquer par la compagnie aérienne que leur fillette de 18 mois figurait sur la liste des personnes interdites de vol par la Transportation Security Administration (TSA) américaine, qui vise les "terroristes présumés".
Selon la chaîne ABC News, la petite Riyanna se rendait avec ses parents de Fort Lauderdale, (Floride) dans le New Jersey, quand un agent de la compagnie JetBlue leur a demandé de descendre de l'avion, et leur a expliqué que leur fille était "fichée sur la no-fly list". La TSA a nié toute responsabilité, et a pointé une erreur de la compagnie aérienne. Celle-ci a reconnu une erreur informatique et a présenté des excuses à la famille.
Les parents ont déclaré à la filiale locale d'ABC, WPBF, soupçonner que leur fille avait été signalés par la compagnie parce qu'eux-mêmes étaient originaires du Moyen-Orient. "Nous avons été montrés comme au cirque, parce que ma femme porte le hijab", le voile islamique, a déclaré le père. Le couple a refusé de remonter dans l'avion.
Vidéo @le monde
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Hollande n’a pas encore changé

J’ai été réveillé ce matin par le sms d’un ami français. « François Hollande, le 7ème président de la 5ème rendra hommage à Jules Ferry dans son discours d’investiture. Pourquoi Jules Ferry ? Tu as la réponse. Car tu connais l’œuvre colonisatrice de Jules Ferry. Bonne journée ». J’avoue que je me suis réveillé malheureux. D’habitude je le rappelle pour en discuter un peu. Mais cette fois je n’ai pas eu le courage de rappeler mon ami. Je venais de publier la semaine dernière une longue citation de Georges Clemenceau dans sa virulente opposition aux thèses d’un colonialiste patenté qu’est J. Ferry. Je pouvais donc m’attendre à tout de la part de celui qui, sous la bannière du socialisme et l’humanisme remplace Nicolas Sarkozy à la présidence française, sauf un hommage appuyé à quelqu’un reconnu pour son racisme ; pour quelqu’un qui aurait eu aujourd’hui la même réflexion que Claude Guéant sur les civilisations. L’instantané de Fraternité Matin se prêtera aussi au jeu : « Quelle douche froide pour ceux des Africains qui ont applaudi la victoire du socialiste François Hollande à la présidentielle du 6 mai. Un pied-de-nez à l’Afrique et aux Africains. Dans la balance, le racisme primaire de J. Ferry, farouche partisan de l’expansion coloniale de la France qui a développé l’idée d’une hiérarchie des races, a pesé moins lourd que l’action de ce dernier en faveur de l’école républicaine » a critiqué le quotidien d’Etat ivoirien. Pour le canard pro-gouvernemental on comprend qu’il irait, à l’heure actuelle, chercher un pou sur la tête d’un chauve. Le gouvernement de Dramane Ouattara est prêt à tout pour se distraire du cataclysme que représente la chute de Nicolas Sarkozy en France. Quant à mon ami, je tiens à dire qu’il a trop vite désespéré de François Hollande. Il s’est certainement laissé prendre au jeu de ceux qui veulent déjà faire la comptabilité des erreurs de celui-ci.
Il n’y avait pas meilleure occasion que ce discours d’investiture pour dénoncer l’erreur morale de Jules Ferry quant à sa défense du colonialisme avant de saluer honnêtement en l’homme son activisme pour la promotion de l’école. Pour un président socialiste qui veut remettre l’école sur les rails, il n’était pas moins opportun d’invoquer l’esprit tutélaire de l’éducation en France. En sus, en bonne place dans ce discours d’investiture de François Hollande, l’affirmation de ses convictions humanistes initiales avec toutes les nations. Cela faisait d’ailleurs de Jules Ferry une occurrence négligeable à cette occasion solennelle.
Joseph Marat
Source : Aujourd'hui : Dernière Mise à jour : 17/05/2012
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Les « cinq universités en cinq ans » de Dramane en question

Au delà du silence intrigant de l’UNESCO et de la Francophonie sur la situation de l’école en Côte d’Ivoire, il devient difficile de ne pas penser que nous sommes victimes d’un véritable complot contre le progrès. Ceux qui nous dirigent actuellement mesurent-ils l’importance d’une université dans le dispositif évolutif d’une société ? Le processus scolaire du primaire au baccalauréat permet à un Etat de former des exécutants. L’université lui donne la possibilité de former des concepteurs, des ingénieures, programmeurs bref, ceux qui sont capables de penser la marche et l’évolution de la société. Un homme politique sérieux ne devrait pas se passer un seul jour de son université. Nous comprenions pour ce faire que malgré toutes sortes de perturbations inhérentes au bouillonnement de l’esprit prospecteur, tous les gouvernements que nous avons connus jusqu'à celui de Dramane Ouattara se fussent toujours arrangés pour sauver l’année universitaire. Ce sont souvent les ONG internationales comme l’UNESCO qui brandissaient le chiffon rouge de l’année blanche pour forcer les gouvernants à ne pas rater leur devoir. Le silence de ses organisations suscite en nous l’intrigant sentiment qu’elles sont complices du sabotage de notre instrument de progrès social. Une rébellion sauvage a chassé la structure universitaire de la ville de Bouaké et eux qui ont pris les armes pour une « société plus juste et plus intelligente » s’en sont paradoxalement passé pendant dix ans. Et ce n’est pas fini ! Après la crise postélectorale, l’université n’a pas été bombardée, mais elle reste la plus sinistrée. Plus d’un an après, elle continue d’être fermée. Sa réhabilitation et sa réouverture sont le dernier des soucis d’un gouvernement qui, dans ses envolées démagogiques, en avait promis 5 en cinq ans. En annonçant la réouverture des universités d’Abidjan et de Bouaké dans le mois de septembre prochain ; ce ne sera pas un exploit.

Celle d’Abidjan aura été ainsi fermée deux ans durant. Cumuler quatre promotions de bachelier à un seul niveau et après avoir retardée autant de générations de doctorants, tenez-vous bien, le gouvernement de Dramane Ouattara n’est toujours pas prêt à faire diligence. Avant même d’ouvrir les portes de cet auguste instrument de gouvernance sociale, il crée toutes les conditions de son sabotage. Avant d’avoir fait le point de l’effectif, il met 6000 étudiants à la rue. Il veut augmenter le coût de la scolarité, mais il ne sait pas ce qu’il va faire de la manne à récolter. Gestion de fait en vue. Les cités anniversaires ne font partie du programme du gouverneur de la pluie. On se demande alors pourquoi il ne les a pas ouvertes plutôt ? Et enfin comme si ce sont les chasseurs traditionnels qui allaient donner les cours, il continue de traquer les professeurs !
Source : Aujourd'hui : Dernière Mise à jour : 17/05/2012
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Pour la libération immédiate du citoyen français Michel Gbagbo !
« Fils de son père » ! Tel est de l'aveu même du gouvernement Ouattara, le motif informel de 13 mois de détention sans jugement, aggravée de conditions dégradantes et de mauvais traitements, du français Michel Gbagbo, jeune universitaire de 42 ans sans responsabilités politiques.
Arrêté à la résidence présidentielle ivoirienne, le 11 avril 2011,par les forces spéciales françaises, ainsi que sa famille et plusieurs centaines de civils, livré aux milices FRCI, après avoir subi un calvaire sanglant au Golf Hôtel, il est détenu sans jugement dans un des Goulags du nord ivoirien, dans la ville de Bouna, depuis 13 mois .
Après quatre mois de détention arbitraire, une inculpation pour des motifs fantaisistes et invraisemblables lui fut notifiée, dans le but évident de donner une apparence légale à cette situation de non-droit.
Depuis le mois de mars 2012, Michel Gbagbo a été placé à l'isolement dans une clinique d'Abidjan, son état de santé fortement dégradé à cause des conditions de son incarcération à Bouna, qui ont été dénoncées par les observateurs de l’ONU depuis 2011. C'est pourquoi les «organisations des droits de l' homme » et de défense des prisonniers d'opinion devraient faire de son cas une des priorités de leurs campagnes internationales.
Révoltés par le traitement infligé à un de nos compatriotes , nous demandons :
- la visite immédiate de diplomates français de haut rang sur son lieu de détention pour marquer la solidarité de ses compatriotes et signifier la désapprobation de sa situation au pouvoir d'Abidjan
- sa libération la plus rapide possible
- et son transfert médicalisé en France où l'attend sa famille
Cette libération à titre sanitaire et humanitaire sera appréciée par tous les citoyens français et démocrates du monde comme un acte de justice, marquant une volonté de réconciliation du pouvoir ivoirien, préalable espérons le, à d'autres -tels la fin de la détention de tous les prisonniers politiques et le retour des exilés.
Paris, 16 Mai 2012
Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens
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L'Afrique ne doit rien attendre du nouveau pouvoir français

L’élection de François Hollande à la présidence de la République française a suscité beaucoup d’espoirs en Afrique. Gare à la déception. En France, ces espérances sont plus que justifiées dans un contexte économique et social très difficile et dont les issues restent pour l’instant complètement incertaines. Cette situation pourrait en partie expliquer la chute de Sarkozy qui a vite compris que ses chances d’effectuer un second mandat étaient limitées.
Rendez-vous avec la déception
Après les moments d’euphorie et d’exaltation, viendra très rapidement, celui des réalités avec son lot de déceptions et de désillusions. Elles risquent d’être très douloureuses, tant les attentes sont grandes et parfois même, décalées de la réalité. Les dossiers de suppression de milliers d’emplois, mis en stand-by pendant la période électorale sont déjà d’actualité et assombrissent l’horizon politique et social du président élu.
La victoire d’Hollande a été également fêtée en dehors de la France, notamment sur le continent africain, où le discours du président Sarkozy à Dakar, le 26 juillet 2007 avait été vécu comme une provocation inutile, et pour certains, comme une agression. Pour Sarkozy:
«le drame de l’Afrique…, c’est qu’il n’y a pas de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de s’inventer un passé plus ou moins mythique pour s’aider à supporter le présent mais de s’inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres etc.» Chacun appréciera.
L’«outrage» des drapeaux
Après cette victoire de François Hollande, plusieurs drapeaux étrangers, notamment algériens, tunisiens, marocains et bien sûr ivoiriens flottaient sur la place de la Bastille à Paris, créant de fait un malaise au sein du parti socialiste français, mais surtout dans une grande partie de la communauté française, choquée par cette intrusion au goût douteux.
Ces drapeaux hissés, sur cette place hautement symbolique de la révolution française de 1789 par des personnes d’origine africaine pour la plupart, étaient aussi agressifs aux regards que le discours de Sarkozy à Dakar. On imagine très mal des drapeaux français sur la place de la République à Abidjan, en pleine victoire du candidat PDCI (parti d’Henri Konan Bédié, ancien président), RDR (parti d’Alassane Ouattara, président ivoirien) ou encore moins FPI (formation politique de Laurent Gbagbo, président déchu). C’est une question de bon sens et d’éducation politique et démocratique.
En Côte d’Ivoire par exemple, la victoire du socialiste François Hollande a été célébrée dans l’allégresse et la joie, avec sans doute de très gros espoirs de voir la politique française s’infléchir en faveur de l’ancien pouvoir ivoirien. Certains rêvent même de voir le nouveau président faire libérer Laurent Gbagbo, qu’il a contribué à faire exclure de l’internationale socialiste et en affirmant publiquement que «Laurent Gbagbo était infréquentable».
Dans ces circonstances, on voit mal Hollande devenir soudainement amnésique alors qu’il a voté et soutenu la résolution de l’Assemblée Nationale française relative à l’intervention militaire française en Côte d’Ivoire, sous mandat de l’Onu pour faire respecter la volonté du peuple ivoirien lors de la dernière l’élection présidentielle.
C’est aux français que Hollande doit rendre des comptes
Le réalisme politique nous oblige à constater que Hollande a été élu par le peuple français, dont il tient sa légitimité et face à qui il a des comptes à rendre. Il est également contraint par la constitution de s’inscrire dans la continuité de l’État dans l’intérêt de la France. Le général De Gaulle disait que, «la France n’a ni amis, ni ennemis, elle n’a que des intérêts à défendre».
Alors, compte tenu des difficultés actuelles de la France, de l’état de ses caisses qui sont de plus en plus vides, elle n’a plus les moyens d’aider l’Afrique à travers sa politique de coopération d’aide au développement. De fait, l’Afrique ne doit rien attendre de ce nouveau pouvoir français, elle doit compter sur elle-même pour exister. Avec les richesses que détiennent les Etats africains, c’est à eux d’établir un rapport de force intelligent et subtil afin d’obtenir les moyens de développement de leurs pays en instaurant la démocratie.
En politique, tout s’arrache avec force en s’imposant à l’autre comme l’ont si bien fait les pays émergeants du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Personne ne fait de cadeaux à qui que ce soit, seuls les intérêts priment. Avec le recul, on peut quand même se demander si le discours de Dakar de Sarkozy en dépit de la violence des propos, n’a pas un fond de vérité qui peut heurter les sensibilités et interpeler les consciences?
Macaire Dagry
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16 mai 2012
A un mois de l'audience de Gbagbo: Me Altit parle : "Les choses évoluent plutôt très bien"

Comme nous l'annoncions dans nos précédentes publications, c'est bien aujourd'hui 16 mai 2012 que l'équipe de Défense de Laurent Gbagbo recevra des mains du procureur de la Cour pénale internationale (Cpi), le document officiel et définitif contenant les éléments de preuves des charges retenues contre leur client.
Et si le contenu n'est plus un secret en particulier pour les avocats de Gbagbo qui, grâce à l'obligation de divulgation de preuves, ont déjà épluché une bonne partie du dossier, le document remis aujourd'hui, lui constituera le socle des débats à venir.
Que va-t-il donc se passer réellement le 18 juin prochain?
Selon le calendrier des audiences de la Cour pénale internationale, l'audience de confirmation des charges dans l'affaire "le procureur contre Laurent Gbagbo" se déroulera du 18 au 29 juin 2012.
Pendant donc dix jours, Accusation (procureur) et Défense (Gbagbo) tenteront de convaincre Mme Silvia Fernadez De Gurmendi, juge unique de la chambre préliminaire I et son équipe, si oui ou non, cette affaire mérite un procès.
Selon Me Altit, avocat principal de Gbagbo que nous avons joint au téléphone, mardi 15 mai 2012, "le 18 juin n'est pas le procès de Gbagbo. Il s'agira pour le procureur de convaincre les juges, qu'il dispose de suffisamment d'éléments de preuves pour aller à un procès" dira-t-il avant de nous revéler sa ligne de défense: "Vu que les débats ne porteront pas vraiment sur le contenu des charges, nous laisserons le procureur battre toutes ses cartes avant de démontrer à la Cour toutes les faiblesses de l'accusation (...) Ça sera très technique. Vous voyez, il y a là une différence d'approche entre nous et le procureur. Lui, sera obligé de tout déballer; ce qui n'est pas notre cas, car il est possible que nous réservions certains arguments pour le procès".
Laurent Gbagbo qui aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle selon le procureur de la Cour pénale internationale dans la crise-post-électorale en Côte d'Ivoire entre le 28 novembre 2010 et le 12 avril 2012, est accusé d'être co-auteur indirect pour crime de guerre, crime contre l'humanité au regard de l'article 25-3 (a) des Statuts de Rome: "Une personne est pénalement responsable et peut être punie pour crime relevant de la compétence de la Cour si elle commet un tel crime, que ce soit individuellement, conjointement avec une autre personne ou par l'intermédiaire d'une autre personne, que cette autre personne soit ou non pénalement responsable".
Voici la thèse que Me Altit et son équipe tenteront de casser le 18 juin prochain.
"Nous démontrerons que les preuves avancées par le procureur n'atteignent pas le standard requis en ce qui concerne le mode de responsabilité particulier de notre client, pour aller à un procès" nous confie Me Altit qui reste tout de même prudent sur la pertinence des débats. "Le procureur a longtemps travaillé sur le dossier. Il a le soutien des nouvelles autorités d'Abidjan, de la France et des Usa...Mais il faut comprendre aujourd'hui que les choses évoluent plutôt très bien en notre faveur" rassure la défense de Laurent Gbagbo.
Même si l'audience de confirmation n'est pas le procès, c'en est un au vu des échanges qui s'y meneront. Enfin, selon une source proche du dossier, le procureur Luis Ocampo aurait entre les mains un dossier béton riche de 4000 pages. Me Altit et son équipe ont-ils eu le temps nécessaire pour méner une contre enquête sur le terrain envue d'apporter les preuves contraires à la barre ce 18 juin? Nous y reviendrons!
P. Kouhon (à Paris)
Source : Soir Info : Dernière Mise à jour : 16/05/2012
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Radiodiffusion Télévision ivoirienne (Rti) Silence, on censure ! Censure de tous les artistes proches de Gbagbo
Cela dure depuis un an. Des artistes se plaignent constamment de ne plus avoir accès aux antennes de la radiodiffusion télévision ivoirienne(Rti). La cause de leur censure, confient-ils, c’est d’avoir flirté avec le pouvoir Gbagbo, et de l’avoir surtout soutenu pendant l’élection présidentielle. Fort de cela, à la maison bleue, ils sont considérés comme persona non grata. Si certains artistes préfèrent observer la loi de l’omerta face à cette situation critique, de peur de représailles, ce n’est pas le cas pour d’autres. Telle la diva de la musique ivoirienne. Récemment dans une interview accordée à un confrère, Aïcha Koné, puisque c’est d’elle qu’il s’agit n’a pas porté de gangs pour dénoncer cette injustice dont elle est victime.
Censure de tous les artistes proches de Gbagbo
« Lorsque nous avons parlé de Réconciliation, j'ai sorti une chanson intitulée ''Seigneur aides-nous''. Quand le clip a été réalisé, nous avons rempli toutes les conditions qu'il fallait pour sa diffusion sur les antennes de la télévision. Mais il y a un agent de la Rti qui m'a appelée un jour, pour me dire de faire ma promotion ailleurs, parce qu'il y a eu une réunion à la Direction de la Rti au cours de laquelle il a été décidé que tous ceux qui étaient proches de Gbagbo ne passeront plus à l'antenne», révèle celle qui porte désormais le nom de ‘’Mama africa’’. Elle s’est dite choquée par l’attitude des responsables de la maison bleue qui ont jugé son œuvre irrecevable. Au motif qu’elle a soutenu Gbagbo durant la période postélectorale. Et pourtant, dans cette chanson interprétée en sénoufo et en français, Aicha Koné demande la clémence du Tout Puissant afin qu’il aide la Côte d’Ivoire à tourner définitivement le dos à la guerre pour aller à la paix et à la réconciliation. Comme le prône Charles Konan Banny, président de la commission de dialogue, vérité et réconciliation. Selon elle, le fait que ses oeuvres ne soient pas diffusées sur les antennes de la Rti, la seule télé du pays lui cause un préjudice énorme. « Faire cela à un artiste, c'est une manière de le combattre et de le tuer. J'ai donc jugé qu'il est mieux pour moi d'être à l'extérieur. Si ma télévision ne veut pas de moi et qu'ailleurs on veut de moi, tant mieux » se résigne la diva de la musique ivoirienne. C’est d’ailleurs pour manifester son indignation face à cette situation d’injustice que Mama Africa affirme avoir refusé de répondre à l’invitation de Madame Dominique Ouattara dans le cadre du gala de bienfaisance organisée par sa structure, Childreen of Africa. Le comédien-humoriste, Adama Dahico, estime aussi être victime d’une censure à la Rti. A la question de savoir comment a-t-il il su qu’il était interdit de passer sur les antennes, le président du Drômikan rétorque : « qu’il n’y a certes pas de note officielle ni de liste d’artistes censurés collée à la Rti, mais c’est lorsque vous entreprenez des démarches en vue de faire diffuser une oeuvre que vous vous rendez compte que vous n’y êtes pas le bienvenu. Me concernant, j’ai participé à un publi-reportage d’une société de la place. La première fois, la vidéo est passée avec mon image. Mais au 2e passage de l’élément en question, mon image n’y était plus. Elle a été biffée ». Ce n’est pas le seul fait qui a fait dire au candidat malheureux à la dernière élection présidentielle qu’il est censuré sur la chaîne de la télévision nationale.
Adama Dahico, les Galliets, Serges Kassy... ne passent plus à la Rti
Son single intitulé « pardon » qu’il a produit dans le cadre du processus de réconciliation n’a jamais été diffusé sur les antennes de la télévision ivoirienne en dépit de toutes ses démarches. Malheureusement, regrette-t- il, son message de pardon et de paix contenu sur ce single ne sera pas entendu par les ivoiriens. Puisque, ajoute le comédien, l’oeuvre n’a jamais été diffusée sur la Première. Mais Adama Dahico qui veut coûte que coûte dédramatiser la situation de crise que vit son pays n’est pas découragé pour autant. Bien au contraire. Il rentre au labo d’où il en ressort avec un programme d’émission intitulée la ‘’République du drômikan’’. Une émission à forte dose d’humour. Mais le président Dahico sera désillusionné. Car, le courrier de partenariat qu’il adresse à la Rti-publicité pour la diffusion de son prêt à diffuser(PAD), dira-t-il, restera sans suite. « Moi, Dolo Adama, on m’a laissé entendre que je suis désormais considéré comme homme politique. Car, ayant participé aux élections présidentielle. Et donc mes images ne doivent plus être exploitées à des fins commerciales. Je suis victime de la politique. J’assume les conséquences de mon choix. Qu’on inscrive cela dans la constitution afin que les ivoiriens qui souhaitent briguer la magistrature suprême le sachent avant de s’engager dans la course », suggère le comédien. Dahico qui effectuera bientôt sa rentrée artistique, estime que pour que la réconciliation tant souhaitée soit une réalité, le pouvoir gagnerait au plus vite à mettre fin à ces injustices et à faire en sorte de créer les conditions permettant à tous les ivoiriens, en particulier les artistes (comédiens, chanteurs) de vivre de leur art. A l’instar d’Aicha Koné et Adama Dahico, les Galliets, groupe zouglou, auteur de la célèbre chanson de campagne de Gbagbo ne passent plus sur les antennes de la Rti. Depuis la chute de l’ex-président, le groupe qui s’était exilé dans un pays voisin avant de revenir au bercail, constate que leurs oeuvres ne sont plus jouées à la Rti. V.M membre du groupe témoigne : « On ne nous a jamais dit ouvertement que nous sommes censurés. Mais c’est tout comme. D’autant plus que depuis la fin de la crise jusqu’à ce jour, nos oeuvres ne passent plus à la télé. On ne sait pas pourquoi. Et on n’a jamais cherché à savoir pourquoi. Nous voulons éviter des polémiques inutiles. » La Rti par le biais de Da Chagas, directeur commercial et marketing de Rti-publicité s’est inscrit en faux contre ces accusations. « Ce que racontent ces artistes sont des affabulations mensongères. A ma connaissance, à la Rti, on n’a jamais tenu une réunion au cours de laquelle il aurait été décidé de la censure des artistes pro-Gbagbo. Il n’existe pas non plus de liste de ces artistes, collée dans nos bureaux, comme certains tentent de le faire croire. Qu’Aïcha Koné arrête de nous accuser pour rien. Aucune décision de censure n’a été prise en son endroit. Concernant le cas d’Adama Dahico, nous avons été clairs. En fait, ce dernier pour avoir participé aux élections présidentielles est désormais classé parmi les personnalités les plus importantes du pays. C’est un homme politique. De ce fait, son image ne peut et être exploitée à des fins commerciales. Ce n’est pas nous qui avons pris cette décision. Ce sont les textes du code de déontologie de la publicité qui l’interdissent. Pour tout vous dire, Adama Dahico n’est pas censuré. Nous voulons simplement respecter les textes qui régissent la publicité. Vous savez, la Rti étant une télévision d’Etat, son rôle premier est de rassembler tous les ivoiriens de quelque bord que ce soit. Nous avons reçu des instructions fermes de la direction générale dans ce sens. Etant donné que nous sommes dans une dynamique de réconciliation de tous les ivoiriens. En outre, nous acceptons la différence pour vivre dans une Côte d’Ivoire unifiée. Ne vous en faites pas. Au moment opportun, le premier responsable de la Rti, passera sur les antennes pour éclairer la lanterne des ivoiriens sur ce sujet », promet-elle.
Alexis Rabé
Source : L'Observateur d'Abidjan : Dernière Mise à jour : 16/05/2012
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Passation des charges à l’Elysée Hollande prend le pouvoir en France Ouattara en perd le sommeil : Le 43e Bima officiellement démantelée, la Licorne en fin de mission

La passation des charges à l’Elysée a eu lieu entre le Président François Hollande et Nicolas Sarkozy, redevenu simple citoyen. Au grand dam de Ouattara qui ne connaît plus que des nuits blanches, depuis la chute du «bombardier» qui a persécuté les Africains.
Ouattara, on le sait, a perdu le sommeil depuis la date historique du 6 mai 2012. Après sa défaite au second tour de la présidentielle face à François Hollande. Mais pour se rendre cette défaite plus supportable psychologiquement, il a dû faire un tour à Paris pour saluer celui à qui il doit tout. On peut imaginer aisément que les deux alliés ont écrasé une larme, pour pleurer sur le sort peu enviable qui les attend. Ils ont fait tant de choses ensemble. Certains parleraient de deux destins liés dans la chute. Au moment où ils se quittent Sarkozy va se retrouver devant la justice pour ses mauvais actes, alors que Dramane se retrouve «orphelin». Deux «déshérités» en pleurs, c’est pathétique. L’émotion, à ce qu’il paraît, fut si grande que Ouattara oublia pendant 10 jours, de revenir dans son pays où ses échecs économiques, l’insécurité, la pauvreté, les revers politiques et diplomatiques au milieu des vagues de licenciements et des promesses non tenues l’attendent. Pendant une dizaine de jours, Ouattara a pu se consoler en se faisant recevoir, même sans protocole, par celui qui continuait, jusqu’aujourd’hui mardi 15 mai 2012, à assurer le rôle de chef d’Etat français. Symboliquement certes, avant la passation des charges de ce jour. Ouattara, un chef africain à Paris, a pu, pendant quelques jours, hélas les derniers, entretenir ses ultimes illusions sur la protection que lui assurait le pouvoir métropolitain français et sur le pacte colonial, l’accord de défense s’entend, qu’il a signé avec Sarkozy et qui, selon son vœu, devrait engager aussi François Hollande, au nom de la continuité de l’Etat et du caractère immuable des intérêts français en Côte d’Ivoire. Ouattara, ce n’est plus un secret, a usé sa santé à raser les murs de Paris, dans l’espoir que le staff du nouvel homme fort de France le reçoive, ne serait-ce même que debout devant une petite porte arrière. Hélas, il est revenu bredouille de sa dernière aventure parisienne. Pour l’heure, fini le tapis rouge des «visites officielles» trop faciles pour un dictateur à l’Elysée. Désormais, c’est la salle d’attente.
Des jours sombres pour un tyran désormais sans protection
En effet, à compter de ce jour qui marque la prise effective du pouvoir par Hollande, le profil déjà petit de Ouattara va connaître un rétrécissement sévère, comme une peau de chagrin. On ne verra plus le boucan de ceux qui plastronnaient orgueilleusement à l’Elysée et qui pavoisaient avec condescendance dans les salons parisiens, pour jeter l’opprobre sur Laurent Gbagbo, victime du terrorisme sarkosien en Afrique. Il est peu probable que le pouvoir d’Abidjan re- trouve encore les douceurs du temps de l’arrogance sur les médias français. Des médias pris en otage par Sarkozy pour justifier les rébellions, les coups d’Etat, les complots et campagnes militaires suivis par la mise en place de dictatures aux ordres de Paris en Afrique. Le président de la République française nouvellement élu a averti : «Ce sera une terrible nouvelle pour les dictateurs». Et, pour Dramane qui se sait dictateur, la nouvelle est effectivement «terrible». Ce n’est pas nous qui le disons. L’Onu a classé le régime Ouattara comme un régime «autoritaire». Cela signifie que sous Ouattara il n’y a plus de démocratie et de libertés en Côte d’Ivoire. Mais pourquoi l’avènement de Hollande qui installe aujourd’hui même ses quartiers à l’Elysée est-il une tragédie pour le mentor du Rdr, au point de considérer, comme Yayoro que : «Si Sarkozy tombe, nous sommes en danger»? La raison de cette angoisse obsessionnelle, phobique qui resserre le thorax du dictateur ne réside certainement pas dans un complot que François Hollande initierait contre un quelconque pouvoir à Abidjan. La culture de la Gauche, ce ne sont pas les coups d’Etat qui visent à installer des pouvoirs totalitaires qui veillent sur les intérêts des groupes financiers occidentaux, au détriment des peuples. Le socialisme, c’est la démocratie et le respect des libertés pour un partage équitable des ressources au peuple. Ainsi, ce n’est donc pas de Hollande que viennent les malheurs déjà visibles du régime Ouattara. Le drame de Dramane réside dans la nature de son pouvoir qui s’est façonné dans l’ex-rébellion qui en constitue, dans la déstabilisation, dans les complots. Une substance sans laquelle elle ne peut exister. On le voit, le régime en place à Abidjan ne représente rien par lui-même, en dehors du soutien de l’allié parisien. Or, désormais, Ouattara est un homme seul et fragilisé qui ne pourra plus compter sur l’armée française pour protéger son régime. Et nous ne pensons pas que François Hollande, occupé avec la crise européenne et des défis qui l’attendent en France, trouvera le temps de prendre Dramane par la main pour des proménades gratuites dans le but de l’aider à quémander des milliards de capitale en capitale. Qui plus est, Ouattara n’ignore pas que la vision des intérêts français diffère de Sarkozy à Hollande. Il sait que si le candidat de la Gauche française, soutenu par les Africains Français et les peuples africains sur le continent noir, a décidé d’anticiper le retrait des forces françaises d’Afghanistan, on ne voit vraiment pas pourquoi des troupes françaises s’éterniserait inutilement en Côte d’Ivoire avec celles de l’Onuci, alors que la mission de cette «force impartiale d’interposition», selon le décret onusien qui a justifié sont déploiement, est terminée.
Le 43e Bima officiellement démantelée, la Licorne en fin de mission

Dans la mesure où il n’y plus d’armée en conflit et que la rébellion a officiellement pris fin avec l’arrivée au pouvoir de Ouattara. Au demeurant, le prétexte de «mission de renforcement de la paix» que se sont inventée la Licorne et l’Onuci pour perdurer en Côte d’Ivoire nous paraît d’autant plus absurde qu’on ne construit ni ne consolide la paix avec des armes. Sans doute faut-il aussi rappeler, à toutes fins utiles que la base militaire du 43e Bataillon d’infanterie et de marine (Bima) qui est une entité totalement différente de la force Licorne, a été officiellement démantelée en 2009, en présence du maire de Port-Bouët, Hortense Aka Anghui qui peut en témoigner. Elle était la seule autorité ivoirienne présente ce jour là à cette cérémonie où le drapeau français a été descendu et replié pour toujours. Hélas, dans son plan de déstabilisation de la Côte d’Ivoire, Sarkozy a affecté le site du 43e Bima (qui revient désormais à l’Armée ivoirienne) à la Force Licorne censée déguerpir dès que sa mission prend fin. Et c’est aujourd’hui le cas, car il n’y a plus de guerre en Côte d’Ivoire. On comprend l’ardeur avec laquelle Ouattara a négocié un nouvel «accord de défense» avec Sarkozy, dans l’objectif de s’en servir comme parapluie. Mais, l’ex-Premier ministre de Sarkozy, François Fillon qui quitte le palais de Matignon aujourd’hui, avait, peut-être en se trahissant, dit la vérité : «La France n’a pas vocation à assurer la sécurité du gouvernement ivoirien» et du pouvoir d’Abidjan, avait-il fait savoir lors de la conférence de presse conjointe qu’il a animée avec Ouattara en juillet 2011, sur le parvis de la présidence de la République au Plateau, pendant son séjour à Abidjan. Et il est clair qu’au moment où la France va mettre fin à ses campagnes militaires à travers le monde, François Hollande va traduire les propos de Fillon dans les faits. A cette occasion, Ouattara s’était irrité lorsqu’un confrère de la presse française lui avait fait remarquer qu’avec son installation au pouvoir on parle désormais du «retour des colons» en Côte d’Ivoire. Et Dramane n’est pas au bout de ses angoisses. Ce 15 mai 2012 porte assurément une «terrible nouvelle». Peut-être est-ce en prévision de la perte imminente de la protection de l’Elysée que l’ami de Sarkozy a décidé de compter désormais sur ses Frci, après les avoir marginalisées. Il les a jetées dans la rue pour terroriser les populations depuis la défaite de Sarkozy en procédant à des rafles désordonnés qui prennent l’allure de couvre-feu, sous le prétexte de rechercher des évadés des prisons. Mais le pouvoir en place ne gagnerait-il pas à se débarrasser de sa peur injustifiée des «coups d’Etat» qu’il voit partout pour réhabiliter et réarmer les forces régulières de défense et de sécurité qui sont de forces républicaines ? Car il n’y a aucun avenir avec des Frci et des Dozos qui ignorent tout des lois, des institutions et du fonctionnement de l’Etat et de la République. De La Haye, Gbagbo qui a dit qu’on ne craint pas de la sorte quand on a été élu par le peuple, le hante. Ouattara va-t-il enfin comprendre qu’il est illusoire de penser qu’on peut gouverner durablement un pays comme la Côte d’Ivoire avec la force armée ? Pour ce qui est de l’air et de l’atmosphère de Paris, ils ne seront plus jamais les mêmes pour le dictateur.
K. Kouassi Maurice
Source : Le Temps : Dernière Mise à jour : 16/05/2012
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Qui est Jean-Marc Ayrault, le nouveau premier Premier ministre de François Hollande ?

Né le 25 janvier 1950 à Maulévrier, dans le Maine-et-Loire Jean-Marc Ayrault est marié depuis 1971 à Brigitte Terrien, rencontrée sur les bancs de la fac de Nantes. Ensemble, ils ont eu deux filles. Le maire de Nantes est aujourd’hui trois fois grand-père. Il a plusieurs cordes à son arc. Il est proche du président sans être un intime. François Hollande et lui se connaissent depuis 15 ans et ont une confiance réciproque. Le président le juge « loyal, honnête et droit ». Il apprécie aussi son tempérament pondéré et discret, son côté « normal » – on y revient toujours ! Ancien professeur certifié d’allemand, Jean-Marc Ayrault connaît parfaitement ce pays. Un atout pour François Hollande qui veillera à ses bonnes relations avec Angela Merkel. Comme points faibles, il n’aurait jamais eu le moindre maroquin. La faute à une condamnation en justice pour favoritisme, vieille de 1997, annulée depuis. Cette peine lui barre l’entrée du gouvernement Jospin la même année. Au PS, certains raillent aussi son absence de notoriété et de charisme. « Ca manque de respiration et de fantaisie », résume l’un de ses anciens proches au Parisien. Jean-Marc Ayrault a étudié l’allemand à la faculté des lettres de Nantes. Mis à part son absence d’expérience ministérielle, son parcours est un quasi sans-faute. A 26 ans, il devient le plus jeune conseiller général de France. Peu à peu, il gravira les échelons sans jamais perdre un scrutin. Il devient député de Loire-Atlantique, en 1986. Accède à la mairie de Nantes en 1989. Sa gestion exemplaire de la ville en fait un baron local respecté du PS. En 1997, Lionel Jospin, alors Premier ministre, le choisit pour présider le groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Laurent Fabius ou Arnaud Montebourg ont bien essayé de l’en déloger. Sans succès depuis 15 ans. La preuve de son influence est qu’il était conseiller spécial de François Hollande pendant la campagne présidentielle. Son degré de compatibilité avec le nouveau Président Français est qu’il est ‘’fidèle comme Hollande l’a été vis-à vis de Jospin entre 1997 et 2002″, a confié un proche des deux hommes au JDD. Jean-Marc Ayrault, a déclaré partager avec François Hollande, un « socialisme décomplexé ». Les deux hommes se connaissent bien et sont sur la même longueur d’ondes. « Ils se comprennent à demi-mot, ils ont le même logiciel », a confié Olivier Faure au Monde. Comme signes distinctifs, à première vue, cela surprend, mais Jean-Marc Ayrault serait un excellent danseur de tango. Enfin, Jean-Marc Ayrault est un lecteur de San Antonio, apprécie John Le Carré et les romans historiques. Amateur de musique classique, Jean-Marc Ayrault « adore se balader en montagne avec son camping-car », a confié l’un de ses collaborateurs à Europe 1. Pour se ressourcer, rien de tel qu’un petit détour dans sa résidence secondaire, située dans la presqu’île de Rhuys, dans le golfe du Morbilhan.
Marie Curie, Jules Ferry et Ayrault
La symbolique des choix de François Hollande
Longue et folle journée hier que celle de François Hollande, officiellement et effectivement président de la République depuis cette date du Mardi 15 Mai 2012. Quelques leçons sont à tirer. D’abord sur le choix du Premier ministre. Il témoigne du caractère bien trempé de François Hollande, qui ne s’est pas laissé distraire par la polémique tendant à mettre en cause la moralité et la probité de Jean Marc Ayrault sur la base d’une condamnation passée par la justice. Voilà un homme qui est député en France, qui est président du Groupe parlementaire socialiste, qui aurait pu être tranquillement ministre, mais au sujet duquel des hommes de droite et des proches de Nicolas Sarkozy ont cru bon sortir une condamnation vieille de 10 ans, en sa qualité de maire, et non à titre personnel, pour estimer que sa nomination au poste de Premier ministre serait la violation d’un serment et d’un engagement pris par François Hollande. La polémique n’a pas prospéré quand on considère que le président François Hollande n’a pas reculé au sujet du choix de Jean Marc Ayrault, dont la nomination était devenue, au fil des jours, un secret de polichinelle. Avant cela, le nouveau président français a encore laissé entendre que le Premier ministre serait un vrai chef de la majorité, qui lui permettrait d’être dans son rôle de président de tous les Français, arbitrant et gouvernant dans la justice. Outre les enseignements du choix de Jean Marc Ayrault, l’on retient également l’hommage mesuré et objectif de François Hollande à Jules Ferry. L’opposition UMP qui avait joué sur certaines divisions et crié haro sur l’immigration, a tenté une polémique, en liaison avec des milieux africains sur le parcours controversé de Jules Ferry, parce que le promoteur de l’école gratuite, laïque et obligatoire pour tous en France a été un défenseur de la colonisation. Cette posture a pu choquer des amis de la France, portés sur les valeurs de liberté et du refus de la domination. Tout en assumant la défense et l’illustration des engagements de Jules Ferry pour l’école et la République, François Hollande a dit tout le mal qu’il pensait de ses égarements au niveau politique, notamment avec la colonisation, en rappelant que c’est Georges Clemenceau, lui-même une autre grande figure de la République, qui avait le mieux porté la charge contre cet aspect des convictions de Jules Ferry. Le nouveau chef de l’Etat français, qui parle de rassemblement et veut incarner la République généreuse, ouverte et plurielle, tournant le dos aux peurs et à l’exclusion, a aussi tenu à rendre hommage à Marie Curie, symbole de l’intégration en France. Un hommage qui est aussi un clin d’œil à la parité et aux femmes. De vrais moments forts hier ! Souvenir aussi des images fortes avec cette présence, discrète mais élégante de Valérie Trierweiller, qui a joué son rôle sans excès ni démesure. Autre grand et fort moment avec cette absence de Ségolène Royal à la cérémonie de passation des pouvoirs à l’Elysée. Plus tard, l’ex- candidate expliquera qu’il s’agissait de laisser à François Hollande, seul, le bénéfice de la gloire de cette journée. Ségolène Royal reste une femme brave et admirable, qui aura joué sa part avec fair-play dans la victoire de son ex-compagnon. On sent encore une complicité entre François et Ségolène, on sent surtout une absence d’animosité. D’autres images sont restées, notamment la mise en scène du départ de Nicolas Sarkozy tenant son épouse par la main. Une image glamour, renforcée par cette autre posture détendue de l’ex-président faisant son jogging et demandant aux journalistes de le suivre moins. La journée d’hier fut une longue et folle journée pour François Hollande et presque tous les Françaises et Français. Elle a débuté au pas de courses vers 8heures GMT, pour s’achever tard dans la nuit, en Allemagne. Presque toutes les chaînes et les radios françaises et d’autres médias internationaux ont repris, en direct, les moments forts de cette longue et folle journée d’investiture de François Hollande, pour qui le compte à rebours à commencé depuis hier. La joie, la gloire, les honneurs, mais également les épreuves et le poids des responsabilités. Mais aussi la part de risques et de périls, la part des choses impondérables et imprévisibles, notamment cette foudre qui lui a fait changer d’avion, alors que toute la journée, aucun incident, aucun fou n’a été observé sur les différents parcours et sites des cérémonies d’hier. Le monde, l’Europe, en particulier l’Allemagne, l’Afrique et la Côte d’Ivoire observent François Hollande.
Charles Kouassi
18:43 Publié dans Ailleurs dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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Liberté provisoire. Un pays Africain veut acceuillir Gbagbo

Le changement de la majorité en France, les impasses du processus de réconciliation en Côte d'Ivoire et la volte-face du régime Ouattara, qui ferme désormais la porte à la Cour pénale internationale (CPI) après l'avoir instrumentalisé pour éloigner du pays l'adversaire redouté, concourent-elles à faire bouger les lignes, notamment en ce qui concerne le cas Gbagbo? En tous cas, quelques mouvements tectoniques sont perceptibles.
Un pays Africain veut recevoir Gbagbo
Le Nouveau Courrier l’avait annoncé en exclusivité dans son édition du 27 avril dernier. «Selon nos informations, ce sera avant le 18 juin prochain. Incarcéré à la prison de Scheveningen, aux Pays-Bas, dans le cadre de la procédure ouverte contre lui par le procureur de la Cour pénale internationale – Louis Moreno-Ocampo, qui sera bientôt remplacé par son adjointe Fatou Bensouda –, le président Laurent Gbagbo va faire une demande de mise en liberté provisoire avant l’échéance de la très attendue audience de confirmation des charges.» A un peu plus d’un mois de la fameuse audience tant attendue, le dossier est désormais sur les rails, si l’on en croit Alain Cappeau, conseiller du plus célèbre prisonnier politique d’Afrique et auteur de l’ouvrage «Laurent Gbagbo, la conscience ivoirienne». Qui a fait cette confidence à l’occasion d’une réunion publique samedi dernier dans la librairie L’Harmattan de la Rue des Carmes, à Paris. Alain Cappeau a également annoncé à l’auditoire qu’un pays africain avait accepté d’accueillir le président Gbagbo dans le cadre de sa demande de mise en liberté provisoire et de le recevoir avec les honneurs dus à son rang. Un pays dont il a refusé de dire le nom, pour des raisons diplomatiques et de confidentialité évidentes.
Maintenant qu’elle est bien avancée et «dans les tuyaux» de la CPI, la demande de mise en liberté provisoire de Laurent Gbagbo – qui a pour lui de ne pas être un chef de guerre à l’instar de beaucoup de détenus qui se trouvent à La Haye – sera-t-elle activée dans un délai raisonnable par la Cour, dans un contexte où la collusion entre le procureur et un régime ivoirien qui tente d’instrumentaliser à son profit la justice internationale saute aux yeux ? Bien entendu, la question est hautement politique et tout dépendra des rapports de force qui s’établiront entre les différents lobbies qui influencent les juges. Ce serait en tout cas un bon signal pour une opinion africaine persuadée que les juridictions internationales servent à humilier les adversaires de l’Occident et à asseoir le pouvoir de leurs alliés quels que soient leurs crimes.
Banny veut aller voir Gbagbo à la Haye mais a peur de Ouattara
L’information circulait dans certains cercles fermés depuis la semaine dernière. Et Jeune Afrique a décidé de lever le lièvre. «Charles Konan Banny, président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR, ndlr), envisage de rendre visite à Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien, à la prison de la Cour pénale internationale près de La Haye. Ce qui permettrait d’engager des discussions sur le processus de réconciliation. La rencontre pourrait avoir lieu avant l’audience de confirmation des charges retenues, en principe le 18 juin.» Le Nouveau Courrier a enquêté sur ce projet de rencontre.
Et il ressort de nos investigations que Banny souhaitait plus que tout que ce projet de rencontre avec Gbagbo reste secret. Et pour cause : l’ancien Premier ministre et président de la CDVR redoute les faucons du régime, dont Alassane Ouattara est objectivement le plus extrémiste derrière ses dehors mielleux. Le président Gbagbo acceptera- t-il de recevoir Banny, son ancien Premier ministre ? Les proches de ce dernier semblent persuadés que oui, tandis qu’un observateur exprime son scepticisme. «Pour que Gbagbo le reçoive, il faut bien qu’il soit capable de lui donner quelque chose de son côté. Or sa marge de manoeuvre est bien mince…», constate-t-il. «Manoeuvré» par les faucons du RDR et de son propre parti, le PDCI, Banny pourrait bien être plus intéressé par son propre sauvetage que par celui de la Côte d’Ivoire.
Phillipe Brou Le Nouveau Courrier
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15 mai 2012
Les facteurs géopolitiques de la guerre impérialiste contre la Syrie Première partie : La défaite d’Israël à la deuxième Guerre du Liban (2006)

Généralités
La plus évidente des vérités ? Un mensonge qui nous plaît [1]. Contrairement à ce que les médias impérialistes ambitionnent, l’image mensongère des événements en Syrie, qu’on fabrique inlassablement, se décompose rapidement et constitue de nouvelles substances, une fois qu’une lecture critique de l’épisode syrienne du prétendu « Printemps arabe » soit impliquée. En effet, une telle lecture doit prendre comme objet d’analyse les intérêts stratégiques des puissances impérialistes au Moyen-Orient, depuis la floraison des violettes odorantes du « Printemps arabe », arrosées soigneusement par la Sainte-Alliance arabo-atlantique, jusqu’au lendemain du retrait des troupes étatsuniennes de l’Irak, en décembre 2011.
1. Les deux approches sur la guerre contre la Syrie
Dans l’arène médiatique, deux discours contradictoires s’opposent sur la lecture des événements en Syrie : d’un côté, les médias arabo-atlantiques – liés naturellement aux centres de force impérialistes – de l’autre côté les médias alternatifs et résistants.
En ce qui concerne les ambitions des médias arabo-atlantique, il est tout naturel.
D’abord, on commence par falsifier les données du terrain, pour que les choses se montrent sur la scène comme « épisodes de l’épopée humaine, âpre, immense, — écroulée » [2] ; une sorte de bataille épique entre les forces du bien et celles du mal ; ensuite, on diabolise le personnage de l’Autre – ici le gouvernement syrien – jusqu’au point où l’on voit en lui un Hashmodai [3] , un Astaroth [4] ; enfin, on glorifie les groupes islamistes armés ; on les angélise jusqu’au point où on les présente comme moines méditateurs, portant l’étincelle de « Liberté, Justice, Démocratie ».
Ceci implique, évidemment, le recours à toutes sortes d’opérations cosmétiques pour manipuler les émotions d’une grande partie de spectateurs, « cadenassés » devant des grands écrans, diffusant des spectacles majestueux, chef-d’œuvre de la propagande arabo-atlantique.
En ce sens, toute lecture se référant seulement à la propagande arabo-atlantique et au discours misérable du Conseil national syrien acquiert, selon nous, une valeur de charlatanerie politique, qui ne sert qu’à éveiller, même dans le cœur de l’honnête sultan mamelouk, un agréable sentiment de solidarité avec la prétendue « révolution » syrienne.
Quant à notre approche, qui fait partie de l’ensemble du discours alternatif sur la guerre impérialiste contre la Syrie, voici ce qu’elle en est.
Premièrement, la guerre impérialiste contre la Syrie, déguisée en costume de révolutions parfumées, vise 1) à fragmenter ce qui fut déjà fragmenté par une série d’accords et de traités entre puissances coloniales au lendemain du démembrement de l’Empire ottoman en 1918 [5] ; 2) et cela en poussant chaque groupe religieux, chaque ethnie, chaque ruelle ou venelle, composants de l’hétérogénéité syrienne [6] , à se déclarer État indépendant. Le premier point constitue un point de départ, ou le réel objectif de la soi-disant « révolution » syrienne ; le deuxième constitue un point d’arrivée ou l’objectif réel d’une telle « révolution ».
Par contre, ce qu’il ne faut pas oublier – malgré le brouhaha des hâbleurs de la propagande impérialiste – c’est que les puissances coloniales n’ont jamais cessé de s’intervenir dans les affaires des États du Levant, depuis la naissance de ces derniers au cours du XXe siècle.
Deuxièmement, en ce qui concerne la rapidité des événements qui ont poussé vers une croissance de menaces et d’agressions contre la Syrie, nous les considérons comme résultat d’un bouleversement tsunami qui eut frappé le rapport de force établi au Proche-Orient entre deux camps belligérants pendant la deuxième Guerre du Liban (2006), l’État hébreu et le Hezbollah, et les circonstances négatives de la défaite israélienne à cette guerre sur les intérêts et les plans expansionnistes de l’Empire étatsunien dans la région. En effet, la défaite d’Israël à la guerre de 2006 a mis l’État hébreu – allié stratégique de l’Empire étatsunien –, et les émirats et sultanats arabes – dociles et subordonnés à l’Empire, naturellement – dans une situation critique face à la montée de la nouvelle super puissance iranienne, dont les alliés régionaux sont l’Irak, la Syrie, le Liban et la bande de Gaza.
2. Première défaite : Le retrait de mai 2000
Tout débuta quelques mois après le commencement du troisième millénaire, la nuit du vingt-troisième jour du mois de mai de l’an 2000.
Dans l’obscurité de cette nuit noire, l’armée israélienne, Tsahal, se retira précipitamment du Sud-Liban, après vingt-deux ans d’occupation. Ce retrait fut baptisé « opération long souffle ». Fer de lance de la résistance libanaise, le Hezbollah, mouvement intégriste chiite, imposa son emprise sur la défunte « zone de sécurité », créée par les forces d’occupation israéliennes. Cela entraina un séisme au niveau du rapport de force dans la région.
Vu du Liban, ce retrait fut interprété comme éclatante victoire de la « résistance », incarnée par le Hezbollah, qui mène, depuis 1982, une lutte féroce contre l’État hébreu. En plus, Tsahal, qui était considérée comme « la meilleure armée du monde », fut humiliée et obligée de quitter inconditionnellement le Sud-Liban pour limiter ses pertes humaines. C’était la première fois que l’armée israélienne se retira d’un territoire arabe sous pression militaire.
3. 1. Deuxième défaite : La deuxième Guerre du Liban (2006)
Six ans après cette défaite militaire et morale, le 12 juillet 2006, environ neuf heures du matin, les combattants du Hezbollah libanais attaquèrent un blindé israélien sur le territoire de l’État hébreu, capturèrent deux soldats et se disparurent dans le brouhaha matinal des villages libanais. Une heure plus tard, un autre blindé israélien, qui eut franchit la frontière pour récupérer les deux captifs, fut détruit à son tour. Le bilan était huit morts et deux captifs parmi les soldats israéliens, et deux morts dans le camp du Hezbollah. L’État hébreu n’attendait que ça. Avec une rapidité de réaction étonnante pour un pays pris par surprise, il massa une division de réservistes à sa frontière avec le Liban.![]()
3. 1. 1. Les objectifs de Tsahal
En ce qui concerne les objectifs des opérations militaires, Israël en précisa trois : 1) récupérer les soldats enlevés par le Hezbollah ; 2) stopper le tir de roquettes sur les villes israéliennes ; 3) contraindre le gouvernement libanais à appliquer la résolution de l’ONU, à savoir désarmer le Hezbollah et se déployer le long de sa frontière nord.
Au nom d’un principe « d’isolement du théâtre des opérations », un blocus des ports et aéroports, la déconnexion de la route de Damas-Beyrouth, le bombardement des ponts et l’attaque des réservoirs d’essence sont décidés par l’État-major de Tsahal. Ce dernier visait à empêcher le passage des soldats capturés vers le Nord du Liban ou l’Iran, la fuite des combattants du Hezbollah vers le Nord, l’envoie de réservistes et de renforts vers le Sud et l’approvisionnement de la logistique du Hezbollah.
Quelques heures plus tard, Tsahal attaqua de nombreuses cibles tout au long du Liban. L’aviation israélienne bombarda routes, ponts, centrales électriques, centrales téléphoniques et l’aéroport de Beyrouth, provoquant la « plus grande catastrophe écologique en Méditerranée ». La réponse de l’État hébreu fut jugée « disproportionnée » par l’ONU, mais soutenue par l’Empire étatsunien, qui estimait, comme la Grande-Bretagne, que l’État hébreu avait le « droit à l’autodéfense ».
En ce qui concerne le déploiement des troupes, la composante d’active de l’armée israélienne engagée au Liban comprenait les brigades suivantes : la 7e Brigade blindée sous la commande du colonel Eshel Assulin ; la 188e Brigade blindée ; la 401e Brigade blindée, sous la commande du colonel Moti Kidor, et les 434e et 847e Brigades blindées, avec un total de 400 chars de combats. Elle comprenait aussi la 2e Brigade Carmeli ; la Brigade d’infanterie Golani, sous la commande du colonel Tamir Yada ; la 300e Brigade commandée par le colonel Chen Livni ; la 609e Brigade Alexandroni, sous la commande du colonel Shlomi Cohen et la 933e Brigade Nahal, sous la commande du colonel Micky Edelstein. Enfin, elle comprenait aussi trois brigades parachutistes : la 35e Brigade parachutiste, commandée par le colonel Hagaï Mordecahaï ; la 226e et la 551e de réserve [7] .
3. 1. 2. Les objectifs du Hezbollah
Les objectifs militaires du Hezbollah furent déterminés dès le premier jour de la guerre : 1) garder en main les soldats captifs ; 2) continuer le tir des rafales de Katioucha sur les villes et communes israéliennes ; 3) stopper l’avancement de l’infanterie et des brigades blindées israéliennes au moment de leur pénétration en territoire libanais, et les détruire dans les vallées et les sentiers des villages frontaliers.
Et la bataille commença !
D’abord, l’armée aérienne israélienne [8] bombarda des ponts, des axes routiers et des installations permettant au Quartier-général du Hezbollah de communiquer avec ses combattants. Ensuite, Tsahal tira 19 400 bombes, 2 200 missiles et 123 000 obus d’artillerie [9]. Enfin les troupes se précipitèrent vers l’autre côté de la frontière.
De l’autre côté de la frontière, au village de Maroun al-Ras, quarante-cinq hommes du Hezbollah se tenaient prêt dans leurs positions.
Après onze jours de combats féroces et de bombardements aériens intensifs, les soldats israéliens réussirent finalement, « par pitié du Très-Haut », à pénétrer les lignes défensives du Hezbollah, suivis de gloussement de poules et de beuglement de moutons dispersés sur les collines des villages voisins, pour chasser les quarante-cinq hommes du Hezbollah, se trouvant sur les lieux. L’armée israélienne sécurisa une petite zone de un kilomètre de profondeur en territoire libanais, après une longue bataille, qui fit éveiller en nous les carnages spectaculaires de la série « Astérix et Obélix », où des milliers de légionnaires romains se trouvent massacrés par deux villageois gaulois et quelques.
Ainsi tomba le village de Maroun al-Ras aux mains de l’armée israélienne, le vingt-troisième jour du mois de juillet, et l’avancement des brigades blindées de Tsahal, qui n’osaient plus s’aventurer au-delà de ce point, fut stoppé définitivement par les combattants du Hezbollah.
20:25 Publié dans Regards Croisés | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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